LS MAMANT FAUX. SI
croire...... , non, jamais riea dans votre boutique ne fut vendu p)us légitimement... » Cet accent de la vérité fit sur le marchand une impression dont il eut peine à se défendre; il hésitait , il n'osait plus se livrer aux soupçons que pourtant faisaient naître les apparences. u Si vous saviez qui nous sommes , ajouta Félicie en lui présentant son collier, vous souffririez plus que ' nous d'avoir osé nous confondre.,.. Croyez que notre franchise égale notre délicatesse. — Vous m'en imposez, reprit le joaillier avec véhémence, en examinant plus attentivement encore le collier de Félicie. -^ Et sur quoi , dit Clémence , présumez-vous que nous ne sommés pas dignes de foi ? — Vous m'en imposez , vous dis-je , s'écria le marchand avec l'élan de la colère et de l'indignation ; ce n'est pas moi que l'on trompe ainsi. — Nous , vous tromper ! — Ce diamant est feux. — C'est impossible. — Je m'y connais, peut-être. Vous avez cru que, en me présentant celui du premier collier, qui est un brillant véritable , je ne m'apercevrais pas que la pierre du second était fausse. Il faut
sa CORTKS k MA «LUI.
convenir qu'elle est d'une belle eau, et que tout autre que moi pourrait aisémeiit «'y méprendre. — Mais , Monsieur , s'écria Clémence , je yotis jure ^ au nom de tout ce qu'il y a de
plus sacré — Ah ! Mesdemoiselles, c'est
ainsi que ^ sous l'apparence dé la candeur et de l'ingénuité , vous trafiques en faux diamans ! Le beau métiet que vous faites là ! Mais je saurai bien vous empêcher de tromper ceux de mes confrères qui n'auraient pas mon expérience. Qu'on aille à l'instant , dit-il à l'un de ses gens, qu'on aille chercher un exempt de police , et que bient6t ces deux h<mnétès marchandes de fsmx diamans soient livrées à la justice* — Monsieur , s'écria Clémence , sur qui ces mots firent l'effet d'un coup de tonnerre , Monsieur , calmez votre courroux ; nous sommes innocentes , je vous l'atteste au nom du Ciel !.... oui, ces diamans nous ont été domiés par notre père , qu'on aura trompé , sans doute....* ; et, puisque vous nous forcez à vous dire qui nous sommes , vous voyez les deux filles de M. de Lucival, manufacturîéi' de soieries, qui demeure rue Saint -André^
LB BUKAIIT rAVX. il
des-Arts « n® 8 , près du carrefour de Bussy» — Faites-nous y conduire , ajouta Félicie avec emportement, et tous yerrej:, honune ignorant et brutal , û nous sommes faites pour tous en imposer. — Le ton de votre sœur, lui répondit le joaillier, porte en effet le caractère de la vérité ; mais le vôtre repousse et détruit la confiance : on lit dans vos yeux et sur vos lèvres tremblantes je ne sais quoi de faux..«.k Au reste, si, comme vous me l'attestez, vous appartenez à un fabricant de soieries , je veux bien ne pas faire d'éclat, et ménager la reputation de votre père. Allons chez lui sur-le* champ ; donnez-moi le bras , Mesdemoiselles ; et surtout n'espérez pas m'échapper : je puis excuser une imprudence, une étourderie de jeunesse; mais je suis sans pitié pour les fripons^ et surtout pour les imposteurs* »
En achevant ces mots , il prend une des deux sceurs de chaque bras, et leur fait traverser ainsi les différentes rues qui condui-» aaient à leur demeure. Félicie, suffoquée de dépit et de rage , s'exhalait en mille reproches. Quant à la pauvre Clémence, pâle et trem-
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biante , elte marchait , ou plutôt »é laissait traîner comme une victime , les yeux baissés , d'où coulait un torrent de larmes. Ce s[>ectacle rassemblait autour d'elles tout le peuple qui se trouvait sur leur passage ; et chacun y interprétant à sa manière la position cruelle des deux jeunes personnes , leur adressait tout haut les épithètes les plus amôres, les plus humiliantes.
