SCÈNE IIe
Mme Prêchabmant , Mme Oudin, Julie Mondain, entrant JOLIE MONDAIN.
Bonjour, Mesdames; qu’est-ce que je viens d’apprendre; Mme Joret la jeune est morte? Vous devez savoir un tas de choses, Madame Oudin, vous qu’êtes voisine. Contez-moi ça.
Mme OUDIN.
Ah! mon Dieu! je ne sais presque rien. Voulez-vous du feu dans votre couvé?
JULIE MONDAIN
Oui, il fait si froid que j’en ai hpiqaette. Nous aurons bien froid , demain , à l’enterrement , car nous irons.
Mm' OUDIN.
Je crois bien. C’est égal, moi, je n’aime pas les enterrements.
JULIE MONDAIN
Il faut bien que chacun y passe.
Mme PRÉCHARMANT.
C’est ce que disait le nouveau vicaire qui a prêché dimanche dernier.
Mme OUDIN.
A propos, comment est-il, prêche-t-il bien?
JULIE MONDAIN
C’est un jeune curé qui a bon ton , bonnes manières; bien sûr qu’il invente tout ce qu’il dit. Et puis , il a l’air si doux.
Mme PRÉCHARMANT.
Oh! oui, c’est un orateur; et il a salué les
dames en s?en allant. C’est étonnant comme le temps passe chez vous, madame Oudin; déjà trois heures, et ma soupe qui n’est pas sur le feu! Il faut que je m’en aille.
Mme ÜÜDIN.
Alors, je ne vous retiendrai pas; je sais ce que c’est; si M. Oudin ne trouvait pas sa soupe prête en rentrant, il ferait des cris de paon.
Mme PRÉCHARMANT.
Allons, Mesdames, nous nous reverrons demain à l’enterrement. ( Elle sort. )