‹ Contes à ma filleChapitre 33 sur 43 · I.B PISI6NE PARLANT · texte numérisé non relu

I.B PISI6NE PARLANT

Mabaxb Saint-Marcel , épouse d*uB de» plus célèbres chirurgiens des armées françaises , éloignée de son mari depuis plusieurs années , se livrait entièrement à Téducation de Caroline , sa ûUe unique ; sur laquelle la nature sewblait avoir pris plaisir à rassembler tous ses dons. Figure charmante , grâce sans afféterie , esprit enjoué , cceur excellent , franchise, finesse , gaieté, tout était réuni dans cette jeune personne, que la haute réputation de son père et une fortune assez considérable faisaient rechercher dans les meilleures sociétés de Paris. Caroline joignait à tous ces avantages de l'instruction sans pédanterie , et plusieurs talens d'agrément qu'elle avait portés au plus haut degré de perfection.

5t CONTBS A lA tILLB.

On 86 figure aisément combien cette jeune demoiselle devait être chère à madame Saint- Marcel , et quel était le plaisir de cette tendre mère lorsqu'elle recueillait , pour prix de ses soins , les félicitations de tous ceux qui se rencontraient avec sa fille.

Cependant un défaut assez dangereux s'était glissé , sans qu'elle s'en fût aperçue , à travers les aimables qualités de sa chère Caroline. Ce défaut , trop commun chez les jeunes personnes qui parviennent à l'adolescence , était la manie de tout ridiculiser , sans égard , sans distinction; de rire des choses les plus simples , en un mot de se moquer de tout le monde. Caroline seMivrait avec d'autant plus de sécu^^ rite à ce défaut , qu'aimable , spirituelle et jo* lie, elle ne craignait pas qu'on usât envers elle de représailles. ' Aussi rien n'échappait à la pénétration de son regard , à la volubilité de son caquet et de ses mordantes railleries. Allait-elle à la promenade , chaque individu était par elle examiné , contrôlé , dépecé de la tète aux pieds; se trouvait-elle au spectacle, c'était une critique continuelle de la toilette de

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madame une telle , des diamans de celle-ci , de la taille de celle-là, du maintien de Tune» de la Toix et du geste de Fautre ; entrait-elle dans un cercle , son œil avide et malin choisissait aussitôt ses victimes : à peine était-elle assise 9 que , s'entretenant de ceux qu'elle regardait avec ironie , elle se livrait à des éclats de rire et à des chuchoteries qui mettaient au supplice les personnes qui en étaient l'objet.

Les unes , par égard pour la société où elles se trouvaient , et par cet intérêt si puissant qu'inspirent la jeunesse et la beauté, souffraient en silence les railleries amères de Caroline; d'autres , moins patientes ou plus sensibles , ne pouvaient consentir à devenir le jouet d'une jeune étourdie , et murmuraient tout haut de ce ton satirique et malin, qui faisait un contraste si frappant avec la dignité de son maintien et les charmes de sa figure.

Ce qui surtout enhardissait Caroline , et lui donnait l'habitude de ce défaut si nuisible, c'étaient les bravo, les ris approbateurs qu'excitaient ses sarcasmes que sottement on qualifiait de bons mots. Le plaisir de voir se former

•4» eamm a lub riLift^

autour d'cUe un cercle «k jeaaes étourneaux, celui de les entendra recueillir tout le fiel qi» e^ruût de sa jc^ie bei^he y le répéter eoinmfii une dioee e^niâ^ y phûrmante , céleste « et se propeser de le réf andre daii$ Paris ; tout oela aTait iosenribleiaeiit sAMté Vaiittâble candeur de Caroline^ tout cela eût g^té p^ur janms ton caractère et corrompu $oit cœur^ si plusieufs ayentures asdez remarquables n'eussent instruit inadame Saint-Marcel de Tégarement faneate auquel ^'abandonnait sa fille*

