‹ Conte d'Avril; comédie en quatre actes et six tableaux en versChapitre 32 sur 84 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

OUMA, VIOLA.

VIOLA

Je suis, madame, au duc d'IUyrie, et mon maître. Votre esclave soumis, m'a chargé de remettre Entre vos blanches mains ces vers et cet anneau.

OLIVIA, avec un geste de refus.

^lerci. — Vous répondrez au seigneur Orsino Quec'est beaucoup d'honneurpourmoi ; f ait esqu'il sente Combien de ces envois je suis reconnaissante; Mais dites-lui, surtout, en termes non couverts. Que je ne peux garder sa bague ni ses vers. Le duc est libéral, noble, bon ; son courage, Son esprit, ses talents méritent mon suffrage. Mériteraient aussi mon amour, mais, hélas ! Mon cœur pourtant résiste et... je ne l'aime pas.

VIOLA

Malgré ce dernier mot cruel, combien me touche

Le précieux aveu sorti de votre bouche, Madame ! car du moins vous avez proclamé Jusqu'à quel point mon maître est digne d'être aimé.

OLIVIA

C'est justice.

A part, en souriant.

Il n'a pas tenté de le défendre !

VIOLA, avec une spirituelle emphase.

Mais vous auriez pitié, si vous pouviez entendre Les propos que sur vous il me tient chaque jour, Tant vous étonnernit l'anlciir de son amour !

Que raconte-t-il donc ?

VIOLA

II dit : que dans son âme Vos yeux ont allumé l'inextinguible flamme ; Qu'en vos chaînes il est captif ; que vos rigueurs Le plongent sans relâche en d'affreuses langueurs ; Il souhaite, parfois, que la mort l'en délivre ; Enfm il parle...

OLIVIA, l'interrompant.

Enfin il parle... comme un livre Et non comme un amant de sa maîtresse épris. Croyez-moi, ce sont là phrases de beaux esprits.

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