‹ Contes albanaisChapitre 39 sur 80 · LES DIABLES DUPÉS · texte numérisé non relu

LES DIABLES DUPÉS

(le conte du diable)

Un homme avait envoyé son fils chez les diables pour y apprendre les diableries 1 .

Au bout d'un an, il en avait appris si long, qu'il en savait plus que ses maîtres ; aussi, son père alla le chercher pour le ramener au logis. Là il dit à son père : Demain, je veux me changer ^n cheval, mais tout ce qu'il y a de plus beau en fait de cheval ; tu me vendras pour un prix en rapport avec ma valeur,

i Diable, diablerie. Ces mots sont en turc dans l'original ; ailleurs et d'ordinaire le démon est désigné, comme chez nous, par un nom dérivé du grec Sixfio/o;.

mais sache, avant tout, qu'il ne faut pas donner avec moi le licol.

Le lendemain, en effet, il se changea en cheval; son père le conduisit au marché et le vendit pour je ne sais combien de mille piastres, en ayant soin de garder le licol.

Lui s'enfuit de chez l'acheteur^ et revint à la maison.

Le jour suivant, nouvelle métamorphose, en mule cette fois, et le père alla encore le mettre en vente.

Arrivent les diables chez qui il avait étudié, ils demandent au père combien il voulait de cette mule, et, étant tombés d'accord sur le prix, ils aveignent l'argent pour le lui remettre. Le père alors leur dit : Sachez que je ne vous donne pas le licol. — Il nous le faut, répliquent les autres, et voilà une dispute qui s'engage. La mule en profite pour détaler, et les diables se lancent à sa poursuite.

Voyant qu'elle ne pouvait s'échapper, elle se change en lièvre, et les diables en chiens, qui courent après lui. Le lièvre allait être happé, quand il se métamorphosa en une pomme, qui tomba dans le tablier d'une reine. Les chiens prirent la figure de deux

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