Un iour elle asriHaii ayee sa mère à Un concerts d'A<HDinés^ ou se trouvaient réunis les artiétes et lee amateur» les plus distingués de k capitale. Un Yiolesi célèbre eisécutait un eonc œrto de sa composiiioii ; au moment de Vod^ fia le plussaratit et le plus expressif ^ un atlenee absolu régn»t dans toute la salle ^ cbaque auditeur retenait pour ainsi dire sa respiration , lorsque tout- à -coup Catotine^ placée sur le devant d'une tribune y et sie moqutinl» de touteâ les personnes qui se trouvaient en face d'elle , laisse échapper un grand éclat de rire, qui trouUe l'artiste au point qu'il t'arrêta et de-

lA PfilGRE PARIANT. CI

meure stupéfait. Toute l'assemblée, transportée d'incUgnation, porte ses regards sur. Caroline, et ces mots répétés : u A la porte l'insolente !....*...)) se font entendre de toutes parts. Madame Saint-Marcel, se levant, pour ne pas causer un plus grand scandale , emmène sa fiUe au milieu des huées de tout l'auditoire < et à la satisfaction des vrais amis des arts , qui cherchèrent à réparer^ par mille applaudiasemens , l'outrage sensible et inattendu que venait de recevoir le virtuose , qu'on suf^lia de recommencer le morceau.

On voulut savoir quelle était Ujeuiie impertinente qur avait osé troubler à ce point une réunion si respectable. On sut bientôt son nom, sa demeure; et dès le lendenmin elle reçut une lettre du directeur de ce coticert, le plus recherché de tout Paris , dans laquelle il lui annonçait que, l'indigi^ation qu'elle aivait causée ne lui permettant plus de reparaître dans une assemblée l'élite des talens, il Itti renvoyait son abonnement , pour ne pas l'exposer à être de nouveau chassée avep ignominie. Le directeur terminait sa lettre en la plal-

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gnaat de la réputation qu'elle se faisait dans le monde, et en lui conseillant d*ayoîr à l'avenir plus de respect pour les arts.

La peine qu'éprouva Caroline fut inexprimable. Elle comptait faire briller ses talens dans ce concert si renommé. Déjà même elle s'était exercée sur un concerto de SteiheU^ qui devait produire la plus vive sensation. Elle voulut répondre au directeur , s'excuser de son imprudence ; mais sa mère lui dit que sa faute était irréparable , et qu'il fallait en supporter le châtiment. La fierté de Caroline fut si fortement humiliée , le goât qu'elle avait pour la belle musique, et son talent reconnu, lui causèrent tant de regrets de ne pouvoir plus assister à cette brillante réunion , que des larmes de dépit s'échappèrent de ses yeux. Madame Saint-Marcel , ravie au fond de l'ame de la forte leçon qu'avait reçue sa fille, résista à toutes les sollicitations que lui fît cette dernière, d'écrire une lettre d'excuses au directeur du concert , ainsi qu'à tous les artistes célèbres qui le composaient, espérant que cette privation' corrigerait sa fille du penchant funeste

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qu'elle avait à la satire , et surtout de la ma* nie insupportable de rire aux éclats des personnes même les plus respectables.

Caroline fut , en effet , quelque temps assez réservée ;. mais bientôt, cédant de nouveau à la force de Thabitude , elle se livra plus que jamais à toutes ses piquantes railleries , à ses ris immodérés, et parvint à se faire remarquer et redouter dans toutes les sociétés oii elle était reçue.

Une belle soirée d'un dimanche d'été , qu'elle était au jardin des Tuileries avec plusieurs jeunes personnes de sa connaissance , elle critiquait , contrôlait , disséquait chaque . passant d'un ton qui faisait pâmer de rire ceux qui l'entouraient. Madame Saint-Marcel seule souffrait en silence, et cherchait à modérer l'imprudente gaieté de sa fille. Caroline paraissait diriger principalement ses traits mordans sur. une jeune personne assise vis-à-'Vis d'elle, et n'ayant pour escorte qu'un vieillard décoré, que tout annonçait être le père ou le parent de la jeune inconnue.

