CONTE DE L’HUISSIER
L y a, m'eft avis, au nord de PAngleterre Un pays très marécageux Holderneffe eft fon nom. Un certain jour un Frère % De l’ordre des Quêteurs, fe trouvant dans ces lieux Pour prêcher, et furtout pour demander l’aumône S’en fut dans une églife, et voici de fon prône Le plus ferré de l’argument :
‘€ Que l’on devait tout fpécialement Donner beaucoup, mais à ceux de fa robe, Qui faifaient vœu de pauvreté, Et non pas certe enfler la garde-robe De ces moines vivant tous en communauté Dans le luxe et dans les richefes.” I] fallait, felon lui, faire dire des meñles, Et trente pour le moins, pour fortir de l’enfer Les âmes des pécheurs prifes par Lucifer ; «6 Il eft dur,” difait-il, “° d’être en une chaudière Rôti par devant, par derrière, Défagréablement configné dans un four Pour y griller et la nuit et le jour;
Trente mefles pouvaient éteindre bien des flammes, Et rafraichir aflez bon nombre d’imes ; Donc on devait bien vite s’abonner,
Et pour l'amour du Chrift fe prefler de donner.”
Et quand il eut ainfi dit fon dire, ce Frère
Avec un cam patre, c’était là fon affaire,
Quitta fes auditeurs, comme péroraifon
S’en allant fureter de maïfon en maïfon,
Un petit fac en main, la robe retrouflée,
Plus un bâton ferré, était fon caducée,
Demandant à chacun du fromage, du blé
Le tout d’un ton bien emmiellé.
Son compagnon à l’afpett trifte et morne, Avait un long bâton garni de corne, Des tablettes d’ivoire, un ftylet bien poli, Et notait de crainte d’oubli Les noms de tous les gens qui donnaient quelque chofe, Prier pour eux c’était la glofe.
€ Donnez-nous,” difait-il, ‘ un boifleau de froment,
De drêche ou bien de feigle, ou bien tout uniment
Un gâteau du bon Dieu, ce que par aventure Vous avez là, quelqu'en foit la nature,
Un demi fou, du lard ou du cochon, Ou bien encor un deflous de bouchons Oh! notre chère fœur, donnez-nous quelque chofe Du bœuf, du mouton, une alofe,
Je l’infcris votre nom, voyez fur mon calpin,
Donnez n’importe quoi, mais donnez-nous enfin !”
Un ribaud, gros gaillard, et pas du tout bancroche
Suivait ces deux coquins et portait la facoche
Où venait s’engloutir, venait fraternifer
Tout ce que produifait leur grand art de gueufer.
Et fitôt qu'on était tout-ä-fait hors de vue
On effaçait les noms, c’était chofe entendue, Et le tour au complet Etait fait, et parfait! ‘6 Tu mens! vilain Huiïfñer, halte-là !”” .. dit le Frère.
—‘ Paix pour l'amour du Chrift et de fa fainte mère !” Dit notre hôte . . ...“ Malgré cette interruption, Huifier, reprend le fil de ta narration; N'épargne rien, fi ce Frère tempête Que fon courroux point ne t’arrète !” —4 Ainf foit!” dit l’Huifher, “ c’eftmonintention!”
De logis en logis il pourfuivit fa route, Toujours gueufant, cela ne fait pas doute, Jufqu’à ce qu’il advint à certaine maïfon Où de le bien gaver on avait l’habitude ; Si que, de manger à foifon, D'avance il careffait la douce certitude. - Le mari, maître de céans, Gardait le lit malade, et ce, depuis long-temps. ‘6 Deus bic!” a-t-il dit ce Frère De la plus courtoife manière :
‘6 Bon jour, mon bon ami Thomas!
Que j'ai mangé de fucculents repas, Oh! que de mets exquis j’ai vu fur mon afliette, Sur ce banc que voici, magnifique fellette !
Ami Thomas, que le bon Dieu Te rende un jour le bien que reçus en ce lieu !” Et de ce banc chafñlant la chatte Qui cuvait de lait une jatte,
I y mit fon bâton, il y mit fon chapeau, Et mêmement fon petit fac de peau, Et puis alors s’aflit tranquille, Tandis que fon Pylade allait de par la ville Avec le befacier, regagner le réduit Où tous les trois devaient pafñler la nuit.
Dit le malade : ‘“ O très cher maître, Depuis ce mois de mars, ne vous ai vu paraître, Dites, comment vous portez-vous, Pourquoi ne plus venir chez nous ?” «6 Dieu fait!” dit le Frater, “ fi j'ai travaillé rude ! Pour ton falut furtout! fur ma béatitude !
J’ai dit mainte et maïnte oraïfon, Et pour d’autres amis jufques à pâmoifon.
Aujourd’hui fuis allé prêcher à votre églife, Et je n’ai pas eu la fottife D'’aller m’embarafler du texte de la loi, D'autres font plus bêtes que moi!
