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dez-moi le service de remettre ce billet au même domestique qui vous a remis ce paquet. Gela ne compromet en rien votre discrétion dont je vous loue , et je saurai reconnaître votre obli» geance. — S*il ne s'agit que de remettre un billet , répondit le commissionnaire, j'y consens volontiers, et vous pouvez compter sur mon exactitude ; mais ne vous avisez pas de me faire suivre , vous perdriez votre teiDpS et vos
peines » A ces mots, il sortit furtivement
avec le billet qu'Emmeline avait préparé. -
. On voulait savoir ce que contenait le nouvel envoi de Fanon jme, lequel paraissait beaucoup plus volumineux que tous tes autres. Gustave : s'empresse lui-même de défaire Tenve- -loppe , et il trouve un brillant uniforme d'officier d'artillerie , un ricbe sabre auquel était attacbé un porte-feuifle de maroquin vert, qui contenait cet écrit : •
« Le ministre delà guerre, mon parent, a coutume de m'acfcorder tous les ans , au jour de ina naissance , un brievet d'officier pour celui de ma famille ou de mes amis qui: s'en est rendu digne ; je vous prie de l'accepter pour monsieur
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3M caiîfS A. Mk WVUM.
votr^ frère , ooaim? lu juste récoaipeaM de set succès à rÉcole Polytecboique* Si , comme je
n'en doute pas , il se sîgm\e dans la carrière des armes, s'il derieat un héros, je ne lui demande que de prendre pour devise : Ce qu'on pm$ède double defrm , qunni an a h bçmkeur de h partager» n
A côté de cet écrit était en eSet un brevet de sous-lieutenant d'artiUerie, avec l'crdre de rejoindre, sous huit jours » le. régiment désigné. <7iustave croysU rêver* Ce qu'il désirait si ardemment , ce qu'il ne croyait pas obtenir de long-temps , il le devait à la générosité d'une jeune et belle inconnue , qui doublait par la modestie le fm du bien&it. « Et je partirais sans la connaître, sans la voir, sans la remercier ! — U en est un moyen , s^écrièrent madame et msdemeîselle de ChAville , les yeux mouillés de joie et de saisissement t il finit nous présenter . aujourd'hui même à l'audience du mîpistire de la nuent , et nous saurons par M quelle cDt^Ile^ qui nous devras celhenrew évéomtiJM*.* -*-^ Yens avoE raieaa, reprit QttstfkV^) ftUPQS7 toii^rbetti«.»«.. » U ee
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revêtit auatiiAt de rmùforme , q[ai ^ à son grand éCanineiiieiit, ae trourait jutte à $a taille. Emmeliiie et sa mère lurent faire une toilette reoberchSe , et au bout d'une heure ih furent toua les trois rendus à rh^tei dû ministre , qui les aceueiliit avec l'affabilité la plus touchante ; et, slmagînant qu'ils connaissaient leur jeune protectrice, il leur dit : « En cédant aux YÎTes instances de mademoiselle de Saint- Léén f je ne fais que rendre justice à s<m intéressant protégé 9 et je lis d'avance sur la figure de M. de Clinville qu'il sera digne de tout l'intérêt que je' lui Toue» et que je promets de lui prourer dans tous les temps. »
A œsmots, madame de Clinville et ses enfiinsse retirèrent... «Mademoiselle de âàint- Léon I répétait sans cesse Gustave. — C'est , n'en doutons pas , ajouta madame de Clinville , la fille dé ce Général devenu , par ses hauts faits , un des plus fermes appuis du tréne et l'un des premiera ^voris du monarque. Il faut savoir ou il demeure, et nous y rendre sur-lê-ohamp. '^^ Entrons ^ dit Emmeline , chez le premier libraire , et nous trouverons dans l'Almanach
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Royal cette adresse tant désirée. » En effet, ils découyrirent que cet offeier général demeurait faubourg Saint-Hânoré , près l'Elysée. Ils s'y transportèrent en toute hÂte. Emmeline chargea le portier de l'hdtel d'aller annoncer que M. de Glinyille , officier d'artillerie , et sa famille , demandaient à mademoiselle de Saint* Léon un moment d'entretion.