Caroline, redoublant de sarcasmes et de

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plaisanteries, attirait sur elle tous les regards, et les Msait reporter ensuite sur la jeune personne , qui rougissait et paraissait éprouver une grande souffrance , quand tout-à-coup le yieillard qui l'accompagnait s'avance avec elle vers Caroline, e^, la lui présentant, lui dit avec la plus douce et la plus imposante dignité : » Déplaire à une aussi belle personne que vous , Mademoiselle, est un supplice au-dessus des forces de ma fille. Veuillez donc , par charité , lui désigner les ridicules que vous remarquez en elle , aÛQ qu'elle puisse s'en corriger, et atteindre, s'il est possible, à la perfection que chacun se platt à remarquer en vous. »

Le ton imposant du vieillard et un sourire sardonique dont il accompagna ces paroles, prouvèrent qu'il n'avait d'autre but que de venger sa fille , et de donner à la jeune étourdie la leçon qu'elle méritait.

Caroline , interdite et etaibarrassée , ne sot que lui répondre: les jeunes personnes qui l- entouraient , et qui riaient de ses lazzis , se regardaient également en silence. Madame âaînt-Maroel , ravie de Tapostrophe du vieil-

hri^et'pÊffÊUBk, à la dignité ie |ton attitiul» «t fto ehohtf de âM etprcéaions , <]^ c'était nv boniMr de dis1èi«lik>n, lot répondit M ces te»- ■»• ft « J» ne Mât, Moilsi«iir , si ita fifle périt vénSHf^pitr 4ll•^lle ridicule im$ Mademoî^ selle; qiiaiil ht mei^ je tous rttBértie do se»^ ▼ke ioii^ortaQt <pie tous me rendtiz cir é^ i ■Étal i et, SA î'eras m ¥»» à litare, eir i que me^le rctseaiU&t à br vMro*^4«w vf UineeHa»^ désarmé pet cette répease^ ae eeoténtaf de lépliyaer : <r Fa«t-il qn^airee «ne figttre^ si ffavîaaante , avec ime (prèbe û pavAdte^ en se liMSe»»emmrquer^ pse'tiat d-iacttny olmmirl Fuis* «ÉBt hUr téerlBttneqiie depuis oée ^1^ Modefait mé3a»9 à m» ait «§> pe^ f étoi** «M* aHe.^» EneÉîle^ sTedreésaatà ■ladame Saiut*'MaM«i , it ajemtp <i Earvoyaat Meé—ninelle auprès» de ^ém i Macbm» , eu vous félicite d'a&ordL...**ir l|aii^ biëutét on vent plaint d'éttfe an mère, w SaiaBofaetaitéér alole, le wiUavd ae tetinr, atv fiiisanl' à Saint-Marcel le salut le plus respeetneuu « et ^ sue GaroBne un r«|^ depilséu CMhe nauvette daènnr eetablk neine jeu ro» II. 7

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satirique de réinorcis et de confaribn. L'ex* pression qu'avait mise rhonorable ioeonnu dans ses dernières paroles, les larmes qui s'é* chappaient des yeux de sa fille , aussi jolie que modeste , ayaiént attiré les regards , excité la curiosité de toutes les personnes qui les environnaient. Cliacun approuvait tout haut la remontrance de l'inconnu , consolait sa fille de Foutrage qu'elle avait reçu et murmurait contre la jeune impertinente , dont les ris immodérés et le caquet malin scandalisaient autant qu'ils surprenaient dans une jeune personne qui pak*aissait entrer à peine dans son adolescence. L'improbation publique fut si générale et si forte , que madame Saint-Marcel , craignant d'exciter du trouble, et voulant profiter de cette occasion pour faire sentir à sa fille tout le danger de sa funeste habitude , sortit brusquement avec elle du jardin des Tuileries , se promettant bien de ne jamais l'y reconduire , et de «ne plus s'exposer à s'en voir chassée aussi igndminieusement.

