CONSULTATION XI
Affection nerveuse compliquée de quelques phénomènes déépilepsie.
L’affection nerveuse qui se manifeste chez le malade par des attaques fréquentes, est accompagnée de circonstances particulières dont l’ensemble annonce qu’elle a son siège principalement dans le cerveau. Il importe de prévenir ces attaques , et de faire perdre à la nature l’habitude qu’elle en acontractée. Dans celle vue, nous recommandons lesremèdes suivans, sur lesquels le malade doit insister, en nous faisant connaître les effets qu’ils produiront , afin que nous puissions changer ou modifier le traitement, selon que les circonstances auront rendu ces modifications nécessaires.
i°. Le malade, après l’usage des pédiluves continué pendant huit jours , prendra cinq ou six bains entiers et se fera faire ensuite une saignée au pied. Pendant l’usage des bains il boira chaque jour quatre verres de petit-lait , dans lequel on aura fait bouillir quelques feuilles d’oranger.
2°* Il se fera appliquer, tous les quinze jours, quatre
sangsues au bord de l’anus. Si, les jours de l’application, le sommeil devient plus tranquille, il conviendra de la répéter à des intervalles plus rapprochés.
3°. Il entretiendra la liberté du ventre par des lavemens préparés tantôt avec la décoction de feuilles de poirée , tantôt avec celle de fleurs de camomille , avec addition de quelques cuillerées d’huile d’olive où l’on aura délayé trois ou quatre grains d’excellent musc. Ges lavemens pourront être donnés à moitié dose ou h demi-seringue , en faisant précéder un autre lavement , que l’on ne composera qu’avec de l’eau tiède.
4°. Il usera habituellement de demi-bains , à une température modérée; on continuera en même temps les bains de pied , dont l’eau sera animée par le mélange d’une quantité suffisante de graines de moutarde concassées.
5°. Le malade boira chaque jour quelques verres d’une tisane dans laquelle on fera entrer les plantes antispasmodiques , comme les feuilles d’oranger,, les fleurs de tilleul , celles de muguet , de caille-lait jaune, de gui de chêne , etc.
6°. Ces remèdes seront combinés avec l’emploi des antispasmodiques directs d’une plus grande activité; à cet effet , il fera composer un opiat antispasmodique
comme il suit :
Assa fœtida deux gros.
Valériane en poudre demi-once.
Bon musc de Russie vingt grains.
Camphre. . . un gros.
Sirop d’armoise une once.
Mêlez.
Le malade prendra, matin et soir, un demi gros de cet opiatj il aura soin de ne pas oublier la dose du soir , qui est la plus importante.
Lorsque le malade éprouvera les sensations particulières qui lui annoncent l’invasion prochaine de l’accès , on se hâtera de lui donner quelques cuillerées d’une potion antispasmodique,» composée , par exemple, avec un peu d’eau de fleurs d’orange, dans laquelle on aura jeté dix ou douze gouttes de la liqueur minérale et anodine d 'Hoffmann , et autant de teinture de succin.
Le Consultant se nourrira avec des alimens d’une digestion facile, en évitant toutes les substances âcres, échauffantes, indigestes et crues. Il aura la précaution de se coucher de bonne heure, de dormir la tête un peu haute, et de se lever mati^ ; un trop long sommeil, favorise les congestions sanguines sur le cerveau , auxquelles le malade ne paraît que trop disposé , et qu’il est important de prévenir ou d’éviter. Son souper sera toujours léger et pris à une distance convenable de l’heure à laquelle il a coutume de se coucher ; il multipliera ses repas 9 afin de ne jamais charger son estomac d’une quantité trop considérable de nourriture ; il en changera de temps en temps l’ordre et la distribution , pour distraire en quelque sorte la nature
des habitudes qu'elle a prises , et pour en substituer d’autres à celles qui sout devenues pernicieuses.
Tels sont les moyens que le régime et les remèdes nous fournissent en ce moment contre l’affection pour laquelle on demande nos conseils. Mais comme ces moyens peuvent amener des changemens dans l’état du malade, et que nous partageons l’intérêt qu’il inspire à la personne qui nous consulte , nous la prions de nous faire connaître tous ces changemens , et de nous mettre ainsi dans le cas de modifier utilement notre méthode. L’application d’un cautère pourra devenir utile à une certaine époque ; et cet * objet , comme plusieurs autres , demande que le malade nous instruise ultérieurement de son état.
Délibéré, etc.