‘A quoi bon vous jeter au nez les écritures, Vous n’y comprenez rien à toutes ces figures, La lettre tue, oui, c’eft la vérité!
Mais l’efprit vivifie, et c’eft fait attefté, Voilà pourquoi toujours, je ne faurais m’en taire, J'aime à prêcher le commentaire.
J'ai prêéché, mon ami Thomas, Qu'il faut envers chacun être bon, charitable, Et dépenfer fon bien de façon raifonnable, J'ai vu ta femme là ;—mais je ne la vois pas La dame de céans ? . . Dis où donc peut-elle être ?”
‘€ Sans doute elle eft dans la cour par là bas,” Dit cet homme, “et ne peut pas tarder à paraître.”
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‘Eh! mais, de par St. Jean! c’eft lui, c’eft le cher maître !” Dit cette ménagère, ‘‘ il eft enfin venu !
Allez-vous bien au moins ? . . Soyez le bien venu!”
De façon très courtoife il s’eft levé le Frère, Et dans fes bras étreint la ménagère, L’embrafle doucement, puis avec bonne humeur : ‘6 Dame,” dit-il, ‘* je fuis votre humble ferviteur, Et me porte très bien ;—mais Dieu fauve mon âme! A léglife, tantôt, je n’ai pas vu de femme Aufi jolie, aufli fraiche que vous ?”
‘ Dieu garde mon orgueil de ce propos trop doux, Mais par ma foi foyez le bien venu,” dit-elle. ‘€ Grand merci ! de bontés vous êtes un modèle ! Mais, vous voudrez bien, n’eft-ce-pas ?
Qu’un tantinet je parle à notre ami Thomas, Ces curés font très lents, très inaptes, je penfe, A fouiller une confcience, A la purger, à la débarbouiller, A Pefluyer, à la ravitailler ; De l’avouer j'ai la faibleffe, Je fuis un aigle moi dans la confeffion, Ainfi que dans la prédication, Et chaque fois que je confefle, Je fais fi bien tous mes auteurs, Et Pierre et Paul, tous les docteurs, Que la canne à la main vraiment je me promène Dans l’âme du pêcheur comme dans mon domaine, Afin d’obtenir à Jéfus Une dîme de plus !”
‘6 Eh bien! donc, tancez Je vertement,” lui ditelle, ‘6 À tout moment il me cherche querelle, Il eft colère ainfi qu’une fourmi, Et quand il grogne, hélas! ce n’eft pas à demi: Il a pourtant en tout ce qu’il défire, J’ai foin de lui, je lui tiens chaud la nuit, Enfin, que pourrai-je vous dire ?
J'étends fur lui ma jambe et tout ce qui s’en fuit ; Mais rien ne fait, il eft brufque et mauffade Comme notre pourceau me paye en rebuffade, Et pour tout le bien que lui fais De lui je n’obtiens rien jamais !”
6 Thomas! Thomas ! c’eft un ami fincère Qui vous parle aufli bien qu’un Frère, Il faut amender ça, Thomas!
Cela fent trop fon Satanas.
Dieu nous a défendu de nous mettre en colère. Et là deffus je veux Vous dire un mot ou deux.”
‘6 Ah! mais, à propos,” dit la femme, ‘ Avant de lui chanter fa gamme Et quelque peu le ramoner, Dites! que vous ferai-je aujourd’hui pour diner ? Parlez! je vais à la cuifine! ” —‘ Eh! bien ! Dame,” dit-il, “ je n’ai point faim canine, Si vous me donnez feulement D'un fin chapon le foie, A défaut d’un chapon, mettons celui d’une oie, Un peu de ce bon pain que fites fraîchement,
- Puis d’un cochon rôti la tête ; (Pour moi pourtant, ne tuez une bête !) J'en aurai bien aflez, mon Dieu!
Car je vis de fi peu!
Mon efprit lui, vit de la bible, C'eft fon unique comeftible !
Auffi mon corps toujours fi prompt Craque et fe rompt; Mon eftomac ne vaut pas une maille I] fe déraille !
Ne prenez pas à mal, Dame, ce que je dis, Pardieu ! ne parle aïnfi qu’à de rares amis !” 6 Maintenant,” dit-elle, ‘‘ Meflire, Avant de vous quitter, un feul mot à vous dire! Il y a quinze jours mon cher enfant eft mort, Comme de ce canton vous quittiez le reflort.”
‘€ Par révélation, du pauvre petit hère J'ai vu la mort,” reprit le Frère :
‘6 Oui, c’était au dortoir, l’ai vu porter au ciel Vers le féjour du bonheur éternel, Auf bien que Dieu me dirige!
Et cette vifion prodige Notre digne infirmier, et notre fofloyeur, Qui depuis cinquante ans, nos frères, Ont fait leur jubilé, l’a permis le feigneur Pour mettre plus au jour leurs vertus exemplaires, En ont aufli vu la fplendeur!
