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cognée enchantée ; elle étail presque aussi haute que lui, el il eut quelque peine à la mettre debout, le manche appuyé sur la terre.
— Coupe! coupe! lui cria-l-il.
Et voici la cognée qui coupe, qui taille, qui fend, qui abat à droite, à gauche, en haut, en bas. Tronc, branches, racines, tout est en morceaux; ce fut l'affaire d'un quart d'heure; et cependant il y avait tant
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de bois, tant de bois, que la cour tout entière s'en
chauffa pendant plus d'un an.
Quand l'arbre fut abattu et rasé, Poucinet s'approcha du roi, qui avait fait asseoir la princesse auprès de lui, et il leur lit à tous deux un salut gracieux.
— Votre Majesté, dit-il, estelle satisfaite de son fidèle sujet?
— Oui, dit le roi; mais il me faut mon puits, ou sinon gare tes oreilles!
— Que Votre Majesté veuille bien m'indiquer l'endroit qui lui convient, dit Poucinet; j'essayerai encore une fois d'être agréable à mon souverain.
On se rendit dans la grande cour du palais ; le roi se plaça sur un siège élevé; la princesse se mit un peu au-dessous de son père et commença à regarder avec une certaine inquiétude le petit mari que le ciel lui envoyait. Ce n'était pas un époux de cette taille qu'elle avait rêvé.
Sans se troubler le moins du inonde, Poucinet tira de son grand sac de cuir la pioche enchantée; il l'enmancha tranquillement, puis, la plaçant à terre au lieu indiqué :
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El voici Tenu qui jaillit au mi lion des il ours en chant n ni avec un doux murmure.
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— Pioche! pioche! Lui cria-t-il.
Et voilà la pioche1 qui l'ail sauter on éclats le granit, et qui, en moins d'un quart d'heure, creuse un puits de plus de cent pieds de prorondeur.
— Votre Majesté, dit Poucinet en saluant le roi, ti'ouve-t-elle que cette citerne soit assez creuse?
— Oui, certes, dit le roi; mais il y manque de l'eau.
— Que Votre Majesté m'accorde une minute, dit Poucinet, et sa juste impatience sera satisfaite.
Disant cela, il tira de son grand sac de cuir la coquille de noix tout enveloppée de mousse, et la plaça sur une grande vasque où, faute d'eau, on avait mis des fleurs. Une fois que la coquille fut solidement entrée dans la terre :
— Jaillis! jaillis! cria-t-il.
Et voici l'eau qui jaillit au milieu des fleurs en chantant avec un doux murmure, et qui retombe en pluie et en cascade, avec une telle fraîcheur que toute la cour en avait froid, avec une telle abondance qu'en un quart d'heure le puits était rempli, et qu'il fallut creuser en toute hâte un ruisseau pour se délivrer de cette richesse menaçante.
— Sire, dit Poucinet en mettant un genou en terre
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devant le fauteuil royal, Votre Majesté trouve-t-elle
que j'aie rempli ses conditions?
— Oui, marquis de Poucinette, répondit le roi; je suis prêt à te céder la moitié de mon royaume, ou à t'en payer le prix, au moyen d'un impôt que mes fidèles sujets seront trop heureux d'acquitter; mais, pour te donner la princesse et t'appeler mon gendre, c'est une autre affaire, car cela ne dépend pas de moi seul.
— Que faut-il faire? demanda fièrement Poucinet, en mettant le poing sur la hanche et en regardant la princesse.
— Tu le sauras demain, reprit le roi ; en attendant tu es mon hôte, et on va te préparer la plus belle chambre du château.
Le roi parti, Poucinet courut à ses deux frères, qui, avec leurs oreilles coupées, avaient l'air de chiens ratiers.
— Ah ! mes bons amis ! leur dit-il, voyez si j'avais tort de m'étonner de toutes choses et d'en chercher la raison?
— Tu as eu de la chance, reprit froidement Paul; la fortune est aveugle et ne choisit pas toujours le plus digne.
— Tu as bien fait, mon enfant, dit Pierre. Avec ou
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sans oreilles, je nie réjouis de ton bonheur, et je voudrais que noire père lut iei.
Poucinet emmena ses deux frères avee lui; et, comme il était en laveur, le jour même un chambellan trouva moyen d'occuper au château les deux essorillés.
Rentré dans ses appartements, le roi ne dormit pas. Un gendre tel que Poucinet ne lui plaisait guère; Sa Majesté cherchait comment elle pourrait ne pas tenir sa parole sans avoir l'air d'y manquer. Pour les honnêtes gens, c'est une œuvre difficile. Placé entre son honneur et son intérêt, jamais un coquin n'hésite; mais c'est pour cela qu'il est un coquin.
Dans son anxiété, le roi fit appeler Pierre et Paul; les deux frères pouvaient seuls lui faire connaître l'origine, le caractère et les mœurs de Poucinet. Pierre fit l'éloge de son petit frère, ce qui charma médiocrement Sa Majesté; Paul mit le roi plus à son aise en lui prouvant que Poucinet n'était qu'un aventurier, et qu'il serait ridicule qu'un grand prince se crût obligé envers un vilain.
— Cet enfant est si vaniteux, ajouta le méchant