CONSULTATION L
Ecoulement entretenu par V irritation du canal de l'urètre, après une gonorrhée vénérienne.
L’écoulement peu abondant et l’irritation du canal de l’urètre que Monsieur conserve à la suite d’une gonorrhée vénérienne qui semble avoir été combattue par une méthode de traitement convenable , maïs dont 1 inexactitude du malade a pu contrarier la guérison dépendent peut-être encore de l’infection vénérienne qui n’est pas complètement effacée. Il est cepen dant plus présumable que ces affections résultent de la faiblesse du canal de l’urètre, et de l’habitude • des sécrétions muqueuses établie dans cette partie.
Le petit bouton fixé sur le scro*tum ne prouve pas davantage la présence du virus vénérien , quoiqu’il ne laisse pas d’olïrir un caractère suspect. La douleur de la jambe et du talon n’a point de liaison évidente avec la maladie de l’urètre, et elle n’a pas d’ailleurs le caractère des douleurs vénériennes.
Dans cet état de choses, la nature de l’écoulement
demeure fort douteuse: cependant comme M. le Consultant nous a fait l’aveu de sa négligence à l’égard de
DE MÉDECINE. 5 i 7
plusieurs points du traitement qu'il a suivi ; comme quelques-uns des symptômes de son état actuel peuvent se rapporter à une affection vénérienne; et comme la probabilité d’une semblable maladie doit suffire pour éveiller toute la sollicitude du médecin et du malade , nous croyons agir prudemment en donnant au malade le conseil de se soumettre à une méthode de traitement qui soit en partie anti-vénérienne.
i°. Dans cette vue , M. le Consultant fera un usage journalier des pilules composées comme il suit;
Camphre porphyrisé. . . • trente grains.
Opium gommeux. ..... dix grains.
* Panacée mercurielle. ... un gros.
Gonserve de roses suffisante quantité.
Faites des pilules de quatre grains.
Monsieur prendra chaque jour deux de ces pilules matin et soir. Il pourra augmenter cette dose d’une pilule au bout de dix jours , et soutenir ce nombre de trois , matin et soir , pendant l’espace de quinze à vingt jours.
2°. Au bout de ce temps , Monsieur fera quelques injections d’abord stimulantes, ensuite calmantes et narcotiques , dans le canal de l’urètre. Les premières seront faites avec une dissolution de sublimé-corrosif, et les secondes avec une préparation d’opium. On fera dissoudre un grain de sublimé-corrosif dans une once d’eau , et l’on injectera chaque matin , pendant quatre jours, cette dissolution, au moyen d’une petite
seringue. On passera ensuite aux injections calmantes »
qui seront préparées avec quelques gouttes d’extrait de Saturne (acétate de plomb liquide^ dans deux onces d’eau.
5°. Pendant! usage de ces injections , M. le Consultant substituera les pilules suivantes à celles qui sont indiquées au n° i :
y. Vitriol de Mars. ...... ... un gros.
Térébenthine cuite. ....... deux gros.
Limaille de fer un scrupule.
Extrait de quinquina Baume de copahu.
Mêlez; faites des pilules de quatre grains. La dose sera de quatre pilules soir et matin,
4°. Quant au petit bouton ayant son siège sur le scrotum , M. le Consultant en déterminera la chute en le faisant flétrir par le moyen d’une ligature avec un fil de soie passée à la base du bouton.
5°. Monsieur observera un régime doux et léger, sans y apporter toutefois une rigueur telle que les circonstances et le mouvement des voyages auxquels Monsieur est obligé ne pourraient le comporter. Il s’abstiendra cependant de manger des ragoûts trop épicés, des salaisons , de la salade, etc. Il se privera de toute liqueur spiritueuse , et ne boira que du vin coupé avec deux tiers d’eau.
6°. Il est vraisemblable que l’écoulement et les
aa un gros.
autres affections qui subsistent encore chez M. ie Consultant , se dissiperont par l'usage des remèdes prescrits ci* dessus. Néanmoins , il faudrait insister plus longtemps sur les pilules n° i , ou recourir même à des mercuriaux plus énergiques , comme la dissolution de sublimé-corrosif, ou la solution mercurielle de Plenck , dans le cas où des symptômes évidens d'affection vénérienne viendraient à se manifester. Ce dernier traitement , s’il devient nécessaire , ne devra être entrepris que d'après les conseils de M. le médecin ordinaire, et dans un temps où M. le Consultant puisse se procurer le calme nécessaire pour en bien secoiwier les effets.
Délibéré, etc.