L*AME DE LA PLANTE
neront nous-mêmes. Nous serons tout surpris de reconn:.itre que l'énergie des actes biologiques des plantes surpasse souvent tout ce que nous présente le règne animal; fait qui n'a été méconnu que parce que nous avons, à tort, considéré ses manifestations turbulentes comme en étant la suprême expression.
Quoique l'existence des nerfe soit encore paradoxale dans les plantes, il n'en est pas moins vrai que l'irritabilité qu'offre la sensitive semble absolument sous l'empire d'organes analogues à ceux-ci , puisqu'elle se trouve impressionnée parles mêmes agents, et de la même manière que le sont les animaux.
L'âme humaine est si souvent contestée aujourd'hui, que ce n'est pas sans quelque surprise que l'on entend parler peut-être de l'âme de la plante. On est tout prêt à supposer que ce n'est là qu'une dénomination figurée; que, sous ce mot âme, on comprend la douceur, la grâce, le charme, l'attrait de la plante, son expression vivace, majestueuse ou languissante, en un mot tout ce qui forme son rayonnement extérieur et nous inspire des idées d'assimilation à notre être sensitil. Mais non ; nous parlons sincèrement de psychologie végétale.
L'opinion que les actes de la plante ne sont pas simplement mécaniques et physiques, c'est-à-dire produits par une force aveugle, mais qu'ils sont déterminés par un instinct clairvoyant, plus ou moins analogue à celui qui gouverne les animaux, a déjà été professée par plusieurs savants, comme nous l'avons vu, entre autres, au xvni® siècle, par le docteur Erasme Darwin, l'aïeul du célèbre anthropologiste modeine^ qui a chanté les « Amours des plantes ]^ en des strophes inspirées :
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«... Descendez, chœurs aériens, sylphes qui voltigez sur nos têtes, et de vos doigts délicats touchez vos lyres d'argent ! Gnomes, rassemblez-vous sur l'herbe, imprimez-y vos anneaux mystiques, et que vos pas cadencés s'accordent avec la musique céleste; tandis que sur un chalumeau je chante, avec une mélodie douce, les espérances riantes et les peines amoureuses de la prairie.
«... Sans cesse agitée par la délicatesse de ses organes et par son exquise sensibilité, la chaste Mimosa redoute le plus léger attouchement. Elle est alarmée lorsqu'un nuage passager lui dérobe les rayons du soleil. Au moindre vent, elle frémit et s'enfuit par la crainte de l'orage. A l'approche de la nuit, elle abaisse ses paupières, et, lorsqu'un sommeil paisible a rafraîchi ses charmes, elle s'éveille et salue l'aurore. Fidèle aux mœurs de l'Orient, mêlant la gaieté à la décence et la modestie à la fierté, elle se couvre d'un voile, s'avance vers la mosquée, et s'engage à l'époux qui la reconnaît pour la reine de son sérail. Ainsi s'élève ou s'abaisse aux moindres variations de l'atmosphère le fluide argenté contenu dans un tube de cristal. Ainsi vacille continuellement sur son pivot l'aiguille aimantée, qui dans tous ses mouvements se dirige vers son pôle chéri. »
Telles sont les paroles de Darwin sur la sensitive, dans son premier chant des Amours des plantes. Il n'est pas un amateur qui n'ait observé ce mouvement singulier qui s'opère au moindre contact sur les teuilles de la Sensitive. Au choc le plus léger, au simple toucher, ses folioles fléchissent sur leur support, les branches pétiolaires s'inclinent sur le pétiole commun, et le pétiole commun tombe lai-
même sur la tige. Si Ton coupe Textréipité d une foliole, les autres folioles se rapprochent successivement. On sait que les feuilles de cette plante sont digitées, c'est-à-dire formées de rayons disposés comme les doigts de la main; ce sont ces feuilles étroites et longues qui à la moindre secousse s'appliquent les unes sur les autres en se recouvrant par leur surface supérieure. Elles se réunissent de même à l'entrée de la nuit ou lorsqu'il survient un froid assez vit pour fatiguer la plante. Elles sont dans im état de parfait épanouissement par un temps calme et chaud. Un nuage qui passe devant le soleil suffit pour changer la situation des feuilles, dont l'expansion diminue par l'affaiblissement de la lumière. Quoique fermées et dans un état de sommeil pendant la nuit, elles s'abaissent encore davantage si on les touche. A l'insertion du pétiole sur la tige, et à celle de chaque foliole sur le pétiole, on aperçoit une petite glande qui est le point le plus irritable. Il suffit de la toucher avec la pointe d'une épingle pour faire fermer la feuille ; si la secousse est vive, toutes les folioles font successivement le même mouvement, deux à deux, dans un ordre régulier. La feuille elle-même ne s'abaisse qu'après que toutes les folioles sont abaissées, comme si le membre principal ne s'endormait qu'après l'assoupissement de tous ses appendices.
