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naires , et d’arrêter ou de prévenir la formation des congestions lymphatiques et des ulcères.
i°. La malade usera, pour boisson ordinaire , d’une forte décoction de tussilage , de lierre terrestre et de grande consolide , dans laquelle on aura fait dissoudre demi-once de gomme arabique. Cette boisson éminemment mucilaginsuse , pourra être remplacée par une autre , ayant des propriétés semblables , si îa malade se dégoûtait de celle-là. Elle prendra chaque ma tin un bouillon préparé avec les cuisses de sept à huit grenouilles ,, six écrevisses , huit escargots de jardin , quelques morceaux de carottes et de raves , et demi» once de tiges fraîches de douce-amère. Dans la suite, on pourra substituer aux bouillons un grand verre de lait d’ânesse pris le matin à jeun , et l’on donnera , de cette manière , alternativement le lait d’ânesse et les bouillons.
2°. Avant de commencer le traitement, Mademoiselle se purgera avec une infusion de deux gros de rhubarbe , dans laquelle on aura fait dissoudre demionce de crème de tartre soluble , et fait fondre deux onces de manne. On répétera ce purgatif de quinze en quinze jours. L’irritation de la membrane muqueuse des intestins , produite à l’aide des purgatifs , doit opérer une révulsion salutaire de la fluxion établie sur les membranes de la gorge.
3°. La malade fera un usage habituel et proportionné à ses forces de lavemens qui seront compo-
sés avec une décoction de camomille romaine ou de chicorée sauvage, à laquelle on ajoutera un peu de savon. On essaiera même de les rendre plus irritans par Paddition d’une petite dose de sel ammoniac , dans la vue de provoquer l’excitation de la partie inférieure du tube intestinal.
4°. Les bains de pied fournissent un moyen de révulsion qu’il importe de ne pas négliger. Il convient que Mademoiselle en prenne chaque jour. On jettera dans l’eau qui devra servir à ces pédiluves, une poignée de sel marin et deux grandes cuillerées de graines de moutarde.
5°. Parmi les remèdes qui conviennent à la malade , sous le double rapport de l’irritation douloureuse et des engorgemens lymphatiques , nous recommanderons les feuilles d aconit en poudre , qu’on aura soin de mêler avec un mucilage pour composer des pastilles. On formera ces pastilles de manière qu’elles admettent chacune un demi-grain de feuilles d’aconit. La malade en avalera une toutes les trois heures , ce qui doit porter à quatre ou cinq pastilles la dose qu’elle prendra dans le courant de la journée.
6®. Afin de calmer la toux et de modérer l’excessive sensibilité de la gorge , on donnera le soir à Mademoiselle tantôt une ou deux pilules de cynoglosse , tantôt l’infusion d’une demi-tête de pavots avec suffisante quantité de sucre , tantôt un mélange de suc de laitues et de sirop de nymphæa , tantôt une légère émulsion avec demi-once de sirop de ka-
rabé composé. 11 deviendra peut-être nécessaire d'employer pour le même objet l’opium gommeux h la dose d’un ou deux grains au moment du coucher.
70. Les moyens qui peuvent se porter directement sur les organes de la gorge sont ceux qui offrent le plus de ressource et d’efficacité. On tentera d’abord les fumigations de succin et de mastic jetés sur un fer ronge. On fera respirer les vapeurs des plantes pectorales et détersives; mais on doit surtout compter sur l’aspiration fréquente de l’éther sulfurique , dans lequel on aura fait digérer quelques feuilles de ciguë. Dans ce dessein, on ajustera un siphon recourbé à un bocal de médiocre capacité , et qui sera à moitié rempli d’éther sulfurique. On jettera dans î’éther sept à huit feuilles de ciguë., et on les y laissera digérer pendant vingt-quatre heures. La malade , au moyen du siphon , respirera plusieurs fois chaque jour les vapeurs du liquide renfermé dans le bocal , et elle en soutiendra l’aspiration aussi longtemps que 1 irritabilité de sa gorge pourra le lui permettre. Cette pratique sera répétée sept à huit fois par jour, et même plus souvent, si l’on a la patience de le faire.
