‹ Contes albanaisChapitre 21 sur 80 · COFFRE MERVEILLEUX · texte numérisé non relu

COFFRE MERVEILLEUX

Il y avait une fois un homme riche, qui avait un fils, auquel il ne refusait jamais rien de ce qu'il pouvait désirer. Étant venu à mourir, il le laissa maître de tout son bien, mais le jeune homme en fit mauvais usage ; et, au bout de peu de temps, il ne lui restait qu'une bague et un costume. Cette bague, il la vendit pour deux cents livres ', et ensuite il s'en alla louer une chambre dans une auberge.

i . Livre, pièce d'or turque valant un peu moins de 23 francs.

Un jour passa par là un juif, qui avait un coffre à vendre et qui criait : Ce coffre vaut un denier ; qui rachètera s'en repentira, et qui ne l'achètera point ne s'en repentira pas moins. Il hésita d'abord, puis il finit par acheter le coffre, et dit à l'aubergiste de le garder, pour le lui remettre le soir. L'auber* giste fit comme il le demandait. Le soir venu, il soupa, et, comme il lui était resté un peu de pain, il ouvrit le coffre pour l'y serrer. A peine le couvercle était-il soulevé, qu'il apparut un petit nègre, tenant une longue pipe, qui lui dit : C'est tout ce que tu as laissé pour moi ? L'autre, pris d'épouvante, ne répondait pas. — Veux-tu que je t'en apporte encore? reprit-il. — Non, je n'en ai pas besoin.

Un jour qu'ils étaient assis dans le jardin, le nègre lui demanda : Veux-tu que je t'apporte ce soir la fille du roi? — Avec plaisir, fit-il. Et, le soir venu, le nègre, étant entré chez le roi, sans que personne s'en aperçût, enleva la princesse et l'apporta dans la chambre du jeune homme ; le matin, il la reporta au palais. Cela dura ainsi quelque temps, jusqu'à ce que la demoiselle devînt grosse Y et il cessa de l'aller chercher.

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