Tous les êtres créés sont vraiment de la mémo famille; c'est le même Esprit qui ordonna la création universelle, ce sont les mêmes lois qui la diri*gent, ce sont les mômes forces qui la soutiennent : tous les enfants de la nature sont frères, et tous sont unis par des liens indissolubles. Du minéral à
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rhomme ^ la série monte par degrés imperceptibles; tels caractères appartiennent à la fois aux trois règnes : minéral, végétal et animal, formant en' vérité Tunité la plus parfaite qui puisse être conçue.
Parmi les végétaux, ceux qui paraissent posséder le plus particulièrement des caractères appartenant au règne supérieur, au règne animal, sont certainement ces plantes sensibles dont nous venons de parler; mais on remarque sur d'autres végétaux des mouvements d'un autre ordre et qui ne sont pas moins dignes d'attention.
Les feuilles de certaines plantes possèdent un mouvement révolutif qui s'exécute suivant une courbe fermée, et décrit une sorte de cône dans l'air; les vrilles de la bryone et du concombre cultivé sont douées de ce mouvement perpétuel, dont la durée dépend de la température. Ces mouvements sont peu apparents. Au mois de juillet 1876 j'ai observé, avec le plus grand intérêt, un yucca de un mètre de hauteur, dont la tige légèrement inclinée tournait dans le sens du mouvement diurne, mais moins vite que le soleil. Cette tige s'accrut en même temps de 8 centimètres par jour; j'ai suivi la rotation pendant quinze jours (à Vaux-sous-Aubigny|, Haute-Marne). Je ne sais si ce mouvement en spirale a été remarqué par des botanistes. La plante mesurait 55 centimètres de hauteur le 2 juillet et 426 le 48; la tige qui d'abord se courbait presque horizontalement s'est redressée peu à peu, et lorsqu'elle fut verticale (le 44), elle cessa de tourner sa tête vers aycun point. La croissance se ralentit dès ors. Ainsi voilà une plante qui s'accroît en tour-
nant en spirale dans le sen^ du mouvement diurne du soleil. ,
Certaines plantes olGFrent des mouvements beaucoup plus singuliers, par exemple la desmodie oscillante.
f Dans cette plante, la feuille se compose de trois parties : une grande et large feuille, et deux étroites plantées à la naissance de celle-ci. Or, pendant toute la vie de la plante, de jour et de nuit, par la sécheresse et par l'humidité, sous le soleil et dans les ténèbres, les folioles latérales exécutent sans cesse de petites saccades, assez semblables à celles de Taiguille d'une montre à secondes. L'une des deux s'élève, et pendant le même temps sa sœur jumelle s'abaisse d'une quantité correspondante; quand la première descend, celle-ci remonte, et ainsi de suite. Ces mouvements sont d'autant plus rapides que la chaleur et Thumidité sont plus grandes. On a observé dans l'Inde jusqu'à soixante petites saccades régulières par minute. Il y avait là en vérité une montre végétale d'un genre particulier. La grande feuille exécute elle-même des mouvements analogues, mais beaucoup plus lents. I
Nous avons dit tout à l'heure que chez ces plantes sensibles les mouvements se manifestent, soit dans l'état normal, soit par des causes occasionnelles* Là desmodie est un type du premier genre; voici un type caractéristique du second : c'est la dionée attrape-mouches, qui, comme son nom l'indique^ saisit les insectes qui ont l'imprudence de se poser sur elle, et les enferme dans ses cils vibratiles.
