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nouveau microbe qu'il aurait trouvé chez des soldats trachomateux. Ce microbe est différent de celui de Sattler et de Michel par sa manière d'agir vis-à-vis de la glatine qu'il liquéfie; de celui de Poncet, car il se retrouve dans tout le tissu granuleux, tandis que celui décrit par l'honorable professeur du Valde-Grâce se rencontrerait seulement dans les leucocytes.
En 1890, au congrès de Berlin, tout le monde était d'accord pour admettre l'existence d’un virus trachomateux, mais personne, pas même les auteurs des travaux ci-dessus résumés, ne revint sur la description de l’agent pathogène.
Dans le courant de cette année, deux auteurs russes ont fait également des recherches sur le micro-organisme du trachome.
Shongolowicz résume les résultats de ses expériences dansles conclusions suivantes :
19 Il existe dans le contenu des follicules trachomateux des bacilles courts qui se distinguent par leur petite taille et la difficulté d’être colorés par les couleurs d’aniline. En outre, toutes les parties du bacille ne se colorent pas avec la même intensité et présentent des inégalités dans la réfraction de la lumière.
2° Les mêmes bacilles se retrouvent dans les coupes du cul-de-sac conjonctival affecté de trachome.
3° Des ensemencements du contenu des follicules montrent des micro-organismes variés : &) un petit bacille, distinct de tous les micro-organismes décrits jusqu'ici. L'inoculation de Ja culture pure de ce bacille dans la conjonctive d’un chat ou d’un lapin y produit une affection ayant une certaine ressemblance avec le trachome ; b) quelques espèces de microcoques semblables à ceux décrits comme spécifiques du trachome par d’autres auteurs ; c) d’autres micro-organismes accidentels.
D. Jongolowitch a examiné le contenu des follicules et des morceaux du fornix conjonctival et atrouvé beaucoup de bacilles courts : les cocci faisaient défaut. Les bacilles se trouvaient surtout dans les couches profondes de la conjonctive.Il a obtenu
aussi ces bacilles dans des cultures pures. L'inoculation de ces bacilles (cultures) aux animaux a donné, dans 27 cas, 2 résultats positifs el 25 résultats négatifs.
Enfin en 1891, Noiszewski a publié aussi un mémoire sur le micro-organisme du trachome.
D'après lui, les microbes découverts jusqu'ici dans le trachome sont des épiphénoménes sans rapport causal avec la maladie. TI prétend au contraire avoir trouvé la cause du trachome dans un microsporon dont il donne la description et qu’il appelle microsporum trachomalosrum ou jagium. Il a réussi à le cultiver sur de la gélaline. Les inoculations sur des yeux de lapins ont toujours donné des résultats positifs, mais seulement quatre à cinq semaines après l’inoculation.
Malgré tous ces nombreux et importants travaux, malgré toutes les recherches qui ont été faites depuis, l'accord est loin d’être fait, et le véritable microbe pathogène des granulations reste encore à découvrir. La bactériologie n'a donc pas apporté dans l’origine del’ophtalmie granuleuse un jour suffisant pour permettre d'établir entre les différentes formes qu’elle revêt des distinctions très justifiées : c’est encore là un problème dont la solution est offerte à la sagacité des expérimentateurs.
D'ailleurs, il pourrait bien se faire que l’agent pathogène du trachome ne fût pas spécifique. Les lésions variées que l'on observe chez les granuleux pourraient être sous la dépendance de certaines conditions biologiques inhérentes aux patients, au milieu dans lequel ils vivent ou au trachome lui-même.
M. le professeur Truc, sur des granuleux de même origine mais de constitution différente, a d'ailleurs constaté directement des formes cliniques diverses.
Certains auteurs veulent identifier la nature de l’ophtalmie granuleuse et de l'ophtalmie folliculaire. (rerken a publié, en 1892, la statistique d'une endémie de trachome très grave qui a frappé les habitants d'un grand village du gouvernement de
Kasan ; d’après les chiffres très détaillés qu'il rapporte, les jeunes étaient à peu près exclusivement atteints de formes légères de conjonctivite folliculaire.
Joelson, qui a observé, en 1889, une endémie de conjonctivite folliculaire dans un pensionnat, rapporte que les pensionnaires les plus âgés, qui étaient par conséquent dans l'établissement depuis déjà longtemps, présentaient surtout une conjonctivite trachomateuse ; il a noté également le passage des inflammations légères en plus graves et conseille de ne pas être trop optimiste lorsqu'on à affaire à des conjonctivites même très peu accentuées.
Schilling décrit une endémie semblable qu’il a observée à Wartenberg, et remarque que les parents et les enfants aînés sont atteints de trachome ; les enfants plus jeunes ne présentent guère qu'un catarrhe simple ou à follicules disséminés. Cet auteur est d'avis que le catarrhe folliculaire et le trachome ne sont que les différentes phases d’un seul et même processus.
Nuel et Leplat, fervents adeptes au début de la théorie de Sœæmisch, ont observé une épidémie de trachome en Luxembourg, et ont vu nettement le passage successif des conjonctivites dites folliculaires en trachome.
Wallerstein, qui a eu affaire à une endémie de conjonctivite folliculaire, affirme catégoriquement que cette inflammation se transforme souvent en trachome typique grave.
Mutermilch observerait depuis quelques années une famille dont le père est atteint depuis très longtemps d’une forme maligne de trachome. Il y a quatre ans, deux fils de ce malade ont présenté une suppuration insignifiante, du larmoiement et du ptosis, surtout lorsqu'ils travaillaient le soir. Les conjonctives étaient hyperémiées, légèrement gonflées et contenaient des follicules. Quelques semaines de traitement suffirent pour les guérir complètement. Dans ce cas, dit l’auteur, il n’y avait aucun doute que la conjonctivite folliculaire des enfants eût pour source la maladie du père, qui, n'ayant aucune idée de la gravité
Dire
de son mal, couchait souvent avec l’un ou l’autre de ses enfants.
Tout récemment, dans un travail présenté au Congrès de Berlin (1890), Chibret, se basant sur des considérations sérieuses, semble vouloir admettre une origine commune pour l’ophtalmie granuleuse, pour l’ophtalmie folliculaire et le catarrhe printanier. Quoique nous soyons partisan de la spécificité de ces diverses affections, nous les distinguons cependant au point de vue de leur origine. Si ces affections étaient identiques, on devrait, semble-t-il, les rencontrer souvent combinées aux granulations, Il n’en est rien. Nous observons à Montpellier peu d’ophtalmies folliculaires, alors que les granulations sont fréquentes. Quant au catarrhe printanier, il est très rare : sur 15,000 malades, nous en avons observé à peine quatre ou cinq cas.
Néanmoins, si, comme tend à l’admettre Mutermilch, le trachome était une inflammation non spécifique, à l’exemple de notre Maitre, nous accorderions volontiers au terrain la part que nous réservons actuellement au microbe.