AVANT-PROPOS IX
taine ressemblance avec un épisode du cadre du Bakhtiâr-Nameh. Quant au roman des Aventures des quatre derviches et du roi Azâd-bakht, plus connu sous le nom de Bâg o bahar (le Jardin et le Printemps), récemment traduit de Vhindoustani par M. Garcin de Tassy 1 , il n'a de commun que le nom du prince.
On remarquera la relation étroite qui existe entre le cadre du Bakhtiâr-Nameh et les récits qu'il renferme : ce qui est peut-être V indice du peu d'ancienneté et de l'unité de composition, tandis que les autres cycles, le Pantcha-tantra, le Syntipas, etc., présentent, au moins dans leur forme actuelle, les apparences d'une œuvre collective, en dépit des noms de Vicknousarman ou du Persan Mousès.
Il n'est pas une situation de l'histoire d'A\âd-bakht et de son fils, qui ne se retrouve dans les récits que celui-ci fait à son père : le marchand infortuné est accusé à tort d'avoir violé les secrets du harem royal (conte I) ; le fils du joaillier,
i. Un volume gr. in-8% Paris, 1878, forme le t. VIII de la collection des Publications de l'Ecole des langues orientales.
devenu le favori de son frère qui ne le connaît pas, est soupçonné d'avoir voulu l'assassiner et périrait sans la sage lenteur du roi (conte II); Dâdbin épouse A roua, comme A\dd-bakht avait enlevé Behrédjour (conte V); Abou-Témdm est calomnié par les vizirs jaloux de son crédit (conte VIII); les aventures du fils d'Ibrahim, recueilli par des voleurs, sont aussi surprenantes que celles du fils d'A\âd-bakht (conte IX); enfin la femme du roi de Roum est l'objet des soupçons de Qaïsar, ignorant que Mélik chah est le fils que la reine a eu d'un premier mariage (conte X) .
// me reste à parler des différentes versions de cet ouvrage et en même temps à essayer de déterminer la date vers laquelle il a été composé. Comme je l'ai déjà fait observer, il n'existe point, dans les langues de l'Inde, de version qui serait aux textes postérieurs ce qu'est le Pantcha tantra ' au Kalilah et Dimnah et
1. Il ne s'agit pas de la version sanscrite du Pantchatantra telle que nous la possédons aujourd'hui, mais de celle d'après laquelle a été faite, au vi* siècle, la version pehlvie de Barzouyeh