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LES TROIS FRÈRES ET LES TROIS SŒUKS

autre endroit ; après avoir allumé la torche et avoir mangé, deux des frères se couchèrent, gardés parle second, qui, lui aussi, ainsi que cela était arrivé à son aîné, tua une lamie.

La troisième nuit, le plus jeune dit aux autres : Dormez, c'est à mon tour de faire la garde. — Non, lui répliquèrent-ils , tu es trop jeune, c'est à l'un de nous deux de prendre ce soin. Mais il n'y voulut pas consentir, et ce fut lui qui veilla.

Il ne manqua pas, à son tour, d'être attaqué par une lamie; mais, jeune comme il était, il tira trop vite, et quand, ayant dégaîné son coutelas, il se jeta sur la lamie pour l'achever, dans les convulsions de l'agonie, d'un coup de sa queue, elle éteignit la • torche. Et comment la rallumer ? Il n'avait pas ce qu'il fallait. Par aventure, un feu brillait faiblement sur la cime de la montagne, et il se dirigea de ce côté.

Sur son chemin il trouva la mère de la nuit, à laquelle il demanda où elle allait. — Je vais faire le jour, répondit-elle. — Attends-moi, reprit-il, jusqu'à ce que j'aie allumé de la lumière \ — Bien, je t'attendrai.

i. Le» absurdités sont très communes dans les contes

Mais, ne 'croyant pas à sa parole, il l'attacha, pour l'empêcher de faire le jour.

En approchant du feu , il vit au-dessus une énorme chaudière, pourvue de douze anses. Il la souleva, et ralluma sa torche.

Par aventure, les brigands, à qui appartenait la chaudière, arrivent, et ils lui demandent qui il était. — Un voyageur, leur réponditil ; ma lumière s'était éteinte, et je suis venu ici pour la rallumer. — Comment, reprirent les brigands, as-tu fait pour soulever cette chaudière ? A douze que nous sommes , quand il s'agit de la retirer du feu, nous l'empoignons chacun par une anse, et c'est à peine si nous en venons à bout. — Moi, elle ne m'a pas paru tellement lourde, fit-il, et de nouveau il la leva. — Il faut, lui dirent alors les brigands, que tu sois un brave à toute épreuve ; tu es l'homme qui convient pour voler le roi. Et ils partirent tous les treize pour aller voler le roi.

Ayant fait un trou dans le mur, ils s'introduisirent dans l'écurie, afin de dérober les chevaux, et notre garçon resta dehors. Ainsi

de tous les pays, mais on y trouverait difficilement une plus grosse naïveté que celle-ci.

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