PRÉFACE XIII
travaux de M. Gaston Paris, le nombre est infini des écrivains qui, en France et à l'étranger, ont recherché l'origine des fables, des contes, des nouvelles, dont s'amusent l'Orient et l'Occident. Hahn a, pour sa part, presque épuisé le sujet, en ce qui concerne les contes grecs, dans V Introduction et les remarques de sa traduction. Essayer, même dans la mesure de mes forces, de reprendre ce travail de confrontation à propos des contes albanais eût été affronter une besogne aussi longue qu'inutile; et je me bornerai, comme je l'ai dit, à les rattacher, par l'intermédiaire des contes grecs, à la chaîne générale. Il y avait toutefois une exception, d'un caractère spécial, à faire au sujet de la Psyché d'Apulée. Je prends en effet au mot, et cela sans croire lui faire aucun tort, le rhéteur africain sur son titre
lecteurs n'apportent pas à leur tâche assez de choix et de mesure. Je faisais à peu près les mêmes réserves dans la préface de mon recueil de chants bulgares, conçu sous une préoccupation plutôt littéraire que linguistique. Mon but était autre, en recueillant des contes albanais ; ce que je dis ici pour le cas où quelqu'un trouverait que je suis tombé sous le reproche formulé par l'auteur des Contes d'un buveur de bière.
de « Anilis fabula, conte de vieille », et je n'hésite pas à mettre Psyché au nombre des contes, quoique au rang le plus élevé. C'est le plus ancien que nous possédions et, dans l'analyse (personne encore, je crois, n'avait songé à la faire) des éléments mythiques qu'il renferme, le lecteur qui n'y avait pas auparavant prêté une attention suffisante, reconnaîtra quelle nombreuse lignée est sortie de cet ancêtre des contes de nourrice.
Les Rapprochements annoncés tout à l'heure, et qui suivent la traduction, n'ont même pas été poussés aussi loin qu'ils auraient pu l'être. La mesure adoptée est celle qui convient pour faire saisir le genre et l'étendue des rapports entre les fictions des deux peuples.
Le résultat général de cette comparaison est que les ressemblances sont grandes et nombreuses dans les sujets, les motifs, les détails, et jusque dans certaines formules de langage. Toutefois, cela ne va jamais jusqu'à identité complète. Les contes, qui font de si longs voyages l , sont
i. Voyez, entre autres, « La laitière, et le pot au lait »