ACTE II, TABLEAU II, SCENE II
Pas d'autre.
JACINTA, d'un- air indifférent.
Ah ! je croyais.
OLIVIA
Que dis-tu ?
Toute seule.
JACINTA
Rien. Je cause
OLIVIA
Vraiment ?... C'est en vain qu'on voudrait Petit serpent maudit, te cacher un secret. Vous avez de l'esprit, pour une camériste ! — Les voici, mes raisons, de ne plus être triste : Tu te souviens qu'un jour, un jour de l'autre mois. On vit avec le duc, pour la première fois. Ce jeune Silvio, qu'avant de le connaître Nous regardions passer le soir sous ma fenêtre, Et qui, pour m'exprimer son amour enfantin. Jetait sur le balcon des fleurs, chaque matin ?
JACINTA
Oui, le jour qu'il nous dit cette vieille ballade.
OLIVIA
Qu'arriva-t-il alors ? L'enfant fut-il malade ? Le duc soupronna-t-il qu'il me faisait la cour ?...
Quoi qu'il en soit, tout juste à partir de ce jour, Silvio ne vint plus suspendre à la croisée Son bouquet matinal humide de rosée, Et s'il passait encor près de moi, soucieux. C'était sans tressaillir et sans lever les yeux !
JACIXTA.
Et pendant ce temps-là, pleine d'inquiétude. Celle qui, doucement, avait pris l'habitude De recevoir ainsi des baisers et des fleurs. Perdait sa gaîté franche et ses belles couleurs ! Mais voici qu'un matin sa suivante, intriguée De la revoir légère, épanouie et gaie.
Devine, sans creuser son esprit ingénu, Que le bel amoureux volage... est revenu !
OLIVIA, ardente.
Oui, sur cette fenêtre, à l'heure accoutumée, J'ai trouvé ce matin sa gerbe parfumée...
TACiNTA, l'inicrrompa'nt.
Et votre joue alors a repris ses couleurs, Comme si tout le ^ang lui venait de ces Heurs.
OLIVIA, rêveuse.
Ah ! pourquoi n'est-il pas plus âgé ! i)ourquoi n'est-ce Kien qu'un adolescent !
J.VCI.NTA.
Cr alignez- vous la jeunesse ?