Cette aventure fit la plus forte impression «ur Caroline. Un morne silence et une sombre

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rêverie succédèrent aux saîtiies brîUantes , aux jnoU caustiques et malins qui abondlBiient 6rdi* nairement sur ses lèyres. Elle sentit, pour la première fais, combien il est dangereux de se moquer des autres , et que l'amour -propre offensé ne pardonne jamais. Madame Saint- Mareel s'aperçut avec joie que sa fîlle commençait à Élire un retour sérieux sur ellemême; mais, bien convaincue qu'elle avait encore besoin d'une forte secousse pour être entièrement guérie , elle profita d'une occasion favorable qui se présenta pour exécuter le plan qu'elle avait formé»

M. Saint 'Marcel était depuis- plusieurs mois à Vienne en Autriche. Il avait sauvé la vie à une archiduchesse qui était tombée de cheval dans une chasse, et s'était fait à la tête une blessure profonde. Ce chirurgien célèbre, présent à cette chasse avec l'ambassadeur de France , avait eu le bonheur de relever la jeune archiduchesse, et de donner une nouvelle preuve de «es rares talens , en lui évitant la douloureuse opération du trépan, à laquelle elle semblait être condamnée. Au moment où

cette «Mli4iMrtM#0 ét»il; toniMs^ m P«S^* 4'<V,gprQi ifo dfauBaoti/s'étoitdéMdiéde ses Jo^gf <cl)e^e«iK Mouds ^ i»t trait été Tuntsé pur M# Si4ilMiliirQ6l, qui vdiifari; le lai nnettre^ «I fi«inée^Ui • Ivi dît Fiircliîdttdiein , c^^W€ lin S9e^ à^ mu re^0»ii»i9caooe , H p^naettev* moi d'y joiodve h piHiaFe i UqnwUe ee peigne appartient. En offraol de «a p«rl ces diainiins jt n^adame votre épouse , dent vous faites si #ouyep»|t l'éloge, dites-lui bien, Mansieiir, dm m las porter jlHilâs sfUis songer ft oelle que vouvs ^ez si l^abij^ineiit soaawue , let qui Tuma doit la vie. »

M* Smat-Nareel «^étuit empressé d'envoyer ik sa f<wi9^ eetsç rio^e pQinirey qnleonsisCak e^ bouclas d'oveilles» un oelUar et le jpeigne en question* Madaïae Saîot-Maroel, qui portait deppis loi|g4eiiips ses cheveux à la Tiiu$, garda pour elle las anoeauat et le collier, ea oflBrit le peigne \ Caroline , eki lui disant acvec intention : « Queiqiie ce cadeau soit bien andessus de votre ège» j'espère que vous roua en parerez souvent, «t que voua me precure^ rez le pl^uisir de l'etla^r moMitee aux hm^

giiff tvfMOt de voi cbweux, dont yous savex que j> a*ai jiudam confié le «oin 2i d'autre qu'à mai. »

Caroline I endiantée de petaéder un bijou ci pr^ieuz et $i brUlaat, ne manquait pas de 8*ea parer lorsqu'elle sortait ayec sa mère. Ce qui surtout fluttait sou amour^propre , c'était de voir chaque personne porter les yeux sur ce riche peigne , en admirer l'éclat et rélégance. Madame Saint-Marcel, qui toujours ayait en tête de donner )^ sa fille une dernière leçon que tout rendait indispensable 1 lui proposa un jour d'aller k l'Opéra, voir nn nouveau ballet di^ Gurdel^ qui attirait tout Paris : <( i'espére , lui dit-elle • que vous y conserverez la décence et le maintien qui conviennent à votre sexe, et que vous ne m'exposerez pas aux humiliations que d^à tant de fois voue m'avez fait suppoN ter«— - Ohl maman, reprit Caroline, j'en ai trop aouffert moi-même , pour que je hasarde 1# moindre mot qui puisse blesser personne 1 l'aventure du concert et le vieiUard des Tuile** ries ne sortiront jamais de mon sovvaiir. Je ne puis T#ua dissimuler cependant que rhahltude

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de critiquer tout ce qui s'offre à ma vue, n'est pas encore* entièrement détruite,, et que souvent je retiens mille plaisanteries prêtes à s'échapper malgré moi ; mais j'espère que le temps , vos leçons , et la ferme résolution que j'ai prise » détruiront entièrement cette cruelle manie , qui , je le sens bien , finirait par me rendre odieuse à tout le monde et indigne du titre de votre fille. »

