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NOS PREMIERS ANCÊTRES DE L'AGE DE LA PIERRE

Il est impossible de calculer, dans l'état actuel des découvertes archéologiques, le nombre de siècles qui s'est écoulé depuis qu'il existe sur cette planète des êtres humains analogues à nous. Dix mille, vingt mille, cinquante mille, cent mille ans même n'enferment pas la durée des âges préhistoriques de l'humanité primitive. On commence seulement à deviner la succession de temps représentée par les formes lentement perfectionnées des premiers outils, des premières armes, taillés dans la pierre par nos barbares ancêtres.

A l'époque reculée où les premiers humains façonnèrent les pierres pour s'en servir, au commencement de l'âge de la pierre taillée des cavernes, le mammouth, le rhinocéros aux narines cloisonnées habitaient la totahté de la France. Un grand abaissement de température avait favorisé leur émigration du nord, sans doute, et refoulé vers le midi ou fait périr une partie des espèces qui les avaient précédés. Une première fois, les glaciers avaient pris une grande extension dans notre pays, une élévation relative de température avait suivi. et aidé au développement

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de 1^ flore et de la faune; puis étaient survenus un second refroidissement et une seconde extension de. glaciers. L'homme chassait les grands animaux précédents, c'était Vâge du mammouth. Mais ils vinrent à diminuer, et Tun d*eux, le renne, se multiplia au contraire à l'infini; ce devint Vâge du renne. Une civilisation relative, des goûts artistiques apparurent particulièrement dans le Périgord et les Pyrénées; l'homme était sédentaire et n'avait rien, par conséquent, des races mongoles, ce que prouvent aussi ses caractères physiques. Enfin le sol se réchauffa progressivement, les rennes gagnèrent le nord, le bouquetin et la marmotte le sommet des montagnes. Pendant cette phase considérable, et surtout à son commencement se creusèrent nos vallées. Le lit de la Seine, dont quelques lambeaux sont encore visibles à Montreuil , était à 55 mètres d'altitude; ce sont ces dépôts que l'on a appelés les anciens niveaux. Le lit, plus tard, descendit à 25 mètres environ, déposa les alluvions les plus inférieures de Grenelle, puis se remplit lentement pour former les berges actuelles. Que l'on calcule l'intervalle qui a dû s'écouler entre ces divers niveaux !

Au temps du mammouth, connu plus particulièrement par les ossements d'animaux et les silex taillés dans les alluvions des rivières, Thomme ne fabriquait que des instruments en pierre assez grossiers et affectionnait les foi'mes dites de Saint-Acheul, si abondantes dans la vallée de la Somme. A l'époque suivante, intermédiaire entre le mammouth et le renne, il préféra les formes dites du Moustier, Plus tard, c'est-à-dire à l'époque du renne proprement

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