Le temps n'est pas encore bien éloigné où les
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naturalistes admettaient un antagonisme absolu entre les deux grands règnes organiques.
L'aphorisme connu : Vegelalia vivunt et crescunt^ animalia vivunt^ crescunt et sentiunt, n'était plus suffisant pour exprimer l'antithèse où l'on croyait renfermer une des grandes lois de la nature. On affirmait qu'à chaque fonction de l'animal correspondait une fonction exactement inverse du végétal. C'était là, croyait-on, le secret du merveilleux équilibre qui résulte en chaque lieu des mutuels rapports des êtres organisés, l'explication de l'immobilité au moins apparente du milieu dans lequel et par lequel s'accomplissent les phénomènes si éminemment variés de la vie. Cependant, à mesure que les physiologistes pénétraient plus avant dans la connaissance intime des êtres des deux règnes, le nombre des propriétés et des fonctions communes s'accroissait chaque jour. L'identité fondamentale de structure anatomique était d'abord mise hors de doute. L'ani^ mal, comme le végétal, n'était autre chose qu'une agrégation de cellules. Ces cellules elles-mêmes avaient dans les deux types la plus grande ressemblance, et leur contenu, le protoplasma, apparais* sait déjà comme la substance vivante, fondamentale^ à peu de chose près la même chez tous les êtres organisés.
En présence de cette unité anatomique, pouvait* on continuer à admettre l'antagonisme absolu des propriétés physiologiques dans les deux règnes? É\idemment non. L'idée contraire a donc fait de rapides progrès, et dans ces dernières années le coure protessé au Muséum, par notre illustre physiologiste Claude Bernard, portait ce titre signifi-
catif : Des phénomènes de la vie communs aicx végétaux et aux animaux.
Aujourd'hui, l'antithèse des deux règnes apparaît non plus dans l'intimité des fonctions physiologiques, mais seulement dans ce que l'on peut appeler le résultat différentiel de leur activité.
Cherchez d'ailleurs ce que sont devenues toutes ces prétendues démarcations que l'on a voulu établir entre les deux règnes : — le mouvement? il existe chez certaines plantes aussi nettement que chez les animaux ; — la sensibilité? qui peut dire ce qu'elle est chez une éponge? — la puissance calorifique? certains animaux ne dégagent pour ainsi dire pas de chaleur, certaines plantes peuvent, au moins en certaines circonstances , en dégager beaucoup (exemple l'arum) ; — la respiration ? toutes les plantes, même à la lumière, exhalent de l'acide carbonique comme les animaux. Il en serait de même pour tout le reste.
La nature des aliments a semblé longtemps être très-différente dans les deux règnes : les animaux se nourrissent en général de matières organisées; les plantes s'adressent au contraire au monde inorganique. C'est à l'état de gaz ou de sels minéraux solubles qu'elles absorbent ordinairement les substances à l'aide desquelles elles doivent former les composés complexes qu'elles préparent et où la machine animale va puiser ses combustibles. Exceptionnellement, quelques plantes sont bien capables de s'assimiler des matières végétales en décomposition ; mais il ne semblait pas qu'elles pussent s'élever jusqu'à l'assimilation des matières animales.
Cette barrière entre les deux règnes est elle-
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même ébranlée en ce moment par les plantes car-» nivores.
