‹ Consultations et observations de médecine de feu C.L.DChapitre 10 sur 83 · CONSULTATION IV · texte numérisé non relu

CONSULTATION IV

Disposition aux Avortemens.

Deux accouchemens malheureux survenus au terme de huit mois font craindre à Madame qu’elle ne puisse à l’avenir éprouver les jouissances de la maternité. De ces deux enfans morts avant le terme , l’un est venu au monde dans un état de maigreur et d’altération qui attestait des souffrances anciennes et prolongées, l’autre a manifesté tous les signes d’une structure parfaite et d’une constitution naturelle* ce qui peut induire à penser que sa perte fut l’ouvrage d’une cause accidentelle et étrangère à la mère. Madame avait d’ailleurs auparavant mis au jour un premierenfant sain et vigoureux , dont la petite-vérole a terminé la vie; elle fut aussi frappée de cette dernière maladie peu de temps avant la seconde grossesse, et elle en fut tellement affaiblie, que l’effet de cette faiblesse se fit sentir jusqu’au terme de l’accouchement, sur lequel l’état maladif et débile de Madame eut sans doute une influence fatale. Le troisième-né mourut comme le second ; mais on n’a pas les mêmes raisons de croire

que la santé de la mère ait influé sur sa mort , puisqu’elle ri’a ressenti pendant cette dernière grossesse que les incommodités naturellement attachées à un état quelle trouva même cette fois moins pénible qu’on n’a coutume de l’observer.

Madame la Consultante est à la fleur de l’âge, et ne paraît sujette qu’à des maux passagers qui tiennent à l’extrême mobilité de ses nerfs; elle a un embonpoint marqué sans être excessif, et elle exerce toutes ses fonctions d’une manière libre et facile. L’accoUcheur de Madame a observé que son troisième enfant avait îe cou fortement serré par le cordon ombilical qui s’étàît. replie autour de lui, et il croit pouvoir attribuer la mort de cet enfant à la compression exercée par le cordon. Ce sentiment n est point dénué de preuves, et 1 on pourrait citer beaucoup d’exemples en sa favéur; mais il manque de l évidencenécessairepour me convaincre que 1 avortement de la troisième grossesse n’a aucune liaison avec celui de la seconde, et que les causes qui ont fait périr les deux enfans doivent être absolument différentes. L’identité exacte de ces deux événemens , leur coïncidence avec les mêmes époques de la grossesse, les signes avant-coureurs d’un accouchement prématuré, plus sensibles même la dernière fois, la difficulté avec laquelle les fonctions de la matrice semblent se rétablir , l’inertie et le relâchement de cet organe annoncés par une perte encore subsistante ; tout s’accorde à rapprocher les causes qui ont déterminé l’issue fâcheuse des deux accou

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