‹ Conte d'Avril; comédie en quatre actes et six tableaux en versChapitre 69 sur 84 · ACTE IV. SCÈXE III lOÇ · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCÈXE III lOÇ

Sans danger je te vais donner une leçon Dont tu te souviendras, bel amoureux en herbe. — Je n'irai pas trop loin : il est encore imberbe. Pourtant, je ne veux pas l'effrayer à demi.

^4 Silvio, en grossissant la voix :

Que faites-vous céans, page, mon bel ami ?

SILVIO

Je ne sais point en quoi cela vous intéresse,

QUINAPALUS.

J e le sais : vous venez attendre la maîtresse De mon cœur.

SILVIO

Et du mien.

QUINAPALUS.

Ah ! mitraille et canon 1 Et vous osez enfin l'avouer ?

SILVIO

Pourquoi non ?

Pour tout autre que vous ce serait un mystère, Mais devant un rival je ne saurais me taire.

QUINAPALUS, à part.

Ah ! diable ! par hasard me l'aurait-on changé. Mon peureux de tantôt ?

Haut, de plus en plus fort.

Sachez, monsieur, que j'ai Tué quatre païens en Alger, dix en Perse. Qui m'ose résister, monsieur, je le transperce.

Il tire son épée et se fend avec fracas.

SILVIO

Des menaces ? C'est temps perdu: j'en ferais li, Quand même vous auriez embroché le Sophi.

QUINAPALUS.

J'ai battu le Grand-Turc !

SILVIO

Vous battez la campagne.

QUINAPALUS.

Téméraire !

SILVIO

Vantard !

QUINAPALUS, déconcerté.

Monsieur !...

SILVIO

Tranche-Montagne !

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