Peut-être, en traversant des prairies marécageuses, avez-vous remarqué les touffes d'une plante ayant un peu l'apparence d'un pied de violettes et dont les feuilles arrondies, étalées en rosace, semblent constamment couvertes de perles de rosée que le plus ardent soleil ne suffît pas à évaporer; de là le nom de Rossolis ou Rosée du soleil que l'on donne à ce curieux végétal. Les botanistes l'appellent le Dr oser a rotundifolia.
Essayez de toucher ces gouttelettes ^ admirablement transparentes, vous reconnaîtrez bien vite qu'elles ne sont pas constituées pai' de l'eau, mais par un liquide visqueux, collant aux doigts, se laissant tirer en fils, comme une solution de gomme. Chacjue gouttelette est supportée par une sorte de poil d'un rouge vif, terminé par une petite sphère. Ces poils bordent la feuille et sont disséminés sur sa surface; ils sont de plus en plus longs à mesure que l'on s'éloigne du centre de la feuille et que l'on se rapproche de ses bords.
Faites maintenant la petite expérience suivante : déposez délicatement un moucheron sur la gouttelette transparente de l'un des poils des bords de la feuille; l'insecte essayera d'abord de se débattre, mais le liquide gluant s'oppose aux mouvements de ses pattes et de ses ailes. Pendant ce temps-là le poil auquel la pauvre victime demeure attachée ne reste pas inactif. Peu à peu, il s'inchne, entraînant sa proie vers le centre de la feuille. Son extrémité arrive à toucher celle des poils courts qui occupent cette région et l'aident dès lors à maintenir l'insecte.
Quelques instants encore, et vous allez voir des poils de toutes les parties de la feuille se courber vers le point où le moucheron a été transporté : tous viendront déposer sur lui leur gouttelette de liqueur et, au bout de quelque temps, se relèveront, attendant un nouveau gibier.
D'ordinaire, les victimes sont de faibles moucherons, des fourmis, mais quelquefois aussi des papillons tels que ces légères phalènes qui volent dans les buissons, ou ces petits argus bleus si fréquents dans la campagne par une belle journée de soleil. On a vu même des Drosera capturer des libellules, mais, dans ce cas, la feuille elle-même se replie sur l'animal, et plusieurs feuilles unissent même parfois leurs efforts pour mieux réussir.
Le suc gommeux sécrété par les poils de la plante est non-seulement la glu qui retient le gibier, mais aussi le suc gastrique qui le digère. Dès qu'une proie a été saisie, les poils repliés sûr elle sécrètent ce siic en plus grande abondance ; le suc devient lui-même acide ; sa composition semble alors se rapprocher de celle des sucs digestifs des animaux.
Les substances charnues sont dissoutes par lui ; les substances épidermiques ou cornées, telles que celles qui forment la carapace résistante des insectes, demeurent, au contraire, inaltérées et sont rejetées par la plante.
Quoi de plus nouveau dans la botanique, de plus étrange et de plus extraordinaire, que l'analyse de ces plantes qui mangent des animaux?
Signalerons-nous maintenant, parmi les singularités végétales, ces plantes étranges qui ressuscitent
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ajiÇès êtrèTestées longtemps mortes en apparence et desséchéëi'/
• -Dans son beau livre sur Vâme de la plante^ M. Boscowitz interprète avec un grand sentiment las |û)servations faites sur la rose de Jéricho, qui Wprend sa verdure et ses couleurs après être restée 4ies q^inées entières détachée de sa tige et desséchée. La fl^o* d« résurrection est plus prodigieuse encore. Up jour un Arabe en offrit une à Alexandre de Humbol#t. Ce don se présentait sous une apparence peu séduisante ; une frêle tige portant deux petites boules sèches et brûlées. Mais le fils du désert, qui prétendait que ce trésor avait été trouvé dans un tombeau, sur le sein d'une prêtresse égyptienne, vantait le charme puissant de son merveilleux présent. En effet, à peine eut-il humecté la fleur... Mais laissons M. Boscowitz décrire lui-même la métamorphose :
« L'Arabe avait raison, cette plante exerce un charme ineffable sur l'homme qui la contemple. A peine l'a-t-on arrosée qu'elle commence à s'agiter ; la tige se redresse, la fleur s'entr'ouvre lentement, et les frêles pétales se déroulent un à un pour se disposer en rayons autour d'un point central. En ce moment, la fleur a l'aspect d'une petite pâquerette ; mais, après un instant d'hésitation, elle renverse brusquement sa corolle et découvre son sein sur lequel reposent les semences.
