‹ Contes à ma filleChapitre 3 sur 43 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Qvi de nous ne fait des Contes ?... On en fait à la campagne poar charmer ses loisirs, dans les cercles des grandes Tilles pour attirer tous les regards, et jusque dans la captivité pour alléger ses fers. On en fait au vieillard qui soufiTre , à Tenfant qui pleure , au maître qui gronde , au créancier qui menace. « Pourquoi, me suis-je dit, n^eu ferais-je pas à ma Fille ? Essayons , en causant avec elle , de lui sauver Tennui de la réprimande , la bonté du reproclie, la douleur du repentir : essayons de former,/ sans qu^elle s^en aperçoive , ses goiits , ses habitudes J son esprit et son cœur. Le maître qui veut instruire avec gravité, perd souvent le fruit de ses soins, tandis que le conteur , qui dirige en cachant les rênes , ou en badinant avec elles, fixe Tattentiou , la captive, et, par une marche détournée, dont jamais I^élèvene s^efTarouche, il parvient à prévenir un vice , a corriger un défaut , à signaler un ridicule. •

J^ai donc entrepris de dicter à ma Fille des Contes où quelquefois elle pût se reconnaître. Mais , pour s^emparer d'une jeune tête et la former à son gré , il ne suffit pas de

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