Madame Saint-Marcel ne répondit à cet épanchement de Caroline qu'en la pressant sur son sein et en la couvrant de mille baisers. Elle se mit ensuite à tresser ^elle-même ses beaux cheveux ; mais , au lieu du riche peigne qu'avait envoyé son époux, elle en substitua un autre à-peu-près semblable , qu'elle attacha sur la tête de sa fille. A la place des diamans du premier on lisait sur le haut du second ces deux mots, également en diamans, et trèsdistinctement tracés sur un fond d'écaillé noire : Méchante langue. Quelques instans après, elles montèrent en voiture, se rendirent à l'Opéra, et s'y placèrent au milieu de l'orchestre. A peine Caroline y fut-elle assise ,

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qu'elle remarqua plusieurs personnes qui por- , taient les yeux sur. elle. Elle crut d^abord que c'était Teffet ordinaire de la richesse et de Téclat de son peigne; mais bient6t elle entend répéter çà et là : Méchante langue. Elle regarde de tous côtés, ne pouvant s'imaginer encore que c'est d'elle-même que l'on parle : plus elle tourne la tête , plus elle entend répéter de toutes parts ce qui avait frappé son oreille. Elle ne doute pas alors qu'elle né soit l'objet de la irisée publique : elle rougit ; deé larmes roulent dans ses yeux , et , ne pouvant plus tenir en place, elle propose à sa mère d'aller se mettre dans une loge , prétextant qu'elles étaient mal à l'orcbestre , et qu'elles y verraient beaucoup mieux. Elles sortent toutes les deux. Caroline donnait le bras à sa mère , et cherchait une loge. En traversant les corridors , elle eut la douleur d'entendre plusieurs jeunes gens, de la tournure la plus élégante , répéter , en la regardant , la fatale inscription qu'ils lisaient sur sa tète. Elle traverse le foyer, même supplice ; enfin elle se 6auve dans une loge, où , se croyant à Tabri de tant d'humi-^

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Uatioq», et $e trouynnt s^ute «v^ «i m^^ , elle «e lirirq à topt ««m déie^paif. « U faut d<n96« ^'^rie-l-eUe en fondai en lanae$, qpie jeiii« foia attiré la haioe et le mépris de tout 1« monde ! Ofa ! que je me repeua de mes «prudentes railleries; et que j'en auia punie omel-lefneotl 9

Mada^QUe Saint*Marcel , tout en lui prodiguant le« aoina et l^ coosolatiana d'une tendre in^re , jeiûsaait en aeere^ du auccès de aoia en^prise« Çomipe ellee (UMerUdeiit tontes lea deui^ aur las fu^eOea e£fota de la aature , et $iir tes cliagrio» îuéritablea qu'elle donne è eem qui l'exerçât , une daigne , dont les dehors ai^ieniSaieut Vo|puleiiee et le «eilleur ton , vWia se placer dans la même loge avee demi jeunee perapyanes, dont la décenoe et les maniérée prouyai^t une éducatieu soigna, Q«reUoe, pour la prea^ji^re fois de sa vie « ne trouva rîen à eritÂquer dans ce§ trois dames. La mère Lui parut aussi tendre» aussi spiritueUe , que sea dem; filles semblaient, amables et medertas. P^ la satirique ine3(oral>)e ^prourait qu'il eat bien plua ûpm de bnier qpfte de bUm^r ^ d^

eU0 firisait à mftdtaitf SaîoIrHarcel féloge dea trns ûtooowes ; déjà nème elle exprioiMt le désv d'^axajxter tcree elles h coarersation i lorsqu'elle entendit Fainée des deux soeurs ré<) péter tout bas à la cadetle , «n lui poussant le hsFBâ 9 «as paiolés d^ tant de fok répétées s. MMni^e hngue! Caroliiiéy foudroyée par ce daroîer eeup , auquel «Ue étaîA loia de s'attsn* drs, âtnepourant plus rester dans la loge, où •lie suffoquait db boute et da^ douleur , sortît a^ee sa uière , sans oser lerer les yeux sur les deux jeunes personnes, qm, la regardant do nouveau comme elle sortait , firent lire Tinscription à leur mère, qui répétaà son tour les deux mots déchirans que Caroline ontendait do tons oteés.