Enfin elles arrivèrent chez M. de Lucival, qui, les apercevant environnées de tant de monde , s'avance au-devant d'elles, «c Mon père ! 6 mon père! j'en mourrai!.... » s'écria Clémence, en se précipitant dans ses bras, presque sans connaissance. Le joaillier remet Félicie à M. de Lucival, dont la haute renommée fait à l'instant cesser les propos et les soupçons de la populace qui s'éloigne. On entre , on s'explique : l'innocence des deux sœurs jumelles est reconnue. Le joaillier se confond en excuses; il tombe aux genoux dé Clémence , dont la bonté du cœur brille dans tout son éclat ; il mouille à son tour de ses pleurs les mains de cette honorable victime^ et les couvre
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de baisers : il offre ensuite à sa famille de foire toute la réparation qu'on exigera, u Vojus n'éies {^oint coupable, lui dit M. de Lucival; la pierre fausse qui compose ce collier , et la manière imprudente avec laquelle on vous l'a présentée , ont dû vous jeter dans une erreur dont je ne souffre que pour ma chère Clémence. En donnant à Félicie un diamant faux , j'ai voulu lui offrir l'emblème de l'imposture , qui sans cesse dégrade son coeur et souille ses lèvres. J'étais loin de m'attendre qu'il produirait un effet aussi cruel; mais je ne puis m^empècher de remercier la Providence de la leçon terrible que ma fille reçoit en ce moment. »
Ce qui acheva de porter dans l'ame de Félicie une émotion aussi forte que salutaire ; c'est qu'à peine M. de Lucival achevait ces paroles, entouré de tous ses ouvriers, qu'avait attirés cette scène étrange , qu'uir inconnu se présente , remet le rouleau de cinquante louis dont Joseph avait fait afficher la perte , et se retire sans vouloir accepter le partage, ni la moindre récompense.
te coims 4 MA nuB.
Félicie , reconnaissant l'innocence du pattvre Joseph qu'elle avait accusé, sentit alors que la fausseté du cœur nous porte toujours à taxer les autres du vice dont nous sommes infectés : elle avoua hautement tous ses torts ; et, récapitulant les chagrins qu'elle avait donnés à sa faucille , le supplice humiliant qu'elle venait de faire partager à sa sœur^ l'esclandre qu'elle avait causée dans la maison de son père, et les regrets de l'honnête joaillier , elle abjura pour jamais l'imposture, rappela sur son front et dans ses yeux la candeur , le calme de la franchise , et ne cessa de répéter toute sa vie ce que monrieur et madame de Lucivâl lui dirent alors en la pressant dans leurs bras : tf Le mensonge est un supplice continuel et la laideur de l'ame. »
LA PITCB MPÙBm
Si, panni les bknfaîU qu'on répa&d^ il «h est qui ne produisent que Tingratitude et Fou^ bli , souyent il s'en trouve aussi qui procurent de douces jouissances , et font naître pour ja* mais le souvenir le plus reconnaissant.^^
Euphrosine, fille de M. de Murval, riche négociant, prenait le frais, un soir de l'été , à l'une 4es croisées de l'hôtel de son père , avec plusieurs jeunes demoiselles de son Âge. Pendant que de nombreuses parties de jeu se fiûsaient dans le salon, elles s'amusaient à regarder ensemble deux petits Auvergnats qui exééutaient dans la rue une danse de leur pays , au son d'une musette dont les accens rauque^ et sauvages s'accordaient parfaitement avec les gambades grotesques et les cris perçans des deux montagnards.
St GORTM ▲ MA riLLI.
Euphrosine se pâmait de rire à la vue de toutes leurs contorsions , et s*en amusait avec ses jeunes amies, lorsque Fun d'eux se présenta sous le balcon^ tendant son chapeau , et demanda, selon Fusage , quelque assistance pour les pauvres petits Auvergnats.
