‹ Contes albanaisChapitre 52 sur 80 · LA PRINCESSE DE LA CHINE · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE DE LA CHINE

premières nuits, les sœurs du marié dormissent avec l'épousée. Il avait trois sœurs et il s'éleva entre elles une dispute, à qui aurait son tour la première. La reine, mère du marié, décida que ce serait la cadette, car les enfants les plus jeunes, sont aussi ceux qu'on aime le plus.

Cette nuit-là, elle trouva répousée à son gré ; aussi demanda-t-elle à sa mère de passer encore la nuit suivante avec elle. Quand ils furent couchés, car la mère Pavait permis, elle reconnut qu'elle était avec un homme, et elle lui dit : Avoue-moi la vérité, qu'es-tu, homme ou femme? — Je suis un homme, et, si je me trouve ici, voilà comment cela se fait. Et il lui raconta toute l'aventure.

Alors la jeune fille, charmée de sa beauté, lui dit : Je voudrais te prendre pour mon mari, mais je ne sais si cela te plairait? — Certes, mais sais-tu ce qu'il faut faire, afin que nous puissions nous échapper pendant la nuit ? Dis à ta mère que tu veux faire une promenade, et que, pour cela, tu as besoin de deux chevaux menés par un palefrenier.

Mais, de crainte qu'à la sortie du château (le palais du roi était dans un château-fort) on

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ne nous arrête aux portes, fais en sorte de dérober dans la maison quelque objet appartenant à ton père, et que nous puissions montrer aux gardes; en voyant un signe royal, ils nous laisseront passer.

La jeune fille, étant allée trouver sa mère, lui demanda les deux chevaux avec le domestique ; elle n'eut pas besoin de le répéter, la mère les envoya aussitôt les attendre au dehors. Ensuite elle s'empara furtivement de deux coupes à eau, mais très précieuses. Le soir, les deux jeunes gens allèrent se mettre au lit. Ils se levèrent au milieu de la nuit, sortirent du château, et, étant montés à cheval, ils dirent au palefrenier de s'en retourner, attendu qu'ils seraient absents deux ou trois jours.

Quand on alla voir comment l'épousée avait passé la nuit, avec la sœur du marié, on ne trouva personne. Ensuite arriva le palefrenier, qui raconta comment elles étaient montées à cheval et lui avaient donné Tordre de revenir, en disant qu'elles seraient de retour au bout de deux ou trois jours. Les trois jours se passèrent, et on les attendait toujours ; mais ils n'avaient nul dessein de revenir, car, après avoir rejoint le fils du roi, ils s'étaient mariés.

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