Voilà que je me lève, et tout le monaftère Aüinfi que moi, Et tous à l’œil un pleur, au cœur un faint émoi, Nous allons adorer ce fublime myftère.
Te Deum fut chanté, le Chant du Paradis !
Et non pas le de profundis ; Le tout fans bruit, fans le fon d’une cloche, Et fans faire medianoche ; Hormis que comme de raifon, À Jéfus fs une oraifon Pour le remercier de m’avoir fait connaître Qu'il donnait le bonheur à ce cher petit être. Car croyez-moi bien mes amis, Grâce à nos oraïifons les céleftes lambris S'ouvrent pour nous ; nous voyons la lumière Et les chofes de Dieu, mieux que Rois de la terre. C’eft que vivons de pauvreté, .
C’eft que vivons de charité, Et dans la plus humble abftinence, Lorfque les porte-drap, ces impurs, font bombance; C'eft que nous, nous tenons les plaifirs en mépris, Et n’afpirons qu'au Paradis.
Mais du pauvre et du riche on fait la différence Au ciel, et de tous deux jufte eft la récompenfe. Celui qui veut prier, doit jeüner, être pur, Et prendre foin de l’âme et non du corps, c’eft für ! Nous vivons nous felon l'apôtre, Avec mauvais habits et n’ayant bien fouvent Rien qui {oit nôtre, Rien à nous mettre fous la dent ; Mais nous les fupportons les humaïnes misères : Avec efprit d’humilité ; Les jeûnes et la pureté De nous, quoique de pauvres frères, .
Font que le Chrift accepte les prières !
Moïfe, voyez-vous, jeüna quarante jours, Et puis quarante nuits, en prière toujours
Avant que le Très Haut dans fa bonté fuprême, Prenant en pitié fon émoi, Lui confia les Tables de la loi.
Elie, on fait cela, fe conduifit de même, Et fur le mont Horeb il ne vifagea Dieu, Qu’après avoir jeûné bien long-temps dans ce lieu.
Aaron qui du temple avait lui l’intendance, Et les prêtres de fa croyance, Quand ils devaient au temple aller tous prier Dieu Certes n’auraient pas bu, parbleu!
Ils priaient, ils veillaient, rien que dans l’abftinence, Notez ce que je dis, ayez-en fouvenance !
Notre Seigneur Jéfus, l’écriture en fait foi, Nous fit de la prière et du jeûne une loi ; Donc nous qui mendions, nous autres pauvres frères, Sommes voués à toutes les misères, Tout d’abord à la pauvreté, Puis enfuite à la charité, Et de plus à l’humilité, Et puis encore à l’abftinence, De tout vilain défir de la concupifcence, Même à la perfécution, Parce que parmi nous vit la tentation Qui fit perfécuter hélas ! nombre d’apôtres, D’être utile au prochain, oui d’être utile aux autres D’être toujours au vice en oppofition ; Concluez donc que les prières De nous autres Quêteurs, les plus humbles des frères, Vont bien plus vite au tribunal de Dieu, Que vos falamalecs à vous tous gens de peu!
Qui vous abandonnant aux plaifirs de la table Etes chair à pâté dont fe nourrit le Diable !
L’homme fut tout d’abord chañlé du Paradis, Pourquoi ? . . Parbleu, pour fa gloutonnerie, Il était chaîfte avant ce, m'eft avis!
Ecoute, mon Thomas, ce n’eft pas mainerie, Ne prêche fur le texte, en vérité le dis, Mais m'en vais te prouver avec le commentaire, Vois-tu, Thomas, c’eft ma manière, Que notre doux Seigneur Jéfus Penfait bien à nous, mordicus !
A nous Frères Quêteurs, à nous, à chaque Frère, Quand il difait : ‘ Bénis foient fur la terre Tous les pauvres d’efprit !’—Ce n’était des heureux
Qu'il parlait dà ! ni des ambitieux !
Nargue de leur éclat, de leur libertinage !
Oh! que bien mieux vaut être fage! Semblables à Jovinien, Gras comme une baleine, au fantafque maintien, Vineux ainfi qu’une bouteille, Leurs prières, hélas, trébuchent avec eux, Et certes, ce n’eft pas merveille, Si, tombant en enfer, elles ne vont aux cieux. Quand de David ils récitent le pfaume Pour les âmes, felon le rit, Ils difent, c’eft vraiment honteux ! . . pour épitome Le Cor meum eruftavit !
Qui mieux que nous du Chrift fuit le St. Evangile, Que nous qui travaillons à la vigne de Dieu, Qui jeünons à chaque vigile, Et qui de pauvreté tous avons fait le vœu ?
Nous qui fommes humbles et chaftes
Et dont les devoirs font fi vaftes !
Avec vitefle aufli s’élancent dans les airs Et vont frapper tout droit au féjour des éclairs Les prières Des Frères ; Thomas ! Thomas! ô mon ami Thomas!
