‹ Contes de Charles NodierChapitre 26 sur 59 · I. A FÉE M \ Mil III S · texte numérisé non relu

I. A FÉE M \ Mil III S

Je partis après avoir imprimé un large baiser sur son front, ci j'arrivai an chantier avant qu'aucun autre ouvrier fui m chemin pour s'y rendre. )'* avois été préi par quelqu'un cependant, par maître Finewood, qui «'• i < > i t la tristement assis soi solive, et la tête appuyée sur ses mains dans l'attitude d'un homme qui pleure, averti par le bruit de nus pas , il se le\a subitement , nu- reconnu! , < t se jeta sur mon sein.

— Est-ce bien toi, Michel? s'écria-t-il et pressant à plusieurs reprise

toi que la sainte Providence me renvoie pour le salut de ma maison, qui a été accablée de malheurs depuis ton dépari '.' car il me semble que tu émis pour nous i ommc un ange tutélaire «lu Seigneur, is-tu renoncé, mon garçon, a voyagi i .■*• mécréant de Libyen qui promettoit de te rendre à si bon marché au\ terres inconnues?

— J'ai été obligé d'\ renoncer, mon cher maître, el je m'en félicite, puisque mon retour peut vous faire espérer des consolations dans le chagrin qui vous accable; mais ne m'en apprendrez-vous pas la cause !

— Hélas! il le faut bien à nia bonté, el je nuis que cet aveu ne' soulagera. Tu sais (pie je mariois hier mes six filles à -i\ jeunes lairds des rives de Clyde , étourdjs et débauchés à ce qu'on m'a dit quelquefois depuis cet arrangement ; mais ce n'en émit pas moins un grand honneur pour mi simple maître charpentier. J 'avois consacré h l'établissement de ces pauvres innocentes, qui me sonl plus chères que ma propre \ie, tout le produit de mes longues épargnes, trente mille guinées, Michel , qui m'ont coûté plus de coups de maillets '-t plus de traits de scie qu'il n'entrait de plar ks dans le trésor de celle reine de Saba dont je t'ai \ a si entiché. Que te dirai-jc, mon ami? j'avois envoyé les si\ dots en si\ beaux sacs de m mes six gendres futurs, qui s'étoien! abstenus jusque-là de me visiter, et j'attendois patiemment, au déclin du soleil, comme un maladroit vieillard sans intelligence el sans esprit, l'arrivée de leurs seigneuries