c( Dans cette phase suprême, elle ressemble vaguement à la passiflore; quoique plus petite, elle en a le port et les contours.
« Si le parfum et l'éclat de la passiflore lui font défaut, elle a, en revanche, des teintes irisées d'une
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extrême finesse et des pétales diaphaMS.qui |ont d'elle une fleur à nulle autre compara^e.
« Après quelques instants d'une vie active, Ja • plante commence à s'étioler ; la tige perd sa vigui^tir, , la fleur se contracte, les pétales se replient (OQll^ ment sur eux-mêmes, et soudain la pJênte s'^^GÉetti *^ conrnie frappée de stupeur. »
Ce n'est pas dans ces phénomènes tout e^caqitionnels du monde végétal, qu'il faut peut-^ti^ f echercher la preuve que la plante possède un ir#tinct qui l'incite à tel ou tel acte, par la raison qu'une exception n'a jamais rien offert de concluant ni affirmé une règle ; mais c'est dans l'histoire ou le tableau de toutes les phases de l'existence de la plante t[ue nous trouvons la démonstration de la clairvoyance instinctive qui semble diriger celle-ci dans son travail intérieur et extérieur.
Le premier point de rapprochement qui existe entre la plante et les êtres animés, c'est le phénomène de la respiration : « On reconnaît la vie à son souffle. D La plante respire à la manière de l'homme et des animaux, absorbant l'oxygène et dégageant l'acide carbonique. Cependant, sous l'influence des rayons solaires, la plante absorbe une grande quantité d'acide carbonique, en même temps qu'elle épanche l'oxygène au dehors; mais c'est l'effet d'une autre opération de la vie, de la nutrition. La plante alors décompose l'acide carbonique pour se nourrir du carbone. Le travail de la nutrition n'empêche pas la respiration; ces deux actes s'accomplissent simultanément. Aussi la plupart des naturalistes les ont-ils confondus, en supposant à tort que la plante avait deux respirations, Tune diurne et l'autre nocturne.
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IZanalogie de la circulation de la sève avec la circulation du sang n'est point encore positivement • démontrée. Mais le phénomène de la transpu'àtion offre des rapprochements évidents entre le règne végétal et le règne animal. La transpiration de la plaHtQ, comme celle des animaux, varie suivant les bôures et les saisons, le degré d'élévation ou d'abaissement de la température. On peut admettre aue la tran^iration d'un arbre ordinaire est de 14 kilogrammes'tenviron par jour.
Même analogie entre les deux règnes dans les périodes successives de croissance et de décroissance des individus, dans les lois qui président à la fécondation et à la reproduction, puisque les plantes présentent, dans leurs pistils et leurs étamines, les organes qui diversifient les sexes.
Or la vie, ofïrant dans tous les êtres animés les mêmes phénomènes, doit aussi éveiller en eux les mêmes facultés, très-inégalement développées sans doute, mais au moins en puissance d'être.
La faculté de sentir étant, dans le règne animal, tout aussi intimement liée à la vie que la faculté de croître, de se nourrir, de se propager, ne commeton pas une étrange inconséquence en refusant absolument cette faculté sensitive à la plante, à elle qui respire, qui croît, qui se propage, qui vit comme les animaux ?
Cette faculté ne laisse jamais l'être complètement passif. La manière dont la plante s'accroît manifeste cette initiative avec une grande évidence et une grande énergie.
Il résulte, en effet, de nombreuses et très-précises observations, que la plante diversifie sa crois-