CONSULTATION XVI
Phthisie laryngée .
L’affection des organes de la gorge, pour laquelle on me fait l’honneur de me consulter , est accompagnée de circonstances et de symptômes qui , malgré leur gravité , permettent encore de concevoir quelque espérance de guérison. Bornée jusqu’à présent au larynx et à la trachée , elle n’a point endommagé les poumons, dont le tissu et les propriétés sont demeurés intacts. L'altération de la voix , le caractère de la toux , celui de la respiration , l’expectoration d’une matière suspecte , la gêne de la déglutition , la douleur fixe répondant à la région du cou , l’impression de chaleur ressentie dans le fond du larynx, annoncent qu’elle ne s’étend point au-delà du siège que nous venons de lui assigner. Mais la diminution des forces , l’amaigrissement général et la fièvre continue, attestent les progrès de cette maladie, qui nous paraît être arrivée au second période de la phthisie gutturale ou laryngée.
C’est sans doute à des affections catarrhales succès*
ÎOÔ
sives et prolongées , que l’on doit faire remonter l’origine de cette maladie. Il est possible encore que l’espèce de plaie fîstuieuse que Mademoiselle a portée sur la partie antérieure de la poitrine , et qui s’est brusquement fermée, ait déterminé sur la gorge une fluxion humorale dont la phthisie laryngée a pu être la conséquence. Cette présomption devient plus fondée si l’on considère que , par sa constitution , la malade est fort disposée à une sorte de diathèse lymphatique, qui se rapproche de l’état scrophuieux, et qui tend à se fixer principalement sur les membranes muqueuses et sur les glandes.
La difficulté et la douleur que Mademoiselle éprouve dans les mouvemens de déglutition , indiquent que le siège de la maladie existe dans la membrane muqueuse du larynx et de la trachée artere. Elles font penser qu’il y a des points d ulcération établis dans celte partie, et que les cartilages arithénoïdes, ainsi que l’épiglotte et le segment postérieur du cartilage cricoïde , sont menacés d’être le plus prochainement altérés.
Il y a trois objets principaux auxquels le traitement méthodique de cette maladie peut être rapporté : i°. l’irritation et la sensibilité extrême de la membrane muqueuse de la trachée; 20. la fluxion habituelle des fluides muqueux que cette irritation y entretient ; 5°. l’engorgement lymphatique et l ulcération qui dépendent de ces deux causes. Il laut donc se proposer dans le traitement de calmer 1 irritation douloureuse delà gorge, de détourner les mouvemens fluxion^