Euphrosine , qui n'avait pas sur elle la moindre chose à leur donner , rentre aussitôt dans le salon , et démande à son père , occtipé en ce moment à une assez 'forte bouillotte , Quelques pièces de monnaie , pour assister , lui dit-elle , deux petits montagnards qui la divertissaient ' beaucoup. M. de Murval remit à sa fille quelques pièces, qu'elle enveloppa dans un morceau de papier, et qu'elle alla jeter précipitamment au petit danseur d'Auvergne, qui, toujours tendant son chapeau déchiré , dit aux jeunes personnes réunies sur le balcon : « Diou vous lou rende, mes balles Demouzalles!.... » En prononçant ces mots , il serra dans sa poche lé morceau de papier , avec tout ce qu*on leur avait jeté des croisées voisines ; et disparut avec son camarade , en jouant toujours de la musette^
LA PiftCB d'oB. .. 39
Le lendemain Euphrosine , en déjeànant avec son père , lui parlait de la danse comique des deux Auvergnats , et déplorait le sort de tous ces petits malheureux qui , dans un âge encore tendre , s^éloignent de leurs parens , se transportent à deux cents lieues du village qui les vit naître, pour se livrer dans la capitale aux travaux les plus rudes , y supporter , presque nus , la rigueur des saisons , et une misère d'autant plus pénible , que sans cesse ils sont témoins oculaires du fj^te et des délices de Topulence.
M. de Murval profitait des justes observations de sa fille pour lui. faire sentir combien on doit se trouver heureux de jouir des faveurs, de la fortune , des avantages d'une éducation; soignée , et lui faisait en ;méme temps avouer qu'on est coupable envers la société ,. et indigne des bienfaits que la Providence nous accorde , lorsqu'on refuse d'assister les infortunés qu'elle prive de ses dons.
Conune la conversation entre le père et la fille s'animait sur cette , intéressante matière , un domestique vint annoncer que deux petits
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AnyergBato demanéaient à parier à Mademoiselle. <t Serait-ce par hasard eeux qui m'<Mit tant amusée hier soir? dit Euphrosine; que peuvent-ils me vouloir? — Faites-le9 entrer , dit M. de Murval. )> Aussit^ le domestique introduisit les deux petits montagnards , qui , timides et craignant de laisser sur le parquet la trace de leurs pas, avaient laissé leurs souliers ferrés dans Tanti-ehamhre , et s'avançaient nu-pieds. « Ce sont eux-mêmes! s*écria £aphrosine en les apercevant. — Que désirezvous ? leur dit alors M. de Murval. h Les deux petits Auvergnats furent d'abord quelque temps sans répondre, se regardant l'un Tao^ tre , et s'exeitant du geste à qui porterait la parole. Enfin le plus grand , reeoquillant soo chapeau et tirant de son sein im petit sac de cuir tout crasseux, lui dit s « Excusa, moa hon Ifonsiou , si j'osions parait' comme cha en voust prégenche ; ma dans lou petit paquet de sous dont Mademouzalle nous assista hier ta» eheoir, j'avions trouva ceste piaee d'or, qn'on n'avait hen ehertainement pas l'int^ehîen de nous donna , fft j'nous tmprècbevs de la U
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rapmirtâ ; la voici » En achevant cea
mou, il remit humblement sur le bord de la table un louis d'or, déjà tout imprégné de la crasse noirâtre de ses mains. <t Mais qui a pu vous faire croire, leur dît Euphrosine, que c'est plutôt moi qui vous ai jeté cette pièce d'oT; que les autres personnes du voisinage qui vous ont fait également assistance ? — Oh ! que chi fait, ma balle Demouzalle, répondit le plus jeune , qui n'avait pas encore osé parler ; j'ons ben reconnu lou petit paquet qu'eus avez jeta dans mon cbapieau. — Et pouis , ajouta l'atné , j'ou venions de che pas de plousieurs maisons de vostre rue : la piace est à vou$ ; rien n'est plou chertain. Reprenez-la , je vous en prie. — Je vois, dit M. de Murval, que ce sera moi qui , par œégarde , en remet, tant pour vous à ma fille quelques pièces de monnaie. ... Oui, je reprends ce louis; mais c'est pour récompenser votre bonne foi , pour encourager votre probité.... Tiens , dit- il à l'atné en le lui remettant , je te le donne de bon cœur , et je désire qu'il te proâte. — Ou voulais nous plaisanta , repartit le petit Au-
