CONSULTATION XY
Hydrocéphale interne chronique.
Le Conseil soussigné a entendu avec toute l’attention convenable le rapport de M. le médecin ordinaire sur la maladie d’une jeune fille de treize ans* d’un tempérament éminemment lymphatique , pour laquelle on le consulte. D’après l’énumération des symptômes antérieurs et l’examen de ceux qui subsistent dans l’état actuel , il s’est rangé de l avis du médecin ordinaire , qui pense que les symptômes de compression cérébrale que la malade éprouve , sont déterminés par une collection de liquide séreux dans les membranes du cerveau. Cette maladie paraît être principalement dépendante de la faiblesse du système lymphatique , et de la surabondance des fluides muqueux. En conséquence > toutes les vues du traitement doivent tendre à relever les forces de ce système et à provoquer l’absorption du fluide épanché.
i°. On continuera de donner à la malade quelque
boisson diurétique appropriée,, comme l’infusion des plantes chicoraeées, avec une dose suffisante de sel de nitre, dont il faudra augmenter graduellement la quantité. On pourra dans la suite y ajouter une forte expression de cloportes , au nombre de 5o à 60 et même davantage. Dans l’ordre des médicamens diurétiques , on prendra encore les sels tartareux et les substances alcalines , dont les espèces pourront être changées et variées au gré du médecin ordinaire.
2°, Les purgatifs drastiques offrent un secours puissant qui a déjà produit d’exceilens effets; un mélange de mercure doux et de jaîap donne la meilleure préparation qu’on puisse désirer dans ce genre. ÏI convient de l’administrer tantôt à doses un peu fortes pour déterminer des évacuations copieuses , tantôt à doses médiocres , comme de 5 à 4 grains, pour exciter légèrement le canal intestinal. Ce ne sera qu’après en avoir usé de cette dernière manière pendant quelque temps , qu’il sera utile de renforcer la dose , et de lui faire produire une action purgative bien décidée.
5°. Les frictions mercurielles sur les gencives seront reprises et continuées, à moins que l’irritation des glandes salivaires n’oblige de les suspendre: dans ce cas, on donnerait un purgatif, et l’on frotterait les gencives avec un peu d’aloës , jusqu’à ce qu’il fût possible de revenir au mercure. Les frictions avec l’onguent mercuriel derrière les oreilles et le long des sutures pourront être employées dans le même dessein ; car l’action du mercure est une des plus propres à
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à exciter les forces absorbantes des vaisseaux lymphatiques.
4°. Outre les purgatifs répétés, on donnera paria suite des lavemens irritans pour décider et entretenir un mouvement de flux habituel dans les intestins. Ces lavemens seront composés avec des substances résineuses , telles que îa rhubarbe , la coloquinte., I aloës , etc.
5°. Afin de détourner la congestion séreuse établie dans la tête , on ne saurait trop accumuler de moyens d'excitation à l'extérieur et vers les extrémités inférieures ; les bains de pied synapisés pourront être trèsavantageux , pourvu que l’on introduise dans le bain la quantité de moutarde nécessaire pour déterminer une forte et durable irritation.
6°. Des vésicatoires appliqués sur la calotte du crâne seront entretenus long-temps et répétés plusieurs fois. On ne se bornera po4nt à ceux qui sont actuellement placés autour de la tête; on les chan géra de place , et on les promènera ensuite successivement sur tous les points de la surface cutanée : ils seront portés à la nuque, entre les épaules, aux bras , aux cuisses , etc. il suffira qu’ils irritent et rougissent chaque fois la peau , sans produire une suppuration abondante. Si les cantharides exerçaient sur la vessie une impression irritante , on se contenterait des sinapismes , qui ne présentent pas le même inconvénient.
7°. Parmi les remèdes toniques qui doivent entrer dans le traitement , et qui paraissent indispensables
CO NSUL TATIONS
afin d'empêcher la reproduction des fluides séreux t nous recommandons le quinquina , les martiaux et Lamica-montana , dont le médecin ordinaire fera les combinaisons les mieux adaptées aux divers temps de la maladie. L’arnica-montana peut être donné en décoction et en poudre, seul, ou mêlé avec d’autres médicamens toniques.
8°. Lorsque la saison le permettra , la jeune malade devra passer à l’usage des bains froids , qui seront pris jusqu’à moitié du corps seulement, et dans lesquels on ne fera que la plonger; cette sorte d’immersion dans l’eau froide sera plus avantageuse qu'un bain trop prolongé. On mêlera de temps en temps à l’eau du bain une forte décoction de racines de garance.
90. Vers la fin du traitement, l’application d’un cautère ou d’un séton pourra être avantageuse; elle sera propre d’ailleurs à empêcher les retours de la maladie. Le moxa peut encore être proposé dans l’ordre des exutoires , qui ne sauraient trop être multipliés dans une maladie de cette nature.
io°. On se conformera, pour le régime., aux principes suivant lesquels la méthode de traitement vient d’être établie.
Délibéré , etc.