KOS PREMIERS ANCÊTRES DE L'AGE DE LA PIERRE
que peut-être complexes, sont probablement beaucoup plus simples.
L'altitude au-dessus du niveau de la mer varie, par suite de l'affaissement ou de l'exhaussement des terres; or, avec l'altitude, la température change assez pour qu'un voyage en altitude sur les flancs d'une montagne fasse successivement passer par tous les climats, avec leur flore et parfois leur faune, et corresponde à un déplacement en latitude.
Le climat d'un point est, en outre, soumis à la configuration des parties de la surface terrestre qui l'environnent. Les vents n'ont pas la même température suivant qu'ils viennent de pai-courir une vaste étendue d'eau ou de passer sur un large continent. Que la surface aride du Sahara (qui nous vaut aujourd'hui la température élevée du vent du midi) vienne à se transformer en une Méditerranée africaine, et la température de la France s'abaissera énormément; les conditions d'humidité ou de sécheresse varient également et modifient aussi la température.
Le vent d'est de l'époque quaternaire, au lieu d'arriver sur la France, comme il le fait aujourd'hui, desséché par son passage sur toute l'Europe continentale, passait au-dessus d'une mer qui recouvrait la plus grande partie de la Russie actuelle jusqu'àMa mer Caspienne. Il arrivait tout chargé d'humidité et de froid.
L'humidité et le froid, voilà précisément les conditions de la formation de la neige, qui, en tombant sur les montagnes, constituait alors ces immenses glaciers des Alpes qui arrivaient jusqu'à Lyon, ainsi que ceux d'une partie de l'Auvergne.
Ainsi, par une modification graduelle dans la con* figuration respective des terres et des mers, la température alla sans cesse en décroissant.
L'homme avait alors son crâne allongé (dolicooéphale). Les fouilles faites par M. Massenat à Lau^ gerie, dans la Dordogne, nous donnent une idée exacte de son genre de vie. Ce savant a retrouvé un grand nombre de poinçons, d'aiguilles en os de renne qui servaient à coudre à l'homme de ce temps-là; des dents canines de différents animaux enfilées en chapelet, et disposées en collier, bruissaient autour de son cou ; aux dents se trouvaient parfois mêlés des coquillages marins qu'il allait peut-être chercher lui-même aux bords du golfe de Gascogne, et qui étaient, de la main à la main, l'objet d'un commerce d'échange. Les os du pied du renne, os creux dans leur intérieur, devenaient, grâce à deux trous dont on perçait leur paroi, des sifflets sur lesquels nos lèvres peuvent encore faire vibrer l'air et évoquer ainsi le bruit que faisaient les chasseurs quand ils s'appelaient dans les épaisses forêts.
Dans ces chasses, on poursuivait le gibier en lui lançant des harpons faits d'un os de renne barbelé symétriquement des deux côtés.
Mais la chasse n'était pas le seul moyen d'existence ; la pêche, alors productive, avait fait créer toute une série d'engins spéciaux. Le placide pêcheur à la ligne, ce statisticien contemplatif qui sait qu'étant donné le nombre de poissons qui peuplent une rivière, il est une formule qui fixe le nombre de ceux qui mordront à l'heure^ n'était pas encore inventé, on ne prenait que le poisson qu'on avait vu, qu'on
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avait visé et qu'on avait atteint avec le harpon.
Les peuples de l'extrême Nord nous donnent d'ailleurs une idée assez exacte de ce qu'étaient ces hommes de la Dordogne, vivant du renne, qui fournissait à la fois la bête de somme et de course, l'animal de boucherie, sans doute la bête laitière, et dont la peau servait plus tard de vêtement en même temps que les os étaient la matière première de toute industrie.
Le dessin, la sculpture sont nés : sur un os de renne qu'on vient de gratter, après dîner, un silex aiguisé trace des contours déjà fermes, qui représentent le renne; le burin fouille davantage et le demi-relief apparaît. Une tête de sanglier nous donne à la fois l'idée, et des animaux qui hantaient la forêt, et du talent d'observation de ces sauvages déjà dégrossis. Un os de renne représente un homme à la longue barbiche, tatoué, ainsi qu'on en peut juger par les lignes qui se croisent sur son corps, et poursuivant un superbe aurochs. Une fois lancée sur la voie du progrès, l'humanité ne s'arrêtera plus.
Ce sont là les humbles origines de la race progressive qui devait un jour inventer la science de l'astronomie, mesurer les distances célestes et peser les mondes. Sans qu'il soit encore possible de préciser les dates, nous remontons aujourd'hui, dans la recherche des origines de notre espèce, à des ancêtres grossiers et primitifs, dont les sauvages actuels offrent l'image, peu intelligents et absolument ignorants, mais qui déjà ne sont plus des animaux, imaginent les premières inventions et inaugurent Tau* rore de l'ère humaine; •