‹ Contes biographiques: Par Mme. Eugénie Foa. Avec vocabulaireChapitre 9 sur 21 · JOSEPH HAYDN · texte numérisé non relu

JOSEPH HAYDN

LA OHAtSE DS FOSTE BBISAS.

Le 31 mai 1738, à la tombée de la nuit, qaelqnes en^fants jouaient dans une des mes de Eohrau, petit village situé sur les frontières de TAutriche et de la Hongrie ;

ri

apercevant une chaise de poste arrêtée sur la route et dont la caisse penchée indiquait qu'une des roues venait de se casser, ils quittèrent leurs jeux pour aller voir ce dont il s^agîssait. Tout est spectacle pour des enfants, surtout pour ceux des campagnes, où chaque jour ressemble si souvent ft celui de la veille, à celui du lende-

main*

96 SEPPERL LS TIMBALIER ;

"Sepperl, Sepperll crièrent-ils à l'un d'entre eux, enfant de six ans, qui s'amusait à chanter un air allemand en s'accompagnant sur ua Tiolon formé d'une petite planchette, sur laquelle il raclait avec une baguette de coudrier en guise d'archeif^^epperl, va chercher tes timbales, voici monseigneur qui ar yive.

— Monseigneur 1 " répondit Sepperl en jetant un regard sur la route ; et, haussant les épaules : ^'Monseigneur, dans une voiture à deux rcres, et menée par des chevaux de poste I Tu sais bien, Nicolas, que monseigneur ne^ vient jamais ici que dans une voiture à quatre roues et avec des chevaiLc àjiui.

— C'est to^ou^^uelqu'un qui arrive, et il faut aller voir qui.

— Je ne te dis pas le contraire, répondit Sepperl sans bouger ; va seul ; moi j'irai quand j'aurai fini de me rappeler l'air du maitre d'école de Hambourg,

— Oh! il est fameux l'air du maître d'éçolfrida Hambourg I s'écria un autre enfant ; il est fait pour poiter les morts en terre. ~ .

— C'est toujours un air,'* répondit tranquillement Sepperl ; et il continua à racler sa planchette avec sa baguette.

"Viens donc avec nous, Sepperl; viens donc, ^ priXfiDt à dire tous les camarades de Sepperl en le tirant, qui par les bras, qui par l'épaule, qui par les cheveux, qui par les jambes ; allons, viens.

— ^Heins, Fritz, Cari, Henri, Nicolas, laissez-moî,'* disait Sepperl ; et il essayait, mais en vain, de se dégager

ou, JOSEPH HAÏDN. 97

des mains de ses petits camarades ; à force de le tirer, ils réassirent à l'entraîner avec eux.

Au moment où la bande joyeuse arrivait près de la chaise de poste, le postillon était parvenu â tirer hors de la caisse un pauvre petit homme, court, gros, replet et doué d'un volumineux abdomen. Ajoutez â cela u^e tête nue comme un genou, des bras qui jamais i/iie s'étaient croisés sur cette vaste poitrine ; tout au plus s'ils avaient la longueur nécessaire pour qu'une main pût ganter l'autre. Les jambes étaient dans les mêmes proportions ; les pieds avaient été faits pour dormir debout, si j'ose emprunter â M. Henri de La Touche son ingénieuse expression.

"Ma perruque ! ma perruque ! " Ce furent les premières paroles de remercîmënt que le petit homme adressa au postillon.

Mais, avant que celui-ci eût eu le temps de demander ce qu'elle était devenue, il l'aperçut se posant successivement sur la tête de chacun des enfants qui entouraient la voiture.

"Ma perruque ! ma perruque ! " Et, tout en criant, le petit homme essayait, mais en vain, de rattraper sa perruque, que faisaient voltiger les gamins du village, plus alertes que le voyageur.

