‹ Contes de Boccace; (volume 2)Chapitre 28 sur 68 · LE MARI CONFESSEUR · texte numérisé non relu

LE MARI CONFESSEUR

Quand Lauretteeut fini sa nouvelle, le roi, pour ne point perdre de temps , commanda gracieusement à Flamette de dire la sienne. Voici la manière dont celle aimable dame débuta :

Je suis intimement persuadée qu'il n'y a pas grand mal à tromper les maris jaloux, surtout ceux qui le sont sans sujet 5 je ne doute même point que, si les hommes qui ont fait les lois eussent prévu tous les cas, ils n'auraient pas plus prononcé en ceci de peine contre les femmes qu'ils ne l'ont fait à l'égard de ceux qui , pour se défendre, se servent avec avantage de leurs armes. Les jaloux sont en effet les vrais ennemis de la tranquillité des femmes 5 ils ne cherchent qu:à leur rendre la vie amère, ou plutôt à les faire mourir de chagrin et de désespoir. Est-il rien de plus naturel que de se reposer les jours de fête, et de chercher à se distraire honnêtement, surtout après avoir employé le reste de

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la semaine aux soins du ménage et au travail ? Cependant que de maris jaloux refusent même cette consolation à leurs femmes , et les tiennent , ces jours-là , plus captives que les autres jours ! J'en connais qui ne leur permettent seulement pas d'aller à l'office divin, ni de mettre la tête à la fenêtre. Leur jalousie leur fait oublier que les jours de dimanche sont consacrés au culte de Dieu et à une sainte récréation ; que Dieu luimême en a fait un précepte et donné l'exemple , en se reposant le septième jour des travaux de la création , et que les laboureurs , les artisans , les plus grands seigneurs, toutes les classes de citoyens, s'y conforment avec une religieuse exactitude. Que cette cruelle jalousie les rend aveugles et injustes ! que le sort de leurs femmes est à plaindre ! combien cette vie est triste et ennuyeuse pour ces pauvres victimes ! Celles qui se trouvent dans ce cas peuvent seulement en avoir une juste idée. D'où je conclus que, loin de punir et de blâmer les femmes qui , ayant des maris jaloux sans sujet, savent se venger, on devrait au contraire les applaudir et les récompenser.

Il y eut autrefois à Rimini un marchand très-riche en fonds de terres et en argent, dont la femme était belle et au printemps de son âge. Il en devint jaloux outre mesure. Quelle était sa raison? Il n'en avait pas d'autre, sinon qu'il l'aimait à la folie, qu'il la trouvait parfaitement belle et bien faite , qu'elle s'étudiait h lui plaire, et qu'il s'imaginait qu'elle cherchait également

à plaire aux auUeç, chacun la trouvant aimable, et ne se lassanL point cje louer sa beauté : idée bizarre, qui ne pouvait sortjr que d'un esprit étroit ou malsain. Gourmande sans cesse par celle jalousie, il ne la perdait pas un instant de vue; de sorte que cette infortunée étqit gardée de plus près que ne le sont beaucoup de criminels condamnés à mort. Il n'y avait pour elle ni noces, ni fèies, ni promenades \ il ne lui était même permis d'aller à (figlisi) que les jours de grande solennité, et clic passail le reste du temps à la maison, sans avoir la liberté de mettre la tète aux croisées de la rue, pour quelle raison que ce fut. Sa condition, en un mot, était (les plus malheureuses, et elle la supportait avec d'au!anl moins de patience, qu'elle n'avait pas le moindre reproche h se faire.

Rien n'est plus capable do nous porter au mal que la mauvaise opinion qu'on a de pous. Cette femme, se voyant sans sujet martyre do la jalousie de son mari, crut qu'il n'en serait ni plus ni moins de l'être avec fondement, Mais comment s'y prendre pour venger l'injure faite à sa sagesse? Les fenêtres étaient toujours fermées, et le jaloux se donnait bien de garde d'amener qui que ce fut au logis à qui elle eût pu inspirer de l'amour. ^ 'ayant donc pas la liberté de choisir, 3t sachant que, dans la maison contigue à la sienne, demeurait un jeune homme bien fait et bien élevé, elle souhaitait qu'il y eut quelque fente à la muraille de séparation, où elle regarderait si souvent, qu'enfin elle pourrait le voir, (ni parler et lui donner son cœur, s'il voulait l'accepter.

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Dans cette idee, elle ne fut occupée , pendant l'absence de son mari, qu'à visiter le mur de coté et d'autre, en soulevant à mesure la tapisserie qui le couvrait. A force d'en parcourir les diflerens endroits , elle aperçut une petite fente. Elle approche ses yeux de cette ouverture, et voit un peu de jour à travers. Quoiqu'il ne fût pas possible de distinguer par là les objets, il lui fut néanmoins facile déjuger que ce devait être une chambre. Si c'était par hasard celle de Philippe , disait-elle en elle-même, mon entreprise serait à moitié exécutée. Dieu le veuille! Sa servante, qu'elle avait mise dans ses intérêts, et qui plaignait son sort , fut chargée de s'en informer adroitement. Cette zélée confidente découvrit que la petite fente donnait précisément dans la chambre du jeune homme, et qu'il y couchait seul. Dès ce moment, la belle ne s'occupait qu'à visiter le petit trou, surtout lorsqu'elle soupçonnait que Philippe pouvait être chez lui. Un jour, qu'elle l'entendit tousser, elle se mit aussitôt à gratter la fente avec un petit bâton. Le jeune homme s'approcha pour voir ce que c'était. Elle l'appelle alors tout doucement 5 et, Philippe l'ayant reconnue au son de sa voix, et lui ayant répondu gracieusement, elle se hâta de lui faire connaître les sentimens d'estime qu'elle avait conçus pour lui. Le jeune homme, enchanté d'une si heureuse aventure, travailla, de son coté à agrandir le trou , ayant grand soin de le couvrir de la tapisserie toutes les fois qu'il s'en retirait. En peu de temps la fente fut assez large pour se voir et se toucher la main ; mais les deux amans ne pouvaient rien

faire de plus, à cause de la vigilance du jaloux, qui sortait rarement du logis, et qui renfermait sa femme à la clef lorsqu'il était obligé de s'absenter pour quelque temps.

Les fêtes de jNoël n'étaient pas éloignées, lorsqu'un beau matin la femme dit à son mari qu'elle désirait de se confesser et de se mettre en état de faire ses dévotions le jour de la nativité du Sauveur, selon la pratique de tous les bons chrétiens. Qu'avez-vous besoin de vous confesser? répondit-il. Quels péchés avez-vous commis? Croyez-vous donc que je sois une sainte, repartit-elle, et que je ne pèche pas aussi bien que les autres? Mais ce n'est pas à vous que je dois les dire, puisque vous n'êtes pas prêtre , et que vous n'avez pas le pouvoir de m'absoudre. Il n'en fallut pas davantage pour faire naître mille soupçons dans l'esprit du jaloux, et pour lui donner envie de savoir quels péchés sa femme pouvait avoir commis. Croyant avoir trouvé uu moyen assuré pour y réussir, il lui répondit qu'il consentait qu'elle allât se confesser, mais à condition que ce serait dans sa chapelle, et à son chapelain, ou à tout autre prêtre que celui-ci lui donnerait-, bien entendu qu'elle irait de grand malin , et qu'elle s'en retournerait de suite. La belle , qui ne manquait pas de pénétration , crut démêler quelque projet dans cette réponse; mais, sans lui rien témoigner, elle répondit qu'elle se conformait à ses intentions.

Le jour de la fête venu , elle se lève à la pointe du jour, s'habille et va droit à l'église qui lui avait été assignée . et où son mari arriva avant elle par un autre

chemin. Il avait mis le chapelain dans ses intérêts , et avait concerté avec lui ce qu'il se proposait de faire îl se revêtit incontinent d'une soutane et d'un capu chon ou camail qui lui couvrait le visage, et alla s'as seoir au chœur dans cet équipage. La dame ne fut pas plus tot entrée dans l'église , qu'elle fit demander le chapelain , et le pria de vouloir bien la confesser. Il lui dit qu'il ne lui était pas possible de l'entendre dans le moment présent, mais qu'il allait lui envoyer un de ses collègues , qui n'était pas si occupé, et qui la confesserait avec plaisir. Un moment après, elle vit venir son mari dans l'accoutrement dont je viens de parler. Quelque soin qu'il eût pris pour se cacher, elle le reconnut d'abord, et dit aussitôt en elle-même : Béni soit Dieu ! de mari jaloux , le voilà devenu prêtre. Nous verrons qui de nous deux sera la dupe. Je lui promets de lui faire trouver ce qu'il cherche : j'en ferai un sot, où je serai bien trompée.

Le jaloux avait eu la précaution de mettre de petites pierres dans sa bouche, afin de n'être point reconnu au son de sa voix. La femme, feignant de le prendre pour un véritable prêtre , se jette à ses pieds, et, après en avoir reçu la bénédiction, se met à lui débiter ses petits péchés. Elle lui dit ensuite qu'elle était mariée , et s'accusa d'être amoureuse d'un prêtre qui couchait toutes les nuits avec elle. Ces paroles furent autant de coups de poignard pour le mari confesseur : il aurait éclaté, si le désir d'en savoir davantage ne l'eût retenu. Mais quoi! lui dit-il, votre mari ne couche-t-il pas avec vous? — Il y couche, mon

père. — Comment donc le prêtre peut-il y coucher? — Je ne sais q»el secret il emploie, répliqua la pénitente ; mais il n'y a point de porte au logis , quelque fermée qu'elle soit, qui ne s'ouvre aussitôt qu'il la touche. Avant d'entrer dans ma chambre, il est dans l'usage de prononcer certaines paroles pour endormir mon mari, et c'est alors qu'il ouvre la porte et vient se coucher auprès de moi. — C'est très-mal à vous, madame-, et, si vous faites bien, vous ne recevrez plus ce malheureux prêtre. — Je ne saurais m'en empêcher : je l'aime trop pour prendre sur moi d'y renoncer. — En ce cas, je ne puis vous donner l'absolution. — J'en suis fâchée j mais je ne suis point venue ici pour dire des mensonges. Si je me sentais la force de suivre votre conseil , je vous le promettrais volontiers. — Eu vérité, madame, jai regret que vous vous damniez de cette manière; c'est fait de votre âme si vous ne renoncez à ce commerce criminel. Tout ce que je puis faire pour vous, c'est de prier le Seigneur de vous convertir, j'espère qu'il exaucera mes ferventes prières. Je vous enverrai de temps en temps mon clerc, pour-savoir si elles vous ont été de quelque secours. Si elles produisent un bon effet, nous irons plus avant, et je pourrai vous absoudre. — Dieu vous préserve, mon père, d'envoyer qui que ce soit chez moi : mon mari est si jaloux, que, s'il venait à s'en apercevoir, on ne lui óterait pas de l'esprit que c'est pour faire du mal, et je ne pourrais vivre avec lui; il ne me fait déjà que trop souffrir. — Ne vous embarrassez pas de cela, madame; j'arrangerai les choses de manièro, au'il ne w»r?. en parlera jamais.

A cette condition, reprit la pénitente, j'y consens île çrand cœur.

La confession achevée, et la pénitence donnée, la dame se leva et entendit la messe. Le jaloux alla quitter ses habits, puis s'en retourna chez lui, le cœur plein d'impatience, et brûlant de surprendre le prêtre, dans la résolution de lui (aire passer un mauvais quart*dheure.

La belle, de retour au logis, n'eut pas de peine à s'apercevoir, à la mine de son mari, qu'elle lui avait mis martel en tête : il était d'une humeur épouvantable. Quoiqu'il fit tout son possible pour n'en rien donner à connaître, il résolut de faire sentinelle, la nuit suivante, dans Un réduit voisin de la porte de la rue, pour voir si le prêtre entrerait. Il faut , dit-il à sa femme, que j'aille ce soir souper et coucher en ville : ainsi je te prie de tenir les portes bien fermées , celle de l'escalier et celle de ta chambre surtout. Pour celle de la rue , je me charge de la fermer et d'en emporter la clef. A la bonne heure, répondit-elle ; sois aussi tranquille que si tu étais auprès de moi.

Voyant que les affaires prenaient la tournure désirée elle p-uetta le moment favorable pour aller au petit trou de communication, et fit le signe convenu. Philippe s'approche aussitôt , et la dame lui conte ce qu'elle avait fait le matin , et ce que son mari lui avait dit l'aprèsdînée. Je ne suis pas dupe, continua-t-elle, de son prétendu projet; je suis même bien assurée qu'il ne sortira'pas de la maison: mais qu'importe , pourvu qu'il se tienne près de la porte de la rue, où il fera senti-

nelle toute la nuit ? Ainsi , mon cher ami , tâchez de vous introduire chez nous par le toit, et de venir me joindre dès que la nuit sera arrivée. Vous trouverez la fenêtre du galetas ouverte-, mais prenez bien garde, en passant d'un toit à l'autre, de ne pas vous laisser tomber. Ne craignez rien, ma bonne amie, répondit le jeune homme au comble de la joie : la pente du toit n'est pas bien rapide 5 il ne m'arriverà aucun mal.

La nuit venue, le mari prit congé de sa femme, feignit de sortir, et , s'élant muni de ses armes , alla se poster dans le réduit voisin de la rue. De son côté, la dame feignit de se bien barricader, et se contenta de fermer la porte de l'escalier, afin que le mari ne pût approcher. Elle courut ensuite au-devant de Philippe, qu'elle fit descendre dans sa chambre, ou ils passèrent le temps d'une manière agréable. Ils se séparèrent au moment où le jour commençait à poindre , encore ne fut-ce pas sans regret.

Le jaloux , armé de pied en cap , mourant de dépit, de froid et de faim, car il n'avait point soupe, fit le guet jusqu'au lever du soleil; et, n'ayant pas vu venir le prêtre , il se coucha sur un pliant qu'il y avait dans cette espèce de loge. Après avoir dormi deux ou trois heures , il ouvrit la porte de la rue , et fit semblant de venir de dehors. Sur le soir, un petit garçon, qui se disait envoyé de la part d'un confesseur, demanda à parler à sa femme , et s'informa d'elle-même si l'homme en question était venu la nuit passée. La belle, qui était au fait, répondit qu'il n'avait point paru , et que , si son confesseur voulait lui continuer

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ses secours encore pendant quelque temps, elle pourrai' bien oublier la personne pour qui elle se sentait encore de l'inclination.

On le croira avec peine-, mais il n'est pas moins vrs' que le mari, toujours aveuglé par sa jalousie, conti nua de faire le guet pendant plusieurs nuits, dans l'espérance de surprendre le prêtre. On sent bien que la femme ne manqua pas de profiter de chacune de ses absences pour recevoir les caresses de son amant, et s'entretenir avec lui du plaisir qu'il y avait de tromper un jaloux.

le mari, las de tant de fatigue inutile ,' perdant fespoif de convaincre sa femme d'infidélité, ne pouvant toutefois retenir les mouvemens de son humeur jalouse, prit enfin le parti de lui demander ce qu'elle avait dit à son confesseur, puisqu'il envoyait si fréquemment vers elle. La dame répondit qu'elle n'était point obligée de le lui dire. Le mari insista ; et, voyant que c'était inutilement : Perfide! scélérate! ajouta-t-il d'un ton furieux ; je sais, malgré toi , ce (pie tu lui as dit , et je veux absolument savoir que! est le prêtre téméraire qui, par ses sortilèges , est venu coucher avec toi , et dont lu es si fort éprise • tu me diras son nom , ou je t'étranglerai. La femme alors protesta qu'elle n'était amoureuse d'aucun prêtre. — Comment, malheu reuse ! n'as-tu pas dit à celui qui te confessa le jour de Noël que tu aimais un prêtre, et qu'il venait coucher presque toutes les nuits avec toi quand j'étais endormi ? Ose me démentir. — Je n'ai garde de le faire, répliqua la dame: mais réprime/., de grâce, votre emporte-

meni , et vous allez lout savoir. Est-il possible, ajouta t-elle, qu'un homme avisé comme vous Tètes se laisse mener par une femme aussi simple que moi? Le plus singulier, c'est que vous n'avez jamais été moins prudent que depuis que vous avez livré votre cœur au démon de la jalousie , sans trop savoir pourquoi. Aussi, plus vous êtes devenu sot et stupide, moins je dois m'applaudir de vous avoir joué. Pensez- vous, en bonne foi , que je sois aussi aveugle des yeux du corps que vous l'êtes depuis quelque temps des yeux de l'esprit? Détrompez-vous; j'y vois très-clair, et si clair, que je reconnus fort bien le prêtre qui me confessa dernièrement. Oui, je vis que c'était vous-même en personne. Mais, pour vous punir de votre curieuse jalousie, je voulus vous faire trouver ce que vous cherchiez , et j'y réussis parfaitement. Cependant, si vous eussiez été un peu intelligent, si cette affreuse jalousie qui vous tourmente ne vous eût entièrement óté la pénétration que vous aviez autrefois , vous n'auriez pas eu si mauvaise opinion de votre femme, et vous auriez senti que ce qu'elle vous disait était vrai , sans toutefois la croire coupable d'infidélité. Je vous ai dit que j'aimais un prêtre : ne l'étiez-vous pas dans ce moment? J'ai ajouté qu'il n'y avait point de porte qui ne s'ouvrît pour lui quand il voulait venir coucher avec moi : quelle porte vous ai-je fermée lorsque vous êtes venu me trouver? Je vous ai dit de plus que ledit prêtre couchait toutes les nuits avec moi : quand est-ce que vous avez manqué d'y coucher? Et , quand vous n'y avez point couché, ej que vous m'avez envoyé votre prétendu clerc,

n'ai-je pas répondu que le prêtre n'avait point paru ? Ce mystère était-il si difficile à débrouiller? Un homme à qui la jalousie a fait perdre l'esprit a pu seul s'y méprendre. Reprenez votre raison; soyez, comme autrefois , sans soupçon et sans jalousie ; ne vous exposez plus à devenir le jouet de ceux qui pourraient être instruits de vos folies. Croyez que, si j'étais d'humeur à vous tromper et à vous traiter comme un jaloux de votre trempe mériterait de l'être, vous ne m'en empêcheriez pas, et, eussiez- vous cent yeux, je vous jure que vous ne vous en apercevriez point. Ainsi, épargnez- vous des soins inutiles, aussi outrageans pour votre femme qu'injurieux à vous-même.

Le méchant jaloux, qui croyait avoir appris par une ruse le secret de sa femme , se trouvant lui-même pris pour dupe , n'eut rien à répliquer. Il remercia le ciel de s'être trompé, regarda sa femme comme un modèle de sagesse et de vertu , et cessa d'être jaloux précisément dans le temps qu'il avait sujet de l'être. Cette conversion donnant plus de liberté à la dame, elle n'eut plus besoin de faire passer son amant par-dessus les toits , comme les chats, pour recevoir ses visites. Avec un peu de précaution, elle le faisait venir parla porte , et se divertit long-temps avec lui sans gêne et sans être soupçonnée de la moindre Salanterie.

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