« /e Toîs bien, dit-ello à madame Saint- Morcel, que j*ai perdu tout-à*£ut l'estime publique , et que chacun me montre au doigt. Retirona-nous , maman ; sauvons-nons de c« supplice insupportable. Oh. ! que les nots qui sont sortis do la bouche do ces deux obarmaotca personnes m'ont ûdt de mal I C'en est fiûi, jo no raparaia plus dons la moindro réu-

74 cotm» A ■▲ riLti.

mon; je fois le monde pour jamais. Venes ^ maman ; gagnons vite une voiture ; je brûle d'être rendue chez nous.... J*étouffe...« Je suis au supplice ! }i

Madame Saint-Marcel, soutenant Caroline, accablée par la contrainte qu'elle éprouvait et par les sanglots qu'elle s'efforçait de retenir, descendit le grand escalier de l'Opéra , prétexta aux personnes qui les entouraient une indisposition subite de sa fille, fit avancer une voiture; et , au moment oii elles y montèrent, Caroline entendit encore répéter derrière elle : Méchante langue I

Pendant le chemin son désespoir fot au comble. Elle ne cessait d'implorer le pardon , la clémence de sa mère, d'avouer qu'elle élût indigne de ses soins , de sa tendresse ; puis , se jetant d'ans son sein, elle laissait échapper un torrent de larmes. Madame Saint-Marcel fot au moment d'avouer à sa fille le stratagème qu'elle avait employé ; mais , craignant d'en détruire l'effet salutaire , elle feignit d'approuver sa résolution ; et , profitant alors du moment ovi les beaux cheveux de Carc^ine

Ll niGNE FARtAlIT. 75

étaient en désordre par Fagitation extrême où elle était, elle reprit le peigne parlant^ et jf substitua avec adresse celui qu'avait envoyé M. Saint-Marcel , et qu'elle n'avait cessé de tenir caché dans son mouchoir. Par ce moyen , la jeune satirique , en détachant le soir le riche peigne qui lui était si cher, fut loin de soupçonner tout l'effet qu'avait produit l'autre. Fidèle à la résolution qu'elle avait prise , elle fîit l(»ig-temps sans paraître dans aucun cercle , ne s'occupa qu'à réprimer ses habitudes , à réformer son caractère; en un mot, elle devint aussi douce , aussi indulgente qu'elle avait été jusqu'alors satirique et redoutable. Ce ne fut qu'au bout d'un an que madame Saint-Marcel, certaine autant que ravie du retour que Caroline avait fait sur elle-même , lui montra l'heureux instrument d'un changement tant désiré , et lui avoua tous les chagrins qu'elle avait eu le courage de lui faire supporter et d'endurer elle-même , pour rompre et détruire à jamais un penchant funeste , qui ei!it fait le malheur de sa vie.

Caroline , loin de reprocher à sa mère les

7« C0imâ A «A ttUtr '

bnmiKsti^BS que lui avait attiféea le fôigme parhn^^ pfQmit 4e k cotf^eTfét umjmxm , «l'engagea mèiii^ h h renMtftrc» $«r §bl €êUy As qu'il )iir éeiiapptrait la nmodiv aaéeiiitti^té. Maïs ett eiigagefiienC fut hwitfte : Catolina, cpii depnia ma an a^ftjpàté lea clianiMiada la doacear et de la talérance^ ad cofiCTMti la précieuse liabtCttde. £lk repaivt awç la êtèm du monda , pfoa spcritseUe ^ pKcv aiaaaâ>lir qae jamaia. À» Iksu d'entendre répéter dam^M elle la devise crtaéte du feifMfmtmn$j eUt recueillait parCaut le$ félkitationa tai phia iattense»; et aevi qu^dk parût dans d« nMk* breiwas réonkKia^ M>il quVHe lÉl aiix tf|)acU* clea, aux eeDcerts., eu ètÊts les prattiesadea publiques , #a ne la* dés^nait plus que eewle titre de JMieêi Bimnê.'

Là Sonate.

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