Enfin, l'un de ces enfans, le seul qui n'eût pas encore pris part â cette niche, et qui, pendant ce brouhaha, 6?était posé, comme avant l'arrivée de la chaise de poste, son violon simulé d'une main et son archet de l'autre; se tourna vers ses camarades, et d'un ton sérieux, qui

contmstait plaîs'amment avec l'exiguïté de son individu :

98 SEPPERL LE timbalieb;

^^Enfants, rendez donc la perruque 2 ce monsieur f

A la grande surprise du monsieur, qui pensait que riutervention du petit joueur de planchette ne pouvait être d'un grand poids sur des enfants tous plus âgés et plus forts, un de ceux qui avaient le plus fait voltiger sa perruque alla la prendre sur la tête de son voisiu, et vint respectueusement l'ofirir à son propriétaire.

''De la part de Sepperl le timbalier, lui dit-îl.

— ^La voiture de Son Excellence est brisée et ne peut aller plus loin, dit presque en même temps le postillon au voyageur. ,. -

— ^Brisée! brisée! il ne me manquait plus que çal

«umura le voyageur en posant au hasard sa perruque isnr sa tête ; ce qui fit qu'au lieu de tomber commeJHe^ fallai t, elle se trouva sens'devant derrière ; et où suis-je?

— ^A Rohrau, répondit un des enfants.

— ^Boro, Roro)i qu'est-ce que c'est que ça, Boro? répliqua le petit homme en colère ; est-ce loin de Hamr bourg?

— ^Une petite heure de marche, répondit le même enfant.

— ^Tais toi donc, Nicolas, dit un autre; un quart d'heure tout au plus...

— ^Même dix miautes, en courant bien fort, répliqua un troisième.

— ^Et vous pensez, petits drôles, que je peux me

mettre à courir comme vous ? Savez-vous qui je suis,

petits paysans, pour me parler ainsi? Je suîs..^X^

/ — Que nous importe ? dit Sepperl prenant à son tour 1»

parole ; quand vous seriez le maître d'école de Ham*

ou, JOSEPH HATDN. 99

bonrg. OQ monseigneur, ça n'empêchera pas qu'il vous r faut, pour aller à Hambourg, une heure en marchant au pas, une demi-heure en vous pressant un peu, et dix minutes, comme Ta dit Heins, en courant bien fort.

— ^Et n'y a-t-il, dans ce village, aucun moyen de me procurer une voiture, une chaise de poste, n'importe quoi ? demanda le voyageur. . .

— ^Ah 1 si, dit Sepperl, il y a la charrette à papa.

—Ces enfants sont bêtes à manger de l'herbe! murmura le voyageur en se retournant vers le postillon ; et vous, au lieu de continuer à fumer votre pipe comme si nous étions arrivés...

— Puisque la^ voiture est brisée, nous sommes arrivés, interrompit ûroidement le postillon.

— Gomme c'est raisonné I..." ajouta le petit homme en levant les épaules et prêt à éclater. Mais, comprenant sans doute que toute colère devait être impuissante et se briserait contre l'impassibilité d'un postillon et les malicieuses railleries d'une troupe d'enfants, il se contint et dit seulement : ^'Y a-t-il un charron dans le pays ?

— ^Réponds, Sepperl; ça te regarde, crièrent les enflEUDits.

— Oui, il y en a un, dit Sepperl.

— ^Mais un bon?

— ^Dame, il n'y en a qu'un.

— ^Eh bien ! qu'on aille le chercher, et qi^il vienne tout de suite réparer la roue de ma chaise de poste.

— Quelle heure est-il? demanda Sepperl.

— Qu'importe?

—C'est que, s'il est sept heures, papa fait de la mu-

100 SEFPSSi. lA timbalier;

mque ftTeo mamaa, et on ne peut pas le déranger ; il vous envoie promener sans seulement vous écouter.

— ^Ton père fait sans doute de la musique avec sa ferraille, son marteau et son enclume, dit le voyageur d'nn air de mépris.

-^Non, monsieur, mais avec une harpe, répondît sérieusement Sepperl.

