LES TROIS FRÈRES ET LES TROIS SŒURS I 3 I
trape et lui boit tout le sang ; quant à la peau et aux os, il les jeta devant la maison.
Le faucon aper;ut ces débris et se dit :
C'est là le jeune homme que j'ai apporté ici ; dépêchons-nous d'aller chercher du lait d'hirondelle, afin de lui rendre la vie. Et, sans perdre de temps, il partit à tire d'ailes vers deux montagnes qui s'ouvraient et se refermaient (c'est entre ces deux montagnes que se trouvait le lait d'hirondelle) ; il passa, emplit son bec, revint au plus vite, et à peine le lait eut-il touché les lèvres du jeune homme, qu'il revint à la vie.
Rentrant dans la maison, il engagea sa femme à contrefaire la malade et ensuite à dire à Demi-fer demi-homme, a II y a tant de temps que nous vivons ensemble, et tu ne m'as jamais révélé où est le siège de ta force. Je vais mourir, tu n'as rien à craindre de mot. » Alors il te révélera où est le siège de sa force. — Cela dit, il alla se coucher, de peur d'être dévoré une seconde fois.
La fille du roi feignit d'être malade et interrogea Demi-fer demi-homme au sujet de sa force. Elle est dans le balai, répondit-il ; mais, quand il fut sorti, elle eut beau brûler le balai, sa force n'en fut en rien
atteinte. De nouveau elle se donna pour malade, et le pressa de questions. Alors il lui dit : Ma force est dans un sanglier, qui habite dans telle et telle montagne : il a une défense d'argent, dans cette défense est un lièvre, le lièvre a dans son ventre trois pigeons, c'est là que réside ma force. Cela dit, il s'en alla à ses affaires.
La princesse sortit, appela son mari et lui rapporta tout ce qu'elle avait entendu. Lui, sans perdre un moment, se hâta de partir pour la montagne, où ayant trouvé un berger qui gardait des moutons, il lui demanda où il y avait un certain sanglier, une énorme hête. Ne crie pas si fort, répondit le berger, car il pourrait nous entendre et venir nous dévorer. Mais il se mit à faire encore plus de bruit, tant qu'à la fin le sanglier accourut et se rua sur lui pour le dévorer, mais l'autre, armé d'un coutelas, se défendit bravement.
Pendant qu'ils se battaient ainsi, le sanglier s'écria : Si seulement j'avais une racine de gouet pour aiguiser mes défenses, tu verrais. — Et moi, dit à son tour le jeune homme, si j'avais un gâteau de fine farine, des poissons frits et une cruche de vin, tu verrais aussi. En un moment, le berger hii