8®. On a beaucoup trop ménagé l’emploi des exutoires lorsque la maladie de Mademoiselle a commencé. 11 eût fallu multiplier les vésicatoires , déterminer à l’aide d’un séton une suppuration abondante , et entretenir avec soin l’abcès extérieur que la nature avait développé. Ce qu’on ne pratiqua point alors peut encore être tenté aujourd’hui , quoiqu’il
paraisse difficile d’en obtenir le même succès. En com séquence , après s’êlre fait appliquer trois ou quatre sangsues à l’endroit où répond la plus grande douleur du gosier , Mademoiselle fera placer sur la partie antérieure du cou un large vésicatoire, qui l’embrasse complètement à la manière d’un collier : on ne le laissera séjourner que le temps nécessaire pour irriter médiocrement la peau; mais on soutiendra l’irritation , en le pensant avec un mélange de pommade épispastique et de beurre. On changera souvent la place du vésicatoire , pour le transporter d’abord entre les deux épaules , ensuite à la partie de la poitrine ou Mademoiselle a longtemps porté une plaie fistuleuse , puis aux deux bras , enfin à la face interne des cuisses.
9°. Gomme on a quelquefois observé que , dans ces maladies , l’abcès des glandes parotides en a décidé la guérison , il sera utile de suivre cette indication de la nature pour peu qu’elle se manifeste. On reconnaîtra cette tendance , si la malade ressent quelques douleurs vers la mâchoire inférieure , si cette douleur augmente pendant la mastication , s’il survient de la chaleur , de la tuméfaction , de la rougeur dans le voisinage des parotides, etc.; alors on pourra favoriser la formation de l’abcès , soit en appliquant un vésicatoire sur les parotides , soit en y plaçant un morceau de papier à cautère. Les mêmes moyens suffiront pour disposer les parotides à s’abcéder , si cette disposition n’existait pas naturellement,
i o°. S’il survient une plaie dans quelque partie du
corps , iî faudra l’entretenir soigneusement, et la convertir en exutoire naturel. Il serait à désirer que la nature en décidât quelqu’une entre les deu^ épaules. Dans ce cas , on ne négligerait rien pour exciter le mouvement suppuratoire et procurer par là un moyen de révulsion avantageux par rapport à l’affection établie sur la gorge. On y parviendrait en irritant les bords de la plaie avec la pommade épispastique , en introduisant dans son intérieur des bourdonnets de charpie, imprégnés de baume vert, et en appliquant un vésicatoire sur les parties environnantes.
il61. La constitution lymphatique de la malade commande de mêler au traitement ci-dessus prescrit les remèdes incisifs et fondans que l’état de ses forces permettra d’employer. Les sels tartareux , les prépa^ rations antimoniales , les substances balsamiques et tous les médicamens toniques trouveront ici leur place , sous le rapport de la diathèse muqueuse , dont il importe d’empêcher la dominance. On essaiera donc avec prudence des doses médiocres de sei de tartre , d’antimoine diaphorétique , de soufre doré d’antimoine et de différens baumes , que l’on préparera sous forme d’électuaires et de pilules. Enfin , pour remplir le même objet , on aura recours à l’usage du quinquina et de la cascarille, qui conviendront d’ailleurs sous le rapport de la fièvre , dont il faut modérer les mouvemens.
1 2°. Le régime de la malade sera conforme à celui dont elle a éprouvé les meilleurs effets , et sur lesquels
son expérience a dû suffisamment J’éclairer. Elle insistera sur l’usage habituel des gelées et autres alimens qui , sous un petit volume , fournissent une grande quantité de nourriture , et ne demandent pas une action très-énergique de l’estomac pour être élaborés.
Délibéré, etc*
CONSULTATION XYII.
