‹ Contes à ma filleChapitre 39 sur 43 · I.I8 MXEVBS DB LAIT. »t · texte numérisé non relu

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nn tableau tout entier que tous me demandez là, et je crains bien qu*il ne soit au-dessus de mes forces. — Oh ! qu' non , reprit l'agricul» leur ; j'ons dans l'idée qu* vous pourrez Y faire mieux qu' personne ; pour vous i' prouver , j'aUons vous compter vingt-cînq louis d'avance ; et quand ça sera fini , si ça vaut mieux, vous n'aurez qu'à parler. » A ces mots , il se pose sur une chaise , et veut ab8<4unient que Léonore se mette à l'ouvrage à l'instant même. Celle-ci , riant malgré elle ,. et surprise de la franche générosité de l'inconnu, refusa les vingt-cinq louis, qu'elle dit être fort au -dessus de ce que vaudrait son ouvrage , et elle ajouta : « Quand j'aurai fini , vous me paierez ce qui me reviendra ; mais je ne puis commencer sur->le-champ : il faut avoir une toile analogue, préparer des couleurs. — Oh ben ! reprit en se levant brusquement l'inconnu , pendant qu' vous allez disposer* tout ça , j'allons au d' vant d' ma femme et d'sa mère, qu' j'ons envoyé cherchera not' auberge, et vous verrez qu'elles méritent ben l'honneur de la portraiture. » Il sort aussitôt , laissant sur une

loa comcs ▲ ■▲ nus.

table le* vingt-cinq louis, et Léenore, encore tout interdite de cette singulière aventure. Cependant elle prépare une toile et sa palette, se promettant bien de faire un tableau qui lui ferait bonneur, et qu'eUe appellerait lebanheur des champs,,,, k. peine avait-elle acbevé toutes ses dispositions , qu'elle entendit plusieurs personnes monter dans Tescalier, et retentir une voix qui la fit tressaillir, et qu'elle crut être celle de sa nourrice. C'était elle-même en e£Pét, qui, accompagnée de sa fille, venait avec son gendre , qu'elle avait envoyé d'avance jpréparer Léonore à cette touchante entrevue. La bonne marchande de la Halle les accompar gnait. Au moment oii Suzanne entre dans la chambre de la jeune artiste, cette dernière jette un cri perçant , s'élance dans ses bras , et la couvre de baisers et de larmes. Suzette, qu'elle n'avait pas vue depuis sept ans , et qui était devenue l'une de% plus belles femmes du pays de Caux , soutenait Léonore , éperdue et chancelante ; ces trois têtes , réunies ensemble, se prodiguant mille caresses sans pouvoir proférer une parole, et confondant leur joie, leyrs

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