‹ Consultations et observations de médecine de feu C.L.DChapitre 38 sur 83 · CONSULTATION XXIX · texte numérisé non relu

CONSULTATION XXIX

Affection spasmodique nerveuse.

L'affection nerveuse qui se manifeste chez le malade par une agitation habituelle , des pesanteurs de tête, une propension au sommeil et un sommeil agité, des sensations insolites qui annoncent l'invasion prochaine d'un accès caractérisé par des vertiges, l’oppression de poitrine, l’embarras des digestions, etc. présente plusieurs circonstances qui annoncent que la maladie a principalement son siège dans le cerveau , et qu’elle est déterminée par un état de. mobilité nerveuse associé à des mouvemens fluxionnaires qui se portent avec plus ou moins de force vers les parties supérieures. Il importe de corriger cette disposition vicieuse du système nerveux, et de rompre l’habitude des fluxions, dont la reproduction fréquente est une des causes les plus actives de la fréquence même des accès.

Dans cette vue , nous recommandons les remèdes suivans, sur lesquels le malade doit insister, en nous faisant connaître l’effet qu’ils produiront , pour que nous puissions changer ou modifier le traitement »

selon que les circonstances auront rendu des modifications nécessaires.

i°. Le malade, après un usage des pédiluves continué pendant huit jours, prendra cinq ou six bains entiers, et se fera faire ensuite une saignée au pied. Pendant l’usage des bains il boira chaque jour quatre verres de petit-lait dans lequel on aura fait bouillir quelques feuilles d’oranger.

2°. Il se fera appliquer tous les quinze jours quatre sangsues au bord de l’anus. Si les jours de l’application le sommeil devient plus tranquille , il conviendra de la répéter plus souvent et à des intervalles plus rapprochés.

3 . Il entretiendra la liberté du ventre par des lavemens préparés tantôt avec la décoction de feuilles depoirée, tantôt avec celle de fleurs de camomille, avec addition de quelques cuillerées d’huile d olive dans laquelle l’on aura délayé trois ou quatre grains d excellent musc. Ces lavemens pourront être donnés h moitié dose ou à demi-seringue , en faisant précéder un autre lavement, qu’on ne composera qu’avec de l’eau tiède.

4°' Le malade usera habituellement de demi bains jusqu’au nombril, à une température modérée. On continuera en même temps les bains^de pied, dont 1 eau sera animée par le mélange d’une quantité suffisante de graine de moutarde.

oc. Il boira chaque jour quelques verres d’une iisane dans laquelle on fera entrer les plantes anti-

spasmodiques, comme les feuilles d’oranger, les fleurs de tilleul, celles de muguet, de caille-lait jaune, de gui de chêne , etc»

6°. Ces remèdes seront combinés avec l’emploi des antispasmodiques directs d’une plus grande activité ; à cet effet , on fera composer un opiat antispasmodique comme il suit :

Assa-fœtida demi-once.

Valériane en poudre demi- once.

Bon musc de Russie trente grains.

Camphre. un gros.

Sirop d’armoise. une once.

Mêlez.

Le malade prendra matin et soir un demi-gros de cet opiat.

Lorsque Monsieur éprouvera les sensations particulières qui lui annoncent l’invasion prochaine de l’accès, on se hâtera de lui donner quelques cuillerées d’une potion antispasmodique composée , par exemple, avec un peu d’eau de fleurs d’orange, sur laquelle on aura jeté dix à douze gouttes de liqueur minérale anodine d 'Hoffmann, et autant de teinture de succin.

Le Consultant prendra des alimens d’une digestion facile , en évitant toutes les substances âcres , échauffantes, indigestes et crues. Il aura la précaution de se coucher de bonne heure , de dormir la tête un peu haute, et de se lever matin. Un trop long sommeil favorise les congestions sanguines sur le cerveau.

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auxquelles le malade ne paraît que trop disposé , et qu’il est important de prévenir ; son souper sera toujours léger et pris à une distance convenable de l’heure à laquelle il a coutume de se coucher ; il multipliera ses repas afin de ne jamais charger son estomac d’une quantité trop considérable d’alimens ; il en changera de temps en temps l’ordre et la distribution , pour distraire en quelque sorte la nature des habitudes qu’elle a prises , et pour en substituer d’autres à celles qui sont devenues pernicieuses.

Tels sont les moyens que les remèdes et le régime nous fournissent en ce moment contre rafFection pour laquelle on demande nos conseils ; mais comme ces moyens peuvent amener des changemens dans l’état du malade, et qu’ils peuvent être susceptibles de recevoir des modifications par suite des conditions ultérieures de la maladie , nous prions M. le médecin ordinaire de nous faire connaître tous ces chan^emens , et de nous mettre ainsi dans le cas de modifier convenablement notre méthode. L’application d’un cautère pourra devenir utile à une certaine époque; et cet objet , comme plusieurs autres , demande

que le malade nous instruise soi neusement des variations de son état.

Délibéré, etc.

CONSULTAT IONS

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