Phthisie pulmonaire»
Quoique la santé de Mademoiselle n’ait paru s’aL térer que depuis peu de temps , l’espèce d’altération qu’elle a éprouvée n’en a pas moins décidé rapidement une maladie grave, qui a bientôt fait une impression profonde sur les organes pulmonaires. L’accroissement rapide que le corps de la malade a pris tout-à-coup , et l’extension forcée des parties à laquelle cet accroissement brusque a donné lieu , en furent les premières causes; mais le tempérament de Mademoiselle, la disposition de ses organes, et plusieurs autres circonstances relatives aux inclinations particulières de la jeune personne, ont singulièrement contribué à énerver toute sa constitution et à rendre les organes pulmonaires particulièrement susceptibles désaffecter. Une toux fréquente , un sentiment de tension dans la cavité de la poitrine , une légère difficulté de respirer , l’expectoration d’une matière jaune , épaisse et visqueuse, des sueurs copieuses le matin, des mouvemens irréguliers de fièvre, un amaigrisse-
ment considérabi e, une diminution notable des forces, l’altération de la voix , etc. , tels sont les principaux symptômes qu’on: a lieu d’observer chez Mademoiselle, et qui dénotent suffisamment le caractère et la nature de sa maladie.
Une circonstances importante est la suppression du flux menstruel, qui a eu lieu peu de temps après sa première apparition , et dont la faiblesse de la malade ne. peut que rendre le rétablissement difficile. Cette circonstance, jointe h la direction habituelle des mou v^mens fluxionnaires vers la poitrine , augmente la gravité d’une affection qui est déjà très-fâcheuse par cela seul qu’elle menace des organes aussi essentiels à la vie.
La méthode de traitement qui me semble offrir les chances les plus favorables, doit avoir pour objet: i°. de calmer et de fortifier les organes pulmonaires ; 2°. de prévenir et de résoudre les engorgemens tuberculeux qui tendraient à se former ou qui seraient déjà établis; 5°. d’empêcher l’accumulation des humeurs muqueuses et de modérer la fièvre; 4°- de rappeler le flux menstruel , ou de suppléer à son défaut.
On remplira le premier objet, i°. en faisant usage d’une boisson mucilagineuse et adoucissante , comme le lait d’amandes , le sirop d’orgeat , la dissolution de gomme arabique, l’infusion des fleurs pectorales, etc. ; 2°. en prenant des bouillons composés avec" un quart de mou de veau , dfx escargots de jardin , demi-once
DE MÉDECINE» n§
de tiges de douce-amère , une poignée de chicorée et le cœur de deux laitues. On pourra dans la suite y ajouter un quart de chair de tortue , s’il est possible de s’en procurer ; 5°. en donnant chaque soir une émulsion préparée avec les quatre semences froides , dans laquelle on jettera deux onces de sirop de nymphœa ; 4°. en tâchant d’exciter modérément l’estomac et les poumons par quelques cuillerées données chaque jour d’un sirop composé ainsi qu’il suit:
2$ Racines d’ipécacuanha. . . .
Polygala de Virginie .
Lichen d’Islande. ......
Iris de Florence
une once.
| aa une once, demi-once.
Faites bouillir dans une pinte d’eau, jusqu’à diminution d’un quart; passez , sucrez en sirop, aromatisez à la fleur d’orange; ajoutez deux onces de sirop de karabé composé. On donnera trois ou quatre cuillerées à bouche de ce sirop dans la journée.
Dans la vue de dissiper la tendance aux engorgemens tuberculeux, nous recommandons : i°. les sucs de chicorée, de cerfeuil , de pissenlit et de laitue , à la dose de deux onces chacun avec l’addition de trente grains de terre foliée de tartre; 2°. des bols incisifs dans lesquels on fera entrer dix grains de fleurs de soufre, cinq grains d’extrait de douce-amère, cinq grains de gomme* ammoniaque , et un gros de conserve de roses, qu’on divisera en quatre bols égaux,