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NOS PREMIERS ANCÊTRES DE L'AGE DE LA PIERRE

dite, dans4a vallée de la Vésèze, on le voit parcourant déjà dès phases régulières dans la voie du progrès. Au lieu d'instrwments lourds et massifs, il se sert de petits éclats *de pointes emmanchées à Textrémité d'une javeline ou fichées à la façon de nos burins dans une tige de bois. Bientôt il utilise les os de bois de rennes pour se fabriquer des ustensiles à la fois plus variés et plus gracieux et jusqu'à des aiguilles et des hameçons. Sur d'autres points de la France, l'industrie de la taille du silex continua néanmoins à se perfectionner, et les formes en feuilles de laurier à bords finement retouchés devinrent communes. C'est alors que dut apparaître l'art de polir le silex, peut-être brusquement apporté par quelque nation conquérante, mais peut-être aussi peu à peu par l'application à la pierre du polissage que l'on pratiquait déjà sur les os. L'homme primitif, sauvage et barbare, antérieur à toute civilisation, existait déjà au commencement de l'époque quaternaire. Il existait même à l'époque tertiaire, pendant la période pliocène, comme le montrent les armes de pierre découvertes dans les terrains de cette période en France par M. Rames, en Portugal, par M. Ribeiro. Existait-il déjà pendant la période miocène, comme le feraient croire les silex découverts par l'abbé Bourgeois? Nous ne le pensons pas.

A cette époque (miocène), dirons-nous avec M. le l)f Bordier, la Méditerranée envoyait un golfe profond dans toute la vallée du Rhône ; la vallée du Rhin et une partie de l'Allemagne étalent le fond d'une mer qui allait rejoindre la mer Caspienne; l'Angleterre était reliée à la France, niais un grand golfe de la mer du Nord occupait le Calvados, le Loir-et-Cher

et rindre-et-Loire ; FAdriatique étendait ses eaux sur tout le bassin du Pô. De grands lacs occupaient le centre de ce qui était alors la Franée; la fertile Beauce était un de ces lacs. \ *

La température était élevée, et à peu près égale à ce qu'elle est aujourd'hui dans les pays tropicaux, car les végétaux qui croissaient alors en Loir-et-Cher n'ont plus leurs analogues que sous les tropiques, et les eaux tranquilles du marais de Beauce et des rivières qui y aboutissaient servaient aux ébats de rhinocéros disparus depuis, entre autres le rhinocéros à quatre doigts, ïacerotheHum. Des singes habitaient des forêts de palmiers et d'arbres verts, notamment Thylobates antiquus.

Mais il n'est pas certain que les silex trouvés dans le terrain miocène de Thenay par l'abbé Bourgeois soient taillés; et dans Fétat actuel de nos connaissances, il est plus prudent de ne pas faire remonter le précurseur de l'homme au delà de la période pliocène.

Ce précurseur tertiaire assez intelligent pour tailler des outils et des armes méritait-il le titre d'homme? Nous n'oserions encore l'afQrmer. On l'eût sans doute plutôt pris pour un singe. Mais nous n'en possédons encore aucun reste direct, ni squelettes, ni crânes, ni ossements, tandis que nous avons maintenant entre les mains plusieurs hommes fossiles de l'époque quaternaire.

De plus, ici, il ne ^agit pas seulement d'instruments encore grossiers, bien que portant Tempreinte d'une main humaine, il s'agit d'œuvres plus indiscutables accomplies par ces instruments, œuvres retrouvées associées aux ossements mêmes de Fou-

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vrier : le. tout forme aujourd'hui un ensemble abso« lument complet.

A mesure que Ton s'avance dans l'époque quaternaire, à mesure qu'on arrive à des couches moins éloignées de nous, on voit petit à petit se modifier l'aspect et la forme de ces instruments de pierre, en vertu de cette loi de progrès continu, qui se déclara sitôt que l'homme tailla son second silex, après avoir ébauché le premier.

Chacune de ces formes a reçu des classiflcateurs le nom de la station typique où ont été trouvés les plus beaux et les premiers spécimens de chaque forme. C'est ainsi que, par une gradation successive, on voit la hache de Saint-Acheul succéder à l'outil premier de l'époque tertiaire; à la hache de Saint- Acheul succèdent le type du Moustier, celui de la Madeleine^ enfin le Solutréen; alors l'arme est parfaite, la taille a acquis un fini et une perfection remarquables; on ne fera jamais mieux, même aux plus beaux temps de la pierre polie.

Mais pendant ces longues, très longues périodes, que la civilisation pai'courait dans notre pays, de grands changements s'accomplissaient dans le climat et dans le sol.

C'est même là une des preuves les plus indiscutables de la longueur incalculable du temps qui s'est écoulé pendant que l'humanité faisait ce que nous appelons encore ses premiers pas.

Les géologues sont tous d'accord aujourd'hui pour admettre que, sauf quelques phénomènes volcaniques, sauf quelques accidents locaux , comme la rupture du barrage d'un lac, par exemple, il n'y a jamais eu de cataclysme subit . Sans doute , de

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vastes étendues de terre, aujourd'hui cultivées et habitues, ont été jadis recouvertes par la mer, et cela plusieurs fois, c'est-à-dire, qu'après avoir été immergées, elles ont émergé; qu'elles ont été fertiles; qu'elles ont été recouvertes, une seconde fois, puis émergées à nouveau et encore fertilisées; envahies encore.... et ainsi de suite plusieurs fois. Sans doute la surface de la terre a changé souvent d'aspect, mais cela a toujours été insensiblement, petit à petit, sans qu'il soit plus possible de saisir le moment de ce changement qu'il ne nous est possible de constater le mouvement de la petite aiguille d'un cadran ; au bout d'une heure, nous constatons que l'aiguille a marché, mais nous ne l'avons jamais vue en mouvement.

Telle côte est aujourd'hui et depuis des siècles en voie d'exhaussement, telle autre s'affaisse; la mer gagne, ou se retire, et cela constamment, tous les jours et à chaque minute. Deux cartes, faites à plusieurs siècles de distance, peuvent quelquefois faire saisir l'étendue du changement ; mais personne ne l'aura, dans cet intervalle de temps, pris sur le fait.

Cela suffit pour donner une idée du temps qu'il a fallu pour que des modifications aussi énormes que celles dont nous avons les preuves aient pu se produire.

Alors que pendant l'époque tertiaire la température était tropicale, à l'époque quaternaire elle alla en diminuant. Plusieurs raisons ont été invoquées pour expliquer cette décroissance de la température; et on a supposé tour à tour une modification dans Taxe de rotation terrestre, un ralentissement du rayonnement solaire, etc....; les causes, bien

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