Par ce feigneur nommé St. Yve, | T'u n’as pas d’autre alternative Que refter avec nous, te jeter dans nos bras, Autrement, non jamais tu ne profpéreras.
Nuit et jour nous prions le bon Dieu qu’il t'envoie Un remède à tes maux, fanté, puiflance et joie, Afin qu’il te permette alors A ton gré gouverner ton corps.”
—‘t Dieu fait !” dit-il, “que ne m’apperçois guère Du réfultat de la prière ; Auf vrai que m’aide le Chrift !
Aux Frères j’ai donné des facoches de vivres, Pour eux j’ai dépenfé ne fais combien de livres, Et ne m'en porte mieux, car fuis toujours au lit. Le fait eft que l’argent et l’or me font lacune, Et que je n’ai prefque plus de pécune !”?
‘6 En eft-il donc ainf, Thomas ?” Tout-à-coup répondit le Frère ; ‘ Donner à d’autres! mais quel galimatias !
Je ne fais que dire et que faire ?
Quel befoin a celui qui pofsède un tréfor De médecin,—courir après d’autres encor ?
Thomas, vous manquez de prudence, Et contre vous votre inconftance
Tournera, j'en donne ma foi !
Pour qui nous prenez-vous et mon couvent et moi ? Pour gens qui ne pouvons à force de prières Vous obtenir la fin de vos misères ?
Ce tour, maître Thomas, ne vous fait pas honneur ; Etonnez-vous après cela, fi la douleur Prend fes quartiers chez vous, et s’inftalle en maïîtreffe ? Votre mal, voyez-vous, vient de votre faibleffe, Tous vos biens vous les difper{ez, Et ne nous donnez pas aflez.
À ce couvent donnez un demi quart d’avoine, A lPautre un bon morceau de votre patrimoine, A ce Frère qui vient le bon Dieu feul fait d’où, Allègrement vous accordez un fou, Et vous croyez Thomas, bien faire ?
Nenni dà, je ne puis le taire, Vous faites mal, on ne peut pas plus mal, Je vous le dis d’un ton brutal, Mais c’eft qu’en vérité je n’ai pas patience Quand je vous vois ainfi faire aéte d’ignorance. En douze partagé, dis, que vaut un liard ?
Et qu’en vaudrait même le quart?
En faifceau réunie eft forte chaque chofe, Eparpillée . . . oh! partout on en glofe, Chaque chofe fans un lien N’eft rien.
Thomas, je te le dis, avec toute franchife, Et ne veux être ton flatteur, Tu voudrais, mais pour rien, avoir notre labeur, Mon ami, c’eft une bêétife.
Le Dieu puiffant, de Tous le Créateur Dit que fur cette terre,
. L'ouvrier a droit au falaire, Pour moi, Thomas, ne veux rien de votre tréfor, Maïs pour notre couvent, oh! c’eft une autre affaire! Parce que le couvent prie et reprie encor Soir et matin pour vous, cher Frère ; Et pour édifier l’églife de Jéfus.
. Thomas! je ne vous en dis plus!
Si vous voulez favoir comment au Chrift un temple Ef élevé, confultez par exemple, Ne vous en repentirez pas, L’hiftoire de Ste. Clorinde, Ou bien celle de St. ‘Thomas De l Inde!
Vous êtes alité, plein d’un reflentiment Que maitre Satanas vous fouflle inceflamment Contre votre innocente femme, Si patiente, et fi bonne âme !
Oh! Thomas! mon ami Thomas!
Avec ta femme cefle avoir des altercas ; Retiens ce précepte du fage :
‘ Dans ta maïfon n'’agis pas en lion, Sur tes fujets ne fais oppreflon, Ne force tes amis à fuir devant l’orage !?
Et maintenant, T'homas, je te le dis, d’honneur, Gare-toi du ferpent qui fommeille en ton cœur, De ce hideux ferpent qui fur toi prend empire | LIre !
Serpent infidieux qui très traîtreufement Se.glifle en ton efprit, le mord aflidument; Vingt mille hommes, mon cher, ont tous perdu la vie. Pour s'être laiflés prendre au démon de l'envie D’avoir maille à partir et la nuit et le jour
Avec femme ou maïîtrefle autrefois leur amour. Et puifque par hazard, Thomas, ta ménagère, ER fi fainte, fi bonne, et fi faite pour plaire, Pourquoi fans rime, ni ralfon Mettre en défarroi ta maiïfon ?
I n'eft vilain ferpent, il n’eft laide vipère, I] n’eft animal fi hargneux, Qui foit pis que la femme une fois en colère, La vengeance pour elle eft le plaifir des Dieux ! C’eft un rude péché, mon cher Thomas, que l’Ire, Des péchés capitaux, je crois que c’eft le pire ; Abominable à Dieu, de l’homme c'’eft l’écueil, C’eft en un mot le bourreau de l’orgueil ; Chaque curé fait ça; je pourrais bien encore T'en dire là deffus jufqu’à demain laurore Que n’aurais pas tout dit : moi je demande à Dieu De n’envoyer de pouvoir que fort peu A Pinfenfé qui fe met en colère, Car un maître irafcible eft un fléau fur terre.
