‹ Contes albanaisChapitre 6 sur 80 · PRÉFACE XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XV

écritures bouddhiques, sert de point de départ à. nos n°* g et 10, mais de point de départ seulement, et sur cette base, qui n'est même pas identique dans les deux contes, ont été superposés deux récits de provenance diverse, un fragment de l'histoire d'Aladin dans le premier cas. C'est aussi le sujet du n° g (grec) de Hahn, mais avec bien des différences : le serpent n'est plus seul, il a avec lui un chien et un chat, tous trois sont sauvés de la main d'enfants qui se disposaient à les tuer; et, entre autres circonstances ajoutées, la princesse mariée (la BoudrouU boudour de Galland) s'enfuit avec un esclave noir , ce qui est certainement un souvenir du récit formant îintroduction des Mille et une Nuits , mais en même temps une variante, car l'esclave adultère a été donné en cadeau par le roi à sa fille. Sous cette dernière forme exactement, le conte existe en Chypre.

Par contre, le n° 1 1 nous offre une histoire analogue, c'est-à-dire ayant pour fond la possession d'un objet merveilleux, servi par un esclave, et qui procure tout

ce qu'on désire, mais dégagé cette fois du mythe du serpent.

Quant à Vours du n° g, son histoire qui, comme les deux parallèles dont il sera aussi question, a pour idée essentielle le triomphe de l'intelligence ou de la ruse sur la force brutale et idiote, est composée de deux parties distinctes, n'ayant de lien entre elles que l'un des deux principaux personnages, le derviche : un récit empreint de merveilleux^ suivi d'une sorte de facétie. Aussi, dans Vune des deux rédactions grecques (H., n° 18) cette facétie n'existe plus qu'en germe, tandis que dans la seconde (n* 23), elle constitue un dénouement trop ingénie\ix pour être vraiment populaire > e qui paraît, en effet, remonter aux apologues indiens. Les personnages du récit fondamental albanais, l'ours et le derviche , sont remplacés, Vours par le drakos, notre ogre, et le derviche par deux substituts différents; au n° iS, un Imberbe ou homme naturellement sans barbe (crcavéç), défaut qui, comme d'autres imperfections physiques, tant che\ Vhomme que parmi les animaux, paraissent être

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