LES SUSPECTS ET LES FEDERALISTES
J-j'S 1793 , le maire de Rémival , canton de *** , reçut la lettre suivante :
" Citoyen ,
n En exécntion de la loi du 17 seprt tembre ( sty/e d'esclave ) , tu es Ti averti de désigner et de rassembler n sur-le-champ les suspects et les r> fédéralistes de ta commune. Dans r) le courant de la Journée , Tadmir> nistrateur nommé à cet effet , ira n les prendre pour les conduire à ri leur destination n.
Les fonctions de maire étaient confiées au bon Mathurin , lun des plus
(70 Tiches et des plus honnêtes habitans du canton , et qui avait atteint l'âge de soixante ans sans savoir ce que signifiait le mot suspect , et encore moins le titre de fédéraliste ; mais plein de confiance dans les ordres qui lui étaient prescrits , il assembla surîe-cbamp les habitans du village , et leur lit part de la circulaire. " Vous qui savez mieux lire que moi , savez- Tous ce que c'est qu un suspect ? — Un suspect , dit Guillot ; mais il me semble que j'connaissons ce titre là.
— C'est sans doute quelque dignité da nouveau régime , dit Thomas. — • Certainement , dit Claude , un suspect est un fonctionnaire public. — Oui , oui , c'est ça , dirent tous les convoqués , puisqu il y a sur la lettre le cachet du département.
En ce cas , dit le maire ., nous n'avons pas de tenis à perdre , voyons parmi nous ceux qu'ont le pus d*
mérite. — Moi j' nomme Bastien , dit l'an. — Et moi Nicolas, dit Tautre.
— Moi Jérôme. — Paix ! dit le maire ; de celte manière là on né s^enlend pas ; l'élection qui nous occupe mérite toute notre attention ; et je demande que l'on y procède avec ordre. Ea conséquence , j'ordonne que l'on fasse chacun un scrutin à sâ guise ; qu^oa nomme trois personnes seulement , et si le citoyen administrateur n'ea trouve pas assez , on en nommera d'autres devant lui. — Cest ça , dirent tous les assistans , en écrivant ou se t faisant écrire le nom de ceux qu'ils I roulaient nommer. — C'est bien , dit le maire , procédons au dépouillement
I I ^u scrutin. Ce fut lui , ensuite Claude , j.S^on adjoint , et le père la Bombe »