SCÈNE III
QUINAPALUS, SILVIO, Silvio est entré au fond, à gauche et, tourné vers la maison d'Olivia, contemple le portrait avec amour, sans voir Quinapalus.
SILVIO
O portrait de ma bien-aimée, Que sur sa poitrine embaumée
I08 CONTE d'avril
Elle a suspendu tant de lois !
Je vais donc, image si belle, Le voir enfin, ton pur modèle.
Tout près, ainsi que je te vois !
Quel parfum s'exhale des choses !
Jamais, jamais l'encens des roses Ne fut si doux à respirer.
Je sens mes yeux mouillés de larmes...
Quel est ce trouble, plein de charmes, Et qui pourtant me fait pleurer ?
Je veux chérir, espérer, croire!
D'impatients désirs de gloire Frémissent dans mon sein pâmé...
— O talisman qui me viens d'EUe, Fais mon cteur vaillant et fidèle.
Et rends-moi digne d'être aimé !
// baise le médaillon avec transport. Cependant Quinapalus sort de sa torpeur et veut se verser encore à boire, mais il fait rubis sur l'ongle : la bouteille est vide.
QUINAPALUS.
Une bouteille vide !... () spectacle qui navre ! Le crime est consommé, cachons bien le cadavre.
// se lève, jette la bouteille dans un massif et, se retoitrnani, aperçoit Silvio éclairé par un rayon de lune. A part :
Cette fois, je te tiens seul à seul, mon garçon.