UN SOIR DE FETE
Sur trop de peuple (''pars en fêle et en promenade par les rues e1 1rs pla< es de l'immense ville pavoisée le crépuscule d'été se lit nuit qui alluma le signal de joie de ses étoiles.
En réponse à la venu" des feux célestes, huiles et gaz flambèrent : quinquets, lampadaires et lanternes ! Nue ou en un abri de verre et de papier, la flamme, en chaque lieu provi quée à jaillir par des milliers de mains, éclata son universelle expansion. Aux corniches des monuments des lignes d'éclairage se propagèrent, se joignirent, s'unifièrent; aux fenèlres des maisons et aux arbres des jardins des lanlernes balancèrent des halos colorés, et, çà el là, <]>•> foyers d'éblouissement électrique irradièrenl une clarté aiguë el inépuisable, à la croire génératrice de tout l'éclat
épandu et brûlant par la ville à des degrés de pureté diverse. Tout ce peuple, de jour b >\vmenl hilare et déambulant, semblait, avec la nuit, avoir recouvré un caractère oublié, redevenu l'Etre collectif, grave et religieux, à se trouver unanime partout à cette heure pour célébrer selon le rite l'antique culte du Feu dont chacun porte, en le mystère de ses yeux, une étincelle parcimonieuse ou éclatante mais véridique et provenue.
Par les rues, le nombre humain piétinait d'accord à converger vers un lieu de la ville dominé par l'isolement d'une Tour, écimée et solitaire.
Elle se dressait dans la nuit comme projetée vers le ciel par l'effort svelte et tendu de ses piliers de fer ramilles en une inextricable complication arborescente, greffée et rejaillie d'une nouvelle crue de métal jusqu'au sommet.
A une heure choisie, vers le ciel d'étoiles, l'immense Tour s'alluma de l'ardeur de bengale d'un brasier rouge et diffus, et sembla vaciller et mollir d'une fonte d'intense chaleur. Aux piliers ignés et en la membrure circula un sang de flamme et celte fusion jaillit tout à coup en gerbes, en soleils, on éclairs !
Puis, cette éruption tarie, directes, verticales, péremptoires, eu un sifflement d'eiïort et de désir, une à une, se surpassant, comme pour tenter de ranimer au contact astral le Jeu terrestre épuisé et avide d'un renouveau stellaire, s'évertuèrent les fusées ! Et l'une d'elles, on eût dit, touchant quelque but d'étoile, épanouit, triomphante et pulvérisée une chute de lumière d'un emprunt céleste.
Alors, des quatre angles de la Tour, ruisselèrent en mille éclats la profusion et la ferveur du feu nouveau, et, fixe, inouï, germe et prométhéen trophée d'astre de la clarté reconquise, subsista, décisif et supérieur à touteextinction.au sommet désert du phare immense, au-dessus des alexandries et i\<>* mers m (lianes, un électrique foyer pur, vigilant, oculaire et mystérieusement dilaté !