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PRÉFACE XXI

On sait que les Néréides jouent un rôle prédominant dans les traditions et les chants du peuple grec qui, sous Vinfluence de vagues idées chrétiennes, en fait parfois des filles du diable, et leur donne, par euphémisme, l'appellation d'Extérieures, al èÇamxa(, dont la correspondante existe en albanais, selon Hahn, quoique je ne l'aie jamais rencontrée. Les Néréides sont le dernier débris de la classe si nombreuse des nymphes antiques, mais pour moi, ainsi que je l'ai déjà indiqué, je les tiens pour bien plus étroitement apparentées encore aux Vilas serbes et aux Samodivas des Bulgares qui, comme elles (Hahn, n° 54), comme Drakos ou les dragons fpassim), le diable (n? 68), un maître d'école (n<> 66) % et la Strigla (n° 65), apparaissent sous la forme de nuages. La description qui en est donnée aux Etudes albanaises (i T * partie, p. 161) concorde exactement avec celle des Vilas par Vouk 1 .

1. « Les Vilas habitent dans les grandes montagnes et les rochers au bord des eaux. Toutes, elles sont jeunes, belles, ont pour vêtement une robe blanche légère, et ont de longs cheveux épars qui leur couvrent les épaules et

La Belle de la terre et ces on\e jeunes filles qui lui font cortège, me paraissent également une transformation des esprits élémentaires des Slaves (les axot/eta des chants grées) ; cela est patent lorsque, recouvrant ses vêtements, qui sont le siège de sa puissance, elle s'échappe, et qu'elle redevient captive, alors qu'ils lui sont ravis au bain*.

Les « trois femmes » qui, au n° i3 y prédisent la destinée d'un nouveau-né, sont les uniques représentantes a la fois de nos fées et des Parques helléniques; elles figurent aussi dans un des contes albanais traduits par Hahn (n° io3) ; il les y appelle Mœren (Moïpai), mais j'ignore comment l'original les désigne. On leur donne aussi le nom de Fati, qui remonte directement au latin ou à l'italien.

la poitrine. Elles ne font de mal à personne, à moins qu'on ne les ait offensées, par exemple en dérangeant leur ronde, ou leur repas, ou de quelque autre manière, et elles punissent diversement celui qui s'est rendu coupable de cette offense : elles lui tirent une flèche au pied ou à la main, aux deux pieds ou aux deux mains, ou bien au cœur, et il expire sur-le-champ. » Vouk Stef. Kar., Dictionnaire serbe.

i. N° 12. Voyez mes Ch. pop. bulgares, n* 4, p. i5a.

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