‹ Consultations et observations de médecine de feu C.L.DChapitre 16 sur 83 · CONSULTATION X · texte numérisé non relu

CONSULTATION X

Affection spasmodique des organes de la poitrine avec menace de phthisie pulmonaire.

Après un examen réfléchi des symptômes que M. le Consultant éprouve , et de l’ordre dans lequel ces symptômes se sont jusqu’à présent succédé , nous croyons pouvoir affirmer qu’ils tiennent à une sorte d’irritation spasmodique fixée sur les organes de la poitrine, qui se propage jusqu’aux viscères du bas-ventre. Cette irritation, décidée par l’accroissement rapide que le corps du jeune homme a pris tout- à-coup, et par l’extension forcée des parties à laquelle cet accroissement brusque se trouve avoir donné lieu, est encore aujourd’hui entretenue par la faiblesse profonde de toute la constitution. C’est donc à dissiper le spasme intérieur età relever en même temps le système général, quêtons les moyens de l’art doivent être appliqués.

i°. Le malade prendra chaque jour quatre verres de petit-lait clarifié, dans lequel on aura fait infuser quelques feuilles d’oranger , demi-once de fleurs de camomille, et une bonne pincée de fleurs de tilleul. Il usera

pour boisson ordinaire , d'une simple infusion aqueuse de plantes pectorales , comme bourrache , tussilage , lierre terrestre, etc. , légèrement aromatisée à la fleur d’orange.

2°. Il fera un usage habituel des lavemens préparés et administrés à la manière de Kœmpf. Le lavement, à moitié dose , sera composé avec une décoction de camomille et de valériane.

3°. Il appliquera d’abord huit sangsues au bas etsur les côtés de la poitrine; ensuite, pendant cinq jours consécutifs, il fera sur les parties antérieures et postérieures de la poitrine des frictions avec un liniment huileux volatil , dans lequel on fera entrer six onces d’huile de camomille , trois onces d’huile de jusquiame , et demi-gros de teinture de cantharides. À ces frictions on fera succéder l’application d’un vésicatoire sur la partie du thorax à laquelle répond la douleur que le malade ressent. On reviendra de temps en temps aux frictions , aux sangsues et aux vésicatoires , suivant l’effet que semblera produire la répétition plus ou moins fréquente de ces moyens.

4°. A ces remèdes contre le spasme et l’irritation des viscères intérieurs, le malade en joindra d’autres qui auront pour effet d’exciter modérément les forces, en même temps qu’ils pourront ajouter encore à l’effet des précédens pour calmer et détruire le spasme: telle est, par exemple, une teinture d’ipécacuanha , de quinquina, de valériane et de pavot, que l’on fera préparer d’après la formule suivante :

y, Ipécacuanha en poudre trente grains»

Quinquina en poudre deux gros.

Racine de valériane deux gros.

Versez sur le tout seize onces de décoction bouillante de deux têtes de pavot blanc écrasées ; laissez infuser pendant vingt-quatre heures dans un vaisseau clos ; édulcorez avec une once de sirop de lierre terrestre.

Le malade prendra une cuillerée de ce remède le matin à jeun , une seconde avant le dîner , et une troisième le soir avant de se coucher. Si la teinture paraît avoir trop d’activité , on pourra lui substituer un sirop composé de la manière suivante :

y Racines d’ipécacuanha demi-gros.

Quinquina. . . . . ....... demi-gros.

Valériane trois gros.

Lichen d’Islande demi-gros.

Mettez en décoction dans une livre et demie d’eau, jusqu’à réduction d’une livre; sucrez en sirop, aromatisez à la fleur d’orange , ajoutez deux onces de sirop diacode.

On usera de ce sirop comme de la teinture.

5°. Lorsque le malade s’apercevra que l’irritation des viscères est calmée , il pourra passer avec avantage à l’eau de goudron , dont iî usera seule ou coupée avec le lait , jusqu’aux approches de la belle saison, époque à laquelle il cessera tout médicament pour se

DE MÉDECINE, , ni)

réduire à l’usage d’une eau ferrugineuse et du lait d’ânesse. Il sera bon qu’alors M. le Consultant aille respirer l’air de la campagne , et qu’il se livre chaque jour à un exercice modéré, soit h pied, soit à cheval.

6°. Le régime doit être analeptique , et néanmoins léger et tempérant. Les viandes blanches , les légumes mucilagineux, les plantes potagères de la saison , les fruits en pleine maturité , les différentes espèces de gelées de viandes ou de fruits , le poisson frais de mer ou de rivière , etc. , tels sont les alimens parmi lesquels le malade doit préférablement choisir sa nourriture. Un bon vin sec et généreux , coupé avec un mélange suffisant d’eau , composera sa boisson ordinaire s et toutes les règles de son régime auront constamment pour but de nourrir et de fortifier, sans irriter ni échauffer.

Délibéré, etc»

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