— ^Parbleu, je serais cnrieux de voir un chauron pincer de la harpe ; ça doit être amusant.

—Vous le pouvez, ce n'est pas loin,** dit Sepperl.

Désireux d'entendre un charron pincer de la harpe, le voyageur, laissant là sa voiture, ses bagages et le postillon, se mit à suivre le petit Sepperl.

Après avoir fait un petit détour pour gagner le village, le voyageur commença à distinguer les sons d^une espèce de musique criarde, aux accords de laquelle se joignait un glapissement de voix assez monotone.

^^Diable ! c'est bien mauvais I dit le voyageur.

— Je ne vous ai pas dit que ce fût bon," répcmdit tranquillement l'enfant.

L'homme et l'enfant se trouvèrent bientôt en face d'une misérable boutique enfumée ; de chaque côté de la porte on voyait plusieurs grosses roues de chiyrette qui attendaient sans doute leur garniture de fer.

L'étranger entra ; un homme jeune encore promenait de gros doigts noirs et crasseux sur une harpe preuve d'une grande partie de ses cordes; près de lui, une jeune femme au teint blanc et rose filait en chantant. A la vue de l'étranger, le mari et la femme se levèrent, et lui demandèrent ce qu'il souhaitait.

ou, JOSEPH HÀTPK. 101

'^Monsieur désire qae vous lui fassiez entendre de la musique, dit Sepperl.

— ^Pas du tout I s*écria le voyageur en portant involontairement les mains à ses (»*eilles*; ce que je demande, c'est que vous veniez au plus tôt raccommoder ma voiture, dont la roue est démontée.

— ^Tout de suite,** répondit le charron ; et prenant ses outils, il se disposa à suivre le voyageur.

"Il paraît que monsieur n'aime pas la musique?" demanda le charron tout en marchant à côté de l'étranger.

Celui-ci sourit, et se contenta de repondre :

"Je n'aime pas la vôtre, mon ami.

— Ce monsieur est difficile, n'est-il pas vrai, papa?'* dit Sepperl en se penchant vers son père pour ne pas être entendu du voyageur.

Ce ftit au tour du charron*à sourire. </ ;

l'assiette de cebictes.

Le lendemain était un dimanche, et le soleil se levait & peine, que madame Haydn entendit son fils sauter hors du lit.

"Oîi vas-tu aussi matin? lui demanda-t-elle.

102 8EPPERL LE TDfBALIEB ;

^'— Je reste id, répondit renfknt en commençant ft Babiller.

— ^Alors, pourquoi te lever avant le jour?

— ^Parce que c'est dimanche.

— ^Mals le dimanche on n'a rien à faire.

— Cest pour ça que je me dépêche.

— ^Tu te dépêches pour ne rien faire ? répliqua madame Hay^n en riant^

y^Sans nul doute. . . Ahl c'est que je ne fais pas comme tout le monde, moi ; il y en a qui font beaucoup d'emr barras, qui crient sur les toits: Je n'ai pas trop de temps pour tout ce que j'ai à faire I et pa ta ti, et pa ta ta... Moi je dis, au contraire: J'ai toujours assez de temps pour travailler. C'est quand je n'ai rien à faire que j'aime à me voir du te^ps devant moi... beaucoup de temps^ pour ne rien faire... Le dimanche, pas de maître d'école, pas de clous à redresser, pas de bois mort & aller ramasser dans la forêt, pas de courses à faire pour papa, pas d'écheveau de fil à tenir pour maman... j

rien, rien à faire I voilà pourquoi je me lève si matin. ^"^^

—-Mais nous chanterons, lui fit observer sa mère.

— Ohl chanter, ce n'est pas travailler.

-*Nous irons à la messe prier Dieu.