Au dire de Sénèque il exiftait jadis Un magiftrat en chef, homme très irafcible.
Pendant qu’il régiflait fous fon joug inflexible Villages et cités d’un aflez grand pays,
Deux Chevaliers un jour par aventure Sortirent à cheval pour hûmer la nature.
Or le hazard voulut que l’un rentra bien las,
Et que l’autre ne rentra pas.
Voilà que le rentré fut cité par le juge, Qui lui dit : ‘ Chevalier, n’admets de fubterfuge, Ton compagnon par toi fut occis ;—c’eft un tort :
Pour ce méfait, je te condamne à mort;
Et fans vouloir quoique ce fut entendre,
‘ Si tu dis un feul mot, ma foi, je te fais pendre !? Dit-il; puis avifant un autre Chevalier, .. Va!” Jui dit-il, ‘et ne te fais prier, Le conduire à la mort; vite je te l’ordonne !? C'était ordre de juge, il fallait obéir !
Voilà donc qu’en allant où devait s’accomplir Ce jugement brutal, la première perfonne Qu'on rencontra, ce fut le Chevalier cru mort.
On avifa, tous d’un commun accord, Témoins du mal jugé, témoins de ce grabuge, Qu’il fallait à nouveau mener devant le juge
Le Chevalier, condamné bien à tort,
Et puis le Chevalier qui n’était du tout mort.
< Seigneur !” a dit celui qui menait au fupplice La viétime de la juftice :
« Le Chevalier n’a pas tué fon compagnon,
Car voici le tué frais comme un champignon
Et fain et fauf !”—" Trève à ce foliloque,’ Dit le juge foudain ; ‘ vous battez la breloque, Devant mon tribunal ici n’avez pas voix,
Et vous mourrez un, deux et trais!
Toi d’abord,’ s’écria le juge,
En s’adreffant au premier Chevalier, «Toi je t’ai condamné : jamais ne me déjuge, Partant tu dois mourir.—T'u ne peux le nier, Toi !” dit-il au fecond, ‘ tu dois perdre la tête
Puifque fans toi, ton compagnon De mourir aujourd’hui n’aurait pas le guignon ; Et quand à toi là bas Chevalier trouble-fête Qui n’a pas accompli ce que t'ai commandé, Pour un fi vilain procédé Tu mourras :’—là deflus fans rien vouloir entendre, Il les fit égorger, et tous les trois pourfendre.
L’irafcible Cambyfe était un grand buveur, Et lorfqu’il buvait trop il devenait rageur.
Or, un feigneur de fa mégnie, Qui par hazard était un feigneur vertueux, Un jour lui tenant compagnie, Quand ils étaient feuls tous les deux, Lui dit avec une noble franchife :
‘ Un feigneur eft perdu quand il eft vicieux ; La colère eft un vin capiteux qui vous grife, Et vous rend tout-à-coup infenfé, furieux ; C’eft un vilain péché, vrai, que l’ivrognerie, Pour un feigneur c’eft pis que la gloutonnerie. Un feigneur eft en vue, on l’épie en tout lieu, Oh! je vous en fupplie, oh! pour l’amour de Dieu Buvez plus modérément, Sire, Le vin fait perdre à l’homme et l’efprit et aplomb, | A lœil aufi fon point de mire, Aux membres leur foupleffe, et n°eft qu’en malfécond.” — Tu verras le contraire, et cela tout à l’heure,” A dit Cambyfe, ‘ ainfi demeure Je veux te donner preuve, et par un fait certain Que le vin n’a pouvoir fur mon œil ni ma main.” Puis ce Cambyfe but, mais but outre mefure, Par bravade, et bien plus, c’eft une chofe füre, Qu’il ne buvait habituellement, Puis fon ire monta, mais démefurément, Si bien que ce tyran, que cette bête brute De ce feigneur fit amener le fils, Et puis bandant fon arc en moins d’une minute Occit le jeune enfant.—‘ Hein! pour un homme gris, C'eft pas trop mal vifé,’ dit-il, au pauvre père; 6 Et maintenant, vous comprendrez, j’efpère,
Que du vin je fuis maître ; et vous ne viendrez plus M’ennuyer de morale, et de vos oremus.? Le malheureux feigneur, hélas! comment décrire . En voyant fon fils mort quel il fut fon martyre! Avec les rois gardez la critique ÿ# petto, Chantez leur au contraire à l’envi Placebo, Duflent-ils tous, ces miférables, A la fin de leur vie aller aux cinq cents diables ; Mais ne Poubliez pas, devez la vérité Aux pauvres, aux petits, c’eft bonne charité Que de chercher à corriger leurs vices, Pour qu’ils puiffent du ciel obtenir les délices ; * Mais quand aux grands, quand à la Royauté Laiflez-les s’abrutir dans leur profpérité !
Voyez Cyrus, ce Perfan irafcible Q du fleuve Gyfon fit un ruifleau pofible À traverfer par des femmes, à gué, Parce qu’un beau j jour, tatigué !
Comme il allait conquérir Babylone Ce grand fleuve avala fa jument trop poltronne. Un tel aéte eft l’aéte d’un fou.
Aufñi ne chevauchez avec la gent colère, Par monts ni par vaux, n’importe où, &t d’un rageur craignez le caraétère !
Maintenant Thomas, mon cher frère, Laifle là tes emportements, Il faut mater tous ces débordements, Car le couteau du diable, il faut que je larrête, I] eft près de ton cœur, je t’aflure il eft temps ; Voyons, réponds à ma requête, De tes péchés fais-moi confeflion complète,
Et certes tu me trouveras Indulgent et jufte, Thomas!”
‘€ Nenni, par'St. Simon! nenni,” dit le malade, ‘6 Je ne dis cela par bravade, Mais ce matin à mon curé, Je me fuis confeflé, je me fuis récuré, Comme difiez tantôt, à fond la confcience, Et l'ai fort propre, en ce moment je penfe ; Car mon curé m’a dit en m’abfolvant, Je te pardonne au nom du Dieu vivant.”
‘ Donne-moi donc un peu de ton bien pour conftruire Notre cloître,” dit-il ; * car je dois te le dire Pour mener l'édifice à bien, Parole! nous ne mangeons rien, Nous n'avons vécu que de moules, Ces derniers temps, et c’eft un mets de goules ; Tandis que mon Dieu, tant de gens Vivent de truffes, d’ortolans !
C’eft qu’à notre couvent il refte fort à faire, Et nous devons déjà rien que pour de la pierre Quarante livres, c'eft beaucoup Pour des gens qui n’ont rien du tout.
Donc pour l’amour du Chrift, Thomas, Vlens à notre aide, Ce n’eft pour moi, c’eft pour le couvent que je plaide, Akh ! fi la charité ne nous prête fecours, Il nous faudra fous peu de jours Hélas, vendre nos livres, Et de vos cœurs à tous, nos livres font les vivres ; Eh! mon Dieu, fans nos faints difcours, Nos prédications, notre puiflant concours,
Le monde irait à fa ruine,
Tout n’y ferait plus que bruïne, Car du monde moral nous fommes le foleil, Sans nous il croupirait dans le plus lourd fommeil. Et ce n’eft pas d’hier qu’il exifte des Frères, Car dès le temps d’Elie, et c’eft un grand bonheur, Dont on ne faurait trop. rendre grâce au feigneur, On en voyait: ce font des vérités vulgaires.
Et maintenant, Thomas, de ton bien donne-nous .. .”
Et ce difant, de tomber à genoux.
De ce Frère en voyant l’hypocrite baflefle Et la difimulation, Le malade foudain fe prit d’averfion Pour l’efpèce moinefle, Et dans fa pañlion :
‘« Tel quel, tout ce qui refte en ma pofñiefiion, A vous feul, à nul autre, et pour vous fatisfaire Je vous le donnerai,” dit-il, “ (attention !
Vous dites, n’eft-ce pas que je fuis votre frère !)” —“ Oui, certes,” ditle Frère, —‘à preuve qu’ai remis Ce matin même à votre ménagère, La lettre du couvent fcellée ir extremis.” —“Eh bien donc,” reprit-il, “donnerai quelque chofe A votre faint couvent, n’importe qu’on en glofe, Et dans ta main tu vas le recevoir, À la condition, te le dis en fourdine, Que tu partageras ce que je te deftine De mon avoir, Avec tant de juftefle, et de telle manière, Que part égale en aura chaque Frère; Cela tu me le jureras Par ta robe de Frère et par Ezéchias !”
Le Frère a dit: “ Sur ma foi, je le jure!
Et je tiendrai mon ferment, je l’aflure !” —‘< En ce cas, mets ta main, vers le bas de mon dos,” Dit naïvement le malade, ‘ Cherche tu trouveras, à fouiller fois difpos, Pour toi garde une régalade.”?
‘ Ah! ah!” penfa le Frère, “à la fin le magot Je l’aurai, ne fuis pas fi ot!” Il avance la main jufqu'au bas de l’échine, Efpérant y trouver l’objet de fa rapine ; Mais comme raconter le cas ?
Le malade fentant la rude main du Frère T'out près de fon derrière, Fit foudain un gros patatras :
D’honneur un cheval de charrette N’eut ainfi pu fonner de la trompette ; Le Frère en treflaillit, en recula d’horreur, Et tranfporté d’une fainte fureur :
‘€ Par le Chrift notre divin Maitre!
Oh! tu me le paieras, vieux traître!
Car tu l’as fait exprès pour moi, pour mon couvent Ce vent!”
Ces imprécations amenant la mégnie, Le Frère fut forcé de faufler compagnie.
Les yeux injeétés de fureur Il.s’en fat donc l’outrage au cœur, Chercher fon compagnon de vers l’hoftellerie Rendez-vous de leur induftrie ; Puis comme un fanglier agitant fon boutoir, Grinçant les dents, fuant la rage, D'un pas fièvreux il fut droit au manoir Où demeurait le feigneur du village,
Homme très refpeété, même en fort grand honneur, I] en était toujours le confeffeur.
Le Frère arrive écumant de colère, D'un pas vif et léger, Jufque dans la falle à manger Où le feigneur faifait fon ordinaire.
I] veut d’abord parler, mais c’eft en vain ; D'un“ Dieu vous garde !” il accouche à la fin! ‘ Amen!” dit le feigneur, tout en levant la tête. ‘€ Le temps eft donc à la tempête, Que vous êtes ainfi, Frère Jean, dites-moi !
Vous avez une mine où fe peint un effroi, Qui ferait fuppofer que la forêt voifine Eft pleine de voleurs. Dites, qui vous chagrine ? Voyons, affeyez-vous, s’il eft en mon pouvoir De calmer vos chagrins, le ferai fans furfeoir.”
‘6 Jai reçu,” reprit-il, ‘ tout à l’heure un outrage Auquel ne puis penfer fans un accès de rage, Qui n’a befoin d’être excité : Dieu vous accorde ici dans ce joli village N’avoir jamais hère aflez éhonté, Pour caufer à quelqu’un un auf grand dommage Que j’ai reçu là bas dans la cité.
Vrai, ce qui caufe encor ma peine davantage Ce qui me parait aggravant, C'eft que ce chenapan aux cheveux blancs par l’âge Ait blafphémé notre couvent!”
Dit ce feigneur : “ Maintenant maître . . .” —“ Non pas maître, maïs ferviteur, Bien que dans le collège autrefois j’eus l’honneur D'’être maître en effet ;—mais le Souverain Etre
N’aime pas qu’au marché, non plus qu’en ce caftel Nous nous parions des plumes de l’autel.”
‘ Paflons,”” dit ce feigneur, “ voyons quelle eft la caufe De ce chagrin cuifant qui vous métamorphofe ?”
Le Frère dit : ‘“ Un odieux affront Qui me fuffoque, et dont rougit encor mon front, On me la fait, on l’a fait à mon ordre, Donc à la fainte Eglife ; auf je fais le vœu De ne fouffrir un tel défordre Et d'arriver bientôt à venger Dieu.”
Dit ce feigneur : “* N’ai befoin de vous dire Ce que devez faire, Mefiire, Car vous êtes mon confefleur, Vous êtes de ce fol le fel et la faveur, Donc pour l’amour de Dieu daignez me fatisfaire, Et laïffant là votre colère, Racontez-moi foudain Le fujet de votre chagrin.”
Sur ce le voilà qui raconte Le fameux patatras qui fit fi mal fon compte!
La dame du logis impañhble écoutait Ce que Frère Jean racontait.
‘€ Par la mère du Chrift! eft-ce là tout ?” dit-elle. —“* Dame! qu’en penfez-vous ?” fit-il.
‘6 Ce que j’en penfe moi! par la vierge immortelle! Que d’un manant c’eft l’aéte peu civil :
Que voulez-vous de plus dire fur la matière,
Sur ce vilain fujet je préfère me taire.
En fa tête malingre eft, c’eft fait avéré, La vanité montée à haut dégré, Ne dis cela pour vous, par courtoifie, Mais je le crois atteint de frénéfie !”
se Certes, Dame,” dit-il, je ne mentirai pas,
Mais je puis me venger de la bonne manière, En racontant partout le cas,
Je falirai partout fon hideux caractère,
A ce vilain méchant blafphémateur,
Qui m’a chargé de faire le partage De l’affreux patatras qu’avec tant de tapage Il a mis dans ma maïn: fur lui malheur! malheur !”
Le feigneur cependant dans un fombre filence Demeurait, ruminait, et puis fe demandait Comment un tel manant, avait eu l'impudence De foumettre à ce frère un problème ainf fait. ‘6 Jamais,” fe difait-il, ‘‘ jamais femblable chofe, Le groffier réfultat d’un groflier abdomen,
Ne fut prife, je le fuppofe,
Pour le fujet d'un examen.
M'eft avis vraiment que le Diable À feul foufllé ce texte à ce ruftre exécrable, Qui pourrait démontrer la propofition Qu’un chacun dût avoir égale portion Du fon ou de l’odeur, du mélange adultère D'un affreux patatras, de fa vie éphémère !
O manant orgueilleux ! fans efprit, érudit !
Sois maudit! fois maudit !
Voyez un peu,” pourfuivit-il, ‘ meflres,
Ouïtes-vous jamais, fut-ce par des oui-dires Y
Pareille chofe à ce que maïntenant Nous apprenons de ce manant ?
N'eit-ce pas, cela ne peut-être Donner égale portion D'un patatras, qui plus vif que falpêtre, Eclate et fait explofion ?
Un brouhaha de cette forte Alors que frais il fort de par l’humaine porte, N'eft, de par Jupiter !
Que le déplacement, le fous écho de l'air ; Et toujours cela va de feconde en feconde,
Et par dégrés, mourant piano, piano, piano, S’effaçant, s'épandant fans bruit de par le monde Et s’éteignant incognito.
Il n’eft pas d'homme fur la terre Qui foit apte à juger fi ce fon délétère, Peut être ou non bien partagé Du moment qu’il eft dégagé.
Quoiqu'il en foit, convenons en, ce ruftre A pofé ce matin, d’honneur, À mon très digne confefleur, Un problème, ma foi, que bien plus d’un illuftre Ne réfoudrait pas, j'en ai peur ; Ce manant certe, eft poflédé du Diable!
Et maintenant il faut enfin vous mettre à table, Cher frère Jean ; mangez, et furtout buvez frais, Et laiflez ce manant en paix !”
Voilà que l’écuyer tranchant oyant la chofe : se Si Monfeigneur voulait me donner, je fuppofe Une robe de drap, je crois que je pourrais,”
Dit-il, ‘ enfeigner à ce frère S’il ne fe fâchait pas, comment il fe peut faire
Qu'un patatras furtout quand il arrive frais, Puifle être partagé, —comme un nanan bien rare Parmi tout un couvent, fans qu’en route il s’égare.”
“ Parle,” dit le feigneur, “ par St. Jean et par Dieu Je réaliferai ton vœu ; D'une robe de drap, et de beau drap fin même, Te ferai cadeau, fi tu réfous le problème !”
‘€ Monfeigneur,” reprit-il, ‘* lorfque le temps eft beau, Qu’il fait tant plaifir être au monde, Lorfqu’ aucun vent n’agite le bouleau, Que la Nature enfin dans une paix profonde S’endort au glougou du ruifleau, Veuillez faire apporter de charette une roue, Mais avec tous fes douze rais Dans cette falle, et puis après (En difant cela je ne joue), Douze frères amenez-moi, Douze, dis-je, et fachez pourquoi : C’eft qu’un couvent fe compofe de treize, Or, votre confefleur, Dieu le guide et l’apaife ! Complétera le nombre du couvent.
Lors chaque frère avec maintien fervent S’agenouillant, mettra fon nez, fa joue Au bout de chaque rais de la fufdite roue.
Le noble confeffeur, que le protège Dieu!
T'iendra fon nez tout droit, en plein, fous le moyeu. Alors il fera bon, foit dit par parenthèfe, D’amener le manant, ici, ne vous déplaife ; Avec fon ventre enflé comme un tambour
Au moyeu de la roue, il fera hiffé pour Répéter devant vous fa primitive offenfe, Et lâcher à nouveau fon affreux patatras :
Alors je ne m’en dédis pas, Sur péril de ma vie, oui, vous verrez, je penfe, Et Paétion Sera ma démonftration, Que le fon aufli bien que l’odeur infeétante, Tout comme un écureuil autour de chaque jante Après avoir tourné, vite ira tout exprès Egalement au bout de chaque rais ; Hormis que ce digne homme, et très illuftre frère, Votre vénéré confefleur, Du couvent étant la lumière Aura du patatras la sève et la verdeur ; Et c’eft là bien noble coutume Chez les frères, mes bons feigneurs, Que le premier d’entr’eux à chaque repas hume De leurs plats les primeurs !
Et certes, je le dis, du fin fond de mon âme, Il l’a bien mérité ce frère tout de flamme, Lorfque ce matin il préchait Dans la chaire de notre églife, Où chacun fi bien l’écoutait ; Et je le dis avec franchife Le parfum de trois patatras Ne ferait pas de trop pour le frère en tel cas : Et de fon faint couvent la modefte cohorte Le voudrait comme moi, tant bien il fe comporte !”
Le feigneur et fa dame, aufli chaque feigneur Et chacun, excepté le frère, Tous dirent en un mot que dans cette matière
Jankyn avait parlé, d'honneur !
Sur la diffufon du patatras fluide Tout comme Ptolémée, ou bien le grand Euclide. Puis fe rabattant maintenant Sur le manant, On trouva qu’après tout, il n’était pas fi bête, Et qu’un efprit très fin meublait fa tête ; Qu'il n’était pas poffédé du démon, Mais qu’il avait parlé comme feu Salomon.
Voilà comment Jankyn eut dans fa garde-robe Une nouvelle robe.
Maintenant mon conte eft conté.
Tenez, ma foi, nous voyons la cité !