Un instant après, le portier revint, accom* pagné d'un. valet-de-chambre qui avait ordre d'introduire ces dames et le nouvel officier d'artillerie dans le. grand salon. Mademoiselle de Saint-Léon ne tarda pas à s'y rendre. Elle étut sous les mêmes vètemens et le même chapeau vert , orné de marguerites blanches, qu'elle avait lors de la reucontre aux Tuileries. Auprès d'elle se trouvait la même dame qu'elle appelait sa tante. Elle s'avance. précipitamment vers Emmeline, la presse dans ses bras, et lui demande pardon d'avoir abusé de l'incognito et tourmenté sa délicatesse. » Mais, ajouta-t-elle avec la plus aimable expression , il fallait bien vous amener par degrés à recevoir la preuve des sentimens que vous avez su m'inspirer à
notre première entrevue. Instruite par tous les renseigneniens que j*ai fiait prendre , que votre voeu le plus cher ' était- d'obtenir un brevet d*officier.pour monsieur votre frère, cité par tous les chefs de l'École Polytechnique comme devant courir un jour une honorable carrière , ma tante et moi , en l'absence de mon père , en ce moment aux années , nous avons obtenu sans .peine ce qui, donne à l'Etat un brave de plus , à votre honorable famille l'accomplissement de ses désirs , et à moi le bonheur de vous prouver de quel prix fut pour moi le délicieux bouquet de cerises que vous me forçâtes de partager ,' et combien les touchantes paroles qui l'accompagnèrent se sont gravées dans mon souvenir.»
Emmeline ne répondit d'abord à mademoiselle de Saint-Léon qu'en la pressant à son tour dans ses bras et en la couvrant de mille baisers. Madame de Clînviile ne put résister elle-même à lui demander la permission de l'embrasser.: Gustave promit, avec tout l'élan d'un jeune officier français, de justifier la* bonne opinion qu'on avait de lui , et s'écria ,
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avec Taccent ie Fhérofome : « Qu'il me tarde d'être à mon ràlig , abus les drapeaux français ! Si , sous un an, je n*ai pas la croix d'honneur, Sa Majesté sera maître de me rayer d^ la liste
des braves. n II apprit ensuite que sa jekine
et aimable protectrice avait porté la bonté jns« qu'à faire découvrir son tailleur , à qui elle avait commandé son premier uniforme. Il ne Ait plus surpris , à ce moyen , de le trouver aussi bien à sa taille. « Il ne faut pas, dit la tante de mademoiselle de Saint-Léon , qu'une si belle journée soit imparfaite: ces dames et notre jeune sous-lieutenant ne peuvent nous reftiser de dîner à l'hétel : on aime à voir le plus long-temps possible les heureux qu'on a faits. » Madame de Clinville accepta sans hésiter; elle demanda seulement la permission de se retirer chez elle jusqu'à Theure du repas , et s'éloigna avec ses deux enfans. Quelques heures après , elle revint sous les mêmes habits qu'elle portait lors de l'entrevue aux Tuileries. Emmeline avait eu la même attention; mais cette simple toilette était ornée du riche cachemire et d'un des éventails que lui avait envoyés
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le charmant chapeau vert , qui fîit on ne peut plu8 sensible à cette marque d'attention. On se mit à table. En dépliant sa serviette , mademoiseUe de Saint-Léon trouva sous son couvert un petit étui contenant un anneau composé de trois brilians, sous la monture desquels venaient d'être gravés ces mots : Guge d'une
Memelle reoonnaisêmnee » Elle mit l'an*
nean à son doigt , et promit de ne jamais s'en séparer. Elle fit dans Emmeline une amie qu'elle conserva toujours, dans Gustave un cKfficier qui parvint à un rang honorable , qui rendit à TEtat^l'importans services; et souvent , lorsque, dans leurs firéquentes entrevues, Emmeline et mademoiselle de Saint- Léon se prodiguaient les plus douces caresses * elles répé-^ taient encore . ensemble : u Ce qu'on petêètie dèubie de prix y qumnd en ik ie henheur de le partager. »
Fin DU PBIHIKft VOLVKI.