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yergnat , ma ne vous y fiais pas ; si vous continua, maugré lou respect qu'où vous portons , je pourrions nous fâcha. — Je ne plaisante pas du tout, reprit M. de Murval : garde cette pièce d'or. — Et moi , ajouta vivement Euphrosine , pour vous prouver combien j'aime à récompenser , à encourager le» bonnes qualités ; je double la somme , et je veux que vous ayez chacun votre petit trésor » A ces motS; elle fut chercher un
louis dans une pièce voisine , et le remit au plus jeune , qui , regardant son frère , se jeta avec lui aux pieds de M. de Murval et de sa fille; et tous les deux firent, dans leur patois, une prière pour la conservation de leurs chers bienfaiteurs, u Mais c'est à condition , dit Euphrosine qui partageait leur ivresse , qu'ils nous chanteront encore une chansonnette et qu'ils exécuteront une danse de leur pays. — Oh! qu'à chela ne quienne , s'écria l'alné; n et à l'instant les voilà grimaçant, gambadant, gesticulant, qui se livrent à toutes leurs folies, et font pâmer de. rire M. de Murval et sa ûHe^ ainsi que tous les gens de l'hdtel, accourus
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au ^n de la- musette d'Aoyergne. Leur jeu fini , M. de Murval donna ordre qu'on les fit amplement déjeûner; et Euphrosine leur dit, «n les quittant , qu'elle désirait que leurs deux louis leur profitassent. Elle leur recommanda que, lorsqu'ils passeraient devant ThAtel, ils n'oubliassent pas d'entrer , et que toujours ils y trouveraient à déjeûner. Les deux petits Auvergnats se retirèrent plus contens , plus émus que jamais, et répétèrent à l'office , oiî on les régala bien , toutes les folies qu'ite avaient Csiites devant monsieur et mademoiselle de Murval.
Plusieurs jours , plusieurs mois se passèrent sans qu'on entendit parler d'eux. M. de Murval et sa fille ne surent à quoi attribuer cette disparition. « Peut-^étre , disait Euphrosine, ont*ils mangé leurs deux louis , et ils n'osent pas se montrer devant nous. — Non , non , réptiqua M. de Murval, les Auvergnats sont trop économes : ils ne dissipent pas aussi facilement ' l'argent qu'ils amassent ; leur plus grand, bonheur est de l'emporter dans leur pays oiî il est très-rare; et là ils le remettent
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à leurs parens, ou Men ils en adièlent quelques luoroeaux de terre pour agrandir leur modique liéritage* » M. de Murral et sa fille •e trompaient égaleolemt sur l'empUM que les deux petits montagnards avaient fait de leut argent. Deux louis à-la-fois I jamais ils n'a* vaient possédé pareille somme ; aussi ay<â(-eUe excité toute leur ambition. De simples petits danseurs de musette qu'ils étaient, ils se firent tout «à -coup marchands d'aiguiUès ^ qu'ils allaient eux-mêmes chercher dans les manufactures , et qu'ils revendaient ensuite de village en village. Leur petit commerce s'accrut au point qu'ils y ajoutèrent, au bout de quelque temps, celui de petites dentelles d'Alençon , de mouchoirs et de cotonnades de Rouen ; et , comme nos deux petits commer^ans grandissaient à mesure qu'ils augmentaient leur négoce ; on les vit , au bout de deux ans, portant chacun sur son dos un ballot de marchandises , commençant à suivre les foires et à vendre dims les petites villes. Peu-à-peu ils se firent connaître et remarquer par leur gentillesse f et surtout par leur probité. On ne par-
un fêÊiimA Hm de Jaeq^e» et GiiiUatiaie , o'éat aîii9iqu'ibseDOmiBneDt.]>aiistoli8 leehemeauJi} 9Ut les routes» dans les auberges» ik s'élàiettt &it une répulalion qui ne coDtribnait pas peu à Itiur prospérité. Enfia^ parrenns à Tâge dâ diiL-^èept ans » ik.se trouvèrent » en passant dans leur pays^ eti. état d'aobatel* un bea» mulet d'AuYei^gne , iur lequel ib dâpoeèrent leurs ballots de marehaàdisès ; ef voilà tfos deux jeunes et vigoureux Inontagnaf da parcourant à pied tonte la France, étendant kur commerce, et se faisant e$\imer et chérir partout où ik se préeentaieùt.
Plusieurs années S'étaient écoulées sans qu'ik euaaent reparu dans Paris* M« de Murval avait marié sa fille à un riche propriétaire qui po»' sédaîiune terre considérable est Normandie « près ds Fakise. Cétait an mois de septembre), à l'éfloque où se tieilt dans ce pays la fameuse foire de Guibrai , à laquelle se rendent les négo«eians de tous les points de la France , et même d'une partie de l'Europe. Jacques et Guilkume, qui depuis quelque temps avaient entrepns k commerce de soieries de Lyon ^ vinrent s'éla^
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blilr à c«tte foire , où ils étalèrent les étoffes les plus riches , les rubans les plus nouveaux. M. de Murral était venu avec toute sa famille visiter la foire de Guibrai. Il s'arrêta avec sa fille et son gendre devant la boutique de Jacques et Guillaume , qui , à son aspect , émus et surpris, se dirent tout bas l'un à l'autre :
« C'est lui! c'est elle ! » Le hasard voulut
que la fille de M. de Mnrval achetât pour deux louis de rubans : elle les tira de sa bourse et les offrit aux deux, marchands qui lui avaient déplié leurs étoffes , leurs rubans , avec des égards et une complaisance tout-à-fait .remarquables ; mais l'un d'eux lui dit avec expression et les yeux fixés sur elle : u Madame , nous sommes payés. — Que voulez-vous dire? répondit Euphrosine : serait-ce mon père' qui , d'avance et sans que je m'en fusse aperçue ?• ...
— Moi ! dit M. de Murval , je n'ai pas donné une obole , et ne sais ce que tout cela signifie ,
— Mon frère a raison , reprit l'autre marchand avec la même émotion : oui , Monsieur , nous sommes payés ; et vous prendriez toute notre boutique et tous nos magasins , : que nous se-
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rion9 encore vos débiteurs. » Ces paroles ne ûrent qu'augmenter l'étoânement de ht famille de Muryal, qui ne savait à quoi attribuer cette étrange aventure , lorsque tout-à-coup Jacques et Guillaume , sortant de leur boutique et tombant aux pieds de M. de Murval; s'écrièrent, en reprenant Taccent de leur pays: u Ou ne recounaichez donc pas les doux pauvres petits Ouvergnats qu'où z'àvais acbista si générousement?^ — Quoi! ce serait là mes bons petits montagnards? dit Euphrosine , en partageant la surprise et la joie de son père : comme ils ont grandi! on lit sur leurs figures le bonheur et la probité. Quel ton d'aisance , et comme leur langage est changé! — ^Oh! reprit Jacques , c'est qu'à force de courir le monde on en prend les manières ; et nous nous sommes un peu formés pendant les dix années que nous avons voyagé en France. — Yftus souvenezvous. Madame, dit Guillaume à Euphrosine, qu'en me donnant ^ un louis , ainsi qu'à mon frère ^ vous me dites avec la plus touchante bonté : Je désire qu'il te profUe, .... ? Eh bien ! Madame , votre bienfait a prospéré au*delà de
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VOS désira : tout nous a réussi; nous sonunes parvenus à devenir ce que nous sommes. Cette riche boutique n'est qu'une faible partie de oe que nous possédons ; notre crédit est immense , notre commerce s'étend dans toute la France» Demandez, informec-vous à tous les plus riches négocians réunis à Guibrai, ils tous diront si Fon fait cas de Jacques et de Guillaume, — Venez, ajouta Jacques, oh! venez dans notre boutique; c'est votre ouvrage, c'est votre bien. £n nous donnant les deux louis, source de notre fortune , vous nous fîtes fiadre le meilleur déjeuner que nous eussions fût jusqu'alors; acceptez à diner dans notre magasin, nous vous racoikteroos tout ce que nous avons fait pour arriver où nous sommes, et nous répéterons à Madame la danse et les chansons de notre pays qui la faisaient rire de ^ bon cceur. — Oui, nous acceptons , dit Euphrosine avec émotion : jamais je n'attrai fait de repas aussi délicieux. Oh ! que je m'applaadis d'avoir encouragé tant d'excellentes quali'^ téS) et qu'il m'est doux de retrouver ainsi mes deux cbers petits Auvergnats !..<.4« » A