‹ Consultations et observations de médecine de feu C.L.DChapitre 26 sur 83 · CONSULTATION' XVIII · texte numérisé non relu

CONSULTATION' XVIII

Etai nerveux de ï estomac et des viscères de

r abdomen.

Plus on examine l’ordre et la succession des symptômes que madame la Consultante éprouve , plus on a lieu de se convaincre qu’ils dépendent d’une irritation nerveuse fixée principalement sur l’estomac et les viscères abdominaux. Cette cause explique l’état habituel de malaise, la difficulté des digestions, la formation des vents ^ la qualité des rapports, la rareté des selles, la perte de l’embonpoint, et autres accidens qui rendent la situation de Madame pénible et douloureuse. Si l’on se rappelle que la maladie actuelle est venue à la suite d’une fièvre intermittente prolongée; si l’on fait attention que Madame avait éprouvé des dérangemens dans les fonctions du basventre et dans celles de la matrice , même avant la fièvre intermittente dont il s’agit; si l’on observe que depuis lors les viscères du bas-ventre n’ont cessé d’être plus ou moins irrités , on aura quelque raison de soupçonner un commencement d’obstruc -

C ONSU LT A T I OvKS

tion dans quelqu’un des viscères dci bas-ventre , et très-vraisemblablement dans les glandes du mésentère. Mais comme c*ette affection nous' paraît liée à un état d’irritation et de faiblesse de tout le système abdominal et de l’estomac en particulier, comme elle existe avec une mobilité excessive du système nerveux, nous devons nous occuper sur - tout dans le traitement de l’irritation serveuse de l’estomac associée à la faiblesse des viscères abdominaux et à la mobilité des nerfs.

i°. La malade emploiera pour boisson l’eau de poulet, l’eau de laitue ou le petit-lait, dont elle boira chaque matin deux verres ; elle coupera cette boisson avec un verre d’infusion de feuilles d’oranger., de fleurs de camomille romaine et de fleurs de tilleul. Dans le premier verre * Madame fera dissoudre deux gros de magnésie blanche , qu’elle continuera de prendre à cette dose, pendant huit à dix jours, pourvu , toutefois , qu’il ne survienne ni diarrhée , ni vomissement , ni dégoût. Après avoir usé pendant dix jours de ces remèdes , Madame remplacera la magnésie par vingt grains de terre foliée de tartre, qu’elle prendra dans un verre de petit-lait. Par dessus cette boisson elleprendra pendant quinze jours consécutifs un des bols suivans :

Castoréum trente grains.

Camphre. quinze grains.

Opium huit grains.

Conserve de roses suffis, quant.

Faites une masse et divisez en quinze bols.

2°. Dans le même temps , Madame usera , pendant quelques jours , de la poudre d’îpéeaeuanha à la dose d’un demi-grain ou d’un grain dans la première cuillerée de soupe.

Si ce traitement ne suffisait pas pour rétablir les digestions , Madame prendrait avant et après chacun de ses repas une cuillerée de la potion suivante :

Liqueur minérale anodine d’HofF-A

mann \

Teinture de castor )

Eaux de fleurs d’orange , de men-^ the et de mélissè simple. . . . J

aa trente goût.

aa une once.

3°. Les lavemens que Madame a déjà commencés , seront donnés chaque jour de la même manière (méthode de Kœmpf). Le second lavement , donné à moitié dose, sera composé avec une décoction de pariétaire, de fleurs de camomille et de demi-once de fleurs de valériane.

4°. Le soir , en se couchant , Madame prendra deux pilules d’Anderson , auxquelles on pourra substituer avec avantage des pilules faites avec l’aloës succotrin , le sel de tartre , la limaille de fer et l’extrait de gentiane.

5®. Lorsque la saison sera devenue plus tempérée , la malade passera aux bains domestiques , qu’elle fera précéder de quelques bains de siège, et qui^ pris à une température de 25 à 28 degrés, seront, quant à leur nombre et à leur durée, proportionnés aux

forces île Madame. £n sortant du bain , elle se fera pratiquer des frictions sèches sur tout le corps.

6®. Lorsque ces remèdes auront été suivis pendant l’espace d’un mois , on les suspendra pour leur substituer des moyens décidément toniques; alors, au lieu des boissons du matin, Madame prendra quelques

cuillerées de la teinture suivante :

Racine d’ipécacuanha demi-gros.

Écorce de quinquina. ...... . . deux gros.

Racine de valériane deux gros.

Faites bouillir dans trois verres d’eau, jusqu’à réduction de deux verres.

7®. Madame , aux époques qui répondent à celles de ses règles, lorsqu’elles venaient régulièrement 9 alternera la potion précédente avec une mixture dans laquelle on fera entrer un gros de teinture de mars apéritive , demi-gros de safran oriental et huit onces d’eau d’armoise.

8°. Si l’affection de l’estomac résiste à ces divers moyens , on essaiera de tenir quelque temps appliqué sur la région épigastrique , depuis le cartilage xiphoïde jusqu’au nombril, un emplâtre en écusson, composé avec une once de thériaque , dix grains de camphre , vingt grains d’opium cru et suffisante quantité de baume du Pérou.

9°. Quant au régime, Madame, en consultant l’expérience qu’elle doit avoir acquise , choisira sa nourriture parmi les substances qui , sous un petit

volume, fournissent une grande quantité de principes nutritifs. On peut lui recommander la gelée de corne de cerf, à tître d’analeptique et d’aliment (1).

Délibéré, etc.

(i) Je trouve dans les papiers de M. Dumas une note relative à la consultation précédente 9 de laquelle il résulte que le traitement conseillé a eu le plus grand succès.

Page 1