— ^Prier Dieu, ce n'est pas travailler,"

Sepperl avait alors fini de s'habiller ; il descendit dans la rue ; en passant dans la boutique de son père, il eut soin d'y prendre sa planchette et sa baguette, et allant s'asseoir sur le pas de la porte, il se mit à jouer de son violon, ^^p^^ <

ou, JOSEPH HATDN. 103

n y était âepms assez longtemps, lorsqu'il vît venir â lui le fils du maître d'école.

"Sepperl ! lui cria ce dernier du plus loin qu'il l'aperçut, viens vite à la maison ; papa te demande.

— ^Merci, André, répondit Sepperl sans bouger ; c'est

dimanche aujourd'hui, et ton père n'est pas assez aimable pour que j'aille à l'école les jours ou maman ne paye pas pour ça.

-^Ce n'est pas pour prendre ta leçon ; c'est qu'il est arrivé Mer au soir à la maison un monsieur qui cherche des voix...

— ^Des voix? répéta Sepperl ; et qu'est-ce qu'il veut en faire? .

— ^Dame I je ne sais pas. . . il voulait prendre la mienne, mais heureusement qu'il l'a trouvée fausse.

— ^Et il a peut-être envie de la mienne qui est juste? I ' nenni-da. . . que je n'irai pas la lui donner.

—Viens toujours ; il ne te la prendra pas de force, j'espère.

' — ^Au fait, dit Bepperl en se levant, il faudrait pour ça, comme dit papa, qu'il se fût éveillé plus matin que moi, et je l'en défie ; j'étais sur pied avant le jour.

^ — Je vais avec toi."

Et Sepperl, ayant averti ses parents de la demande da maitre d'école, se mit en route en compagnie d'André.

Les deux enfants se rendirent chez le maître d'école ; celui-ci était à déjeuner avec un petit gros monsieur que Sepperl reconnut tout de suite pour le voyageur à la chaise de poste brisée.

104 SEFPEKL LB TUCBAUSR ;

"Voici l'enfant dont je vous ai parlé, naonsieur Qelter, dit le maître d'école en présentant le petit Haydp.

— J'ai vu cet enûuit quelque part, répondît M. Reïter.

— Moi aussi, je vous ai vu quelque part, répliqua Sep» perl sans s'intimider.

— Et où donc ?

— Hier, sur la grand'route.

— Monsieur le maître de chapelle, dit le maître d'école, il y a environ quatre ans, je me promenais, ainsi que je le fais tous les jours, après mon dîner ; par le plus grand des hasards, car je ne vais jamais de ce côté, j'avais dirigé m^s pas vers Bohrau ; c'était à la tombée de la nuit ; je marchais pensif. . . lorsque soudain mes oreilles furent agréablement frappées par les sons d'une harpe mêlés à une voix de femme ; de temps en temps une voix d'enfant dominait, et cette voix d'enfant était si pure, si frfuche, que je voulus entendre de près ce concert ; je marchai jusqu'à la boutique du charron Haydn. J'eus peine à revenir de ma surprise en voyant l'honnête ouvrier accompagner, sur une mauvaise harpe, une femme qui chantait assez bien ; et, à ses côtés, un enfant de quatre ans envii'on, qui faisait aussi sa partie, marquant la mesure avec son petit pied, mais si juste, si juste, que j'en fus émerveillé. Je m'approchai de cette famille d'artistes improvisés, et je priai le père de me conâcr son ôls, l'assurant que je lui enseignerais à lire, à écrire la musique, enân tout ce qu'il est utile à un homme de savoir. Le père ne demanda pas mieux. Je me chargeai donc de cet enfant, et j'en ai fait un musicien, un vrai musicien, monsieur le maître de chapelle.

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Dans les occasions solennelles, ponr fêter le retonr de monseigneur, ou aux jours de grandes fêtes à Téglise. c'est lui qui est chargé de jouer des timbales j^^. > ^(

— ^Ah ! tu joues des timbales, dit M. Reïter, qui n'avait cessé, pendant le récit du maître d'école, de regarder l'enfant.

— Je le bats, monsieur, répliqua Sepperl.

— C'est juste, dit le maître de chapelle en souriant ; tu les bats, et tu les bats bien, n'est-ce pas? les bats-tu BowpntJ,^^

'^P^ aussi souvent que je suis battu," riposta l'enfant ; et levant les yeux, il aperçut sur une table une assiette de cerises. Pour dire la vérité, les cerises étaient la passion dominante du petit Haydn, et cellesci étaient si belles, si rouges, si séduisantes, que l'enfant oublia complètement devant qui il se trouvait, absorbé qu'il était dans la contemplation de l'assiette.

Après avoir ri de la naïveté de Sepperl, le doyen le pria â plusieurs reprises de lui chanter un air ; mais, n'obtenant pas de réponse, il leva les yeux,et s'aperçut que toute l'attention de Tenfant était concentrée sur l'assiette de cerises.

"Tu en auras une poignée si tu chantes," lui dit-il.

Et, cette promesse ayant produit son effet, le petit Haydn se mit à chanter lentement un air d'église doux et simple.

"Parfait, parfait ! s'écria le doyen ; à présent fais-moi une cadence.

— ^Une cadence ! je ne sais pas en faire, ni mon maître non plus '.'

106 SEPPERL LE IIUBALIEB;

En disant ces mots, l'enfant tendit ses denx petites mains ; le doyen y mit autant de cerises qu'elles en pouvaient contenir.

— ^Eh bien, veux-tu, mon petit ami, quitter le maître d'école de Hambourg, et venir avec moi à Vienne ?

• — Quitter le maître d'école ? je ne demande pas mieux ; mais m'en aller avec vous... je ne vous connais pas, moi...

—Je suis le maître de chapeUe Beïter, répondit le

voyageur avec beaucoup de bonté ; c'est moi qui dirige

/à la foi^ la musique de la cour et celle de la métropole

de SaLnt-Étienne de Vieime, et comme j'ai besoin de

voix...

— ^Vous voulez prendre ma voix!... merci, monsieur le n\aître de chapelle, interrompit le petit Haydn; chacun la sienne: gardez la vôtre, je garderai la mienne. . .

— ^Tu ne me comprends pas, mon enfant, reprit doucement le doyen ; tu es le fils d'un charron, qui fera de toi un charron, c'est-à-dire toute ta vie un pauvre homme ; moi, au contraire, je t'emmènerai à Vienne ; je t'enseignerai le chant, la musique, la composition ; je ferai de toi un monsieur, im artiste, un homme considéré, que tout le monde aimera, invitera, recevra... Vois, si tu consens à m'accompagner... Eh bien ! pourquoi hésitestu?... réponds donc. . .

— Aurai-je encore des cerises? dit Sepperl, qui avait recommencé à lorgner, du coin de l'œil, ce qu'il en restait sur l'aasiette.

— ^D'abord toute celles-ci, lui répondit le voyageur en.

OIT, JOS£FH HATDlf. 107

mettant l'assiette devant le petit bonhomme; puis, â Vienne, tu trouTeras de^ cerisiers dans mon Jardin, et ta cueilleras des cerises tant que tu voudras...

— C'est dit, monsieur, interrompit le petit Haydn la bouche pleine et mangeant à belles dents ; c'est dit, je vous suis partout.

— ^Ah I un moment, reprit M. Beïter : il faut la permission de ton père.

— ^Papa la donnera.

— ^Et s*il ne voulait pas la donner?

— ^n le voudra si je le veux, et si maman le veut.

— ^N'est-il d<mc pas le maître au logis?

— ^Le maître, c'est moi."

Et comme à cette réponse chacun partit d'un grand éclat de rire, l'enfant devint rouge et répliqua :

'^Le maître, c'est moi, puisque je fais faire à maman ce que je veux, et que maman fait faire à papa ce qu'elle veut... donc... vous comprenez...

—Alors va chercher la permission^ et reviens."

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