‹ Contes arabes. Histoire des dix vizirsChapitre 58 sur 59 · HISTOIRE DE SOL AIM AN-CHAH ET DE SES FILS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE SOL AIM AN-CHAH ET DE SES FILS

5i. Les versions persanes n'ont conservé de commun avec le texte arabe que la conclusion de l'histoire. Les aventures de Solaîmân-Châh, de Behléwân, les crimes 4e ce dernier, les infortunes de Mélik-Châh le jeune sont supprimées. Le roi d'Abyssinie, poussé par un de ses ministres qui lui voit négliger son armée, demande la main de la princesse d'Iraq. Le refus qu'il subit amène une guerre à la suite de laquelle le roi de l'Iraq, vaincu, consent au mariage de sa fille. Celle-ci avait eu précédemment un fils nommé Farekzâd, dont la naissance était demeurée secrète : elle le fait venir en Abyssinie, près de son mari qui l'adopte. Comme dans le conte arabe, la mère et le fils sont surpris : le roi veut faire périr ce dernier, mais sa jeunesse et sa grâce touchent l'exécuteur. Une vieille femme fait connaître la vérité au prince, à l'aide

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d'un talisman, non d'un cœur de huppe, et Farekzâd est réuni à sa mère et au roi d'Abyssinie.

Ce récit est le 6 e (7 e journée) dans les versions persanes : il comprend les nuits 448-450 de la traduction de Gauthier, et 474-484 de l'édition de Habicht. C'est la première histoire de VEilf Tage (Melekschah und Se ha h KadunJ et la dixième de tous les textes arabes : Knœs, Habicht et le ms. du British Muséum.

52. Behléwdn est la transcription arabe* du mot persan Pehlévân, qui signifiait primitivement héros, et qui n'a plus aujourd'hui que le sens d'athlète, lutteur.

53. Chah khatoun, princesse, du persan Chah, roi, et du turk khatoun, dame. Ce dernier est devenu à Constantinople cadine.

54. La lune est très fréquemment employée chez les poètes orientaux pour désigner la beauté : une princesse des Mille et une Nuits {Histoire d'AladinJ porte le nom arabe de Bedr-Oul-boudour (la pleine lune des pleines lunes, ; un roi, celui de Qamar E{-\emdn (la lune de l'époque) ; le fils d'un vizir, celui de Bedr-Ed-din (la pleine lune de la religion). Les rhétoriques persanes appellent cette figure ighrdb (étrangeté). Ainsi, dans ce vers de Saadi.

« Je n'ai jamais vu de lune avec des boucles frisées, je n'ai jamais vu de cyprès (taille fine) vêtu d'une tunique (si ce n'est toi). »

Un autre poète persan, El Mokhtâri, a dit de même :

« Ce serait une lune, si la lune avait la taille d'un cyprès ; ce serait un cyprès, si le cyprès avait un sein de lune, »

Enfin, un descendant de Khosrou Anouchirvân (Chosroès le Grand), le poète Medj Ed din Hamgar a employé la même métaphore :

« En vérité, qui a jamais vu une lune brillante au sommet d'un cyprès droit, si ce n'est ton visage et ta taille. »

(Cf. Garcin de Tassy, Rhétorique et prosodie des langues de l'Orient musulman, p. 36 ; Huart, Anis El 'Ochchâq, pp. 95-96.)

D'ailleurs les contes populaires d'Europe, comme ceux d'Orient, nous représentent souvent des enfants beaux comme la lune ou le soleil et, par métaphore, portant la lune ou le soleil sur leur front, et des étoiles sur leur chevelure ou dans leurs mains. M lle Mary Stokes, dans une note des Indian fairy taies de Maive Stokes {Phulmati Rani, note 2, p. 240) a cité de nombreux exemples de ces comparaisons.

55. Nous avons vu (note 32) que les Arabes et les Persans donnaient lé nom de Qaïsar (du grec Katrcp) à tous les rois de Roum (empereurs de Constantinople). La cour de ceux-ci était, d'ordinaire, l'asile de tous les exilés, dès avant l'islamisme : aussi ces princes jouent-ils un rôle important, non-seulement dans les contes, mais encore dans les traditions historiques des Orientaux.

56. Le farsakh ou farsank, d'où les Grecs ont tiré le nom de parasange, valait, chez les anciens Perses, 3o stades. Aujourd'hui il équivaut environ à 4 milles.

57. Le conteur oublie qu'il a dit un peu plus haut que l'eunuque avait passé deux jours dans le puits en compagnie de Mélik-Châh.

58. On remarquera qu'ici encore la situation de Mélik- Châh, par rapport à Qaïsar et à Châh-Khatoun, est, à peu de chose près, la même que celle du fils d'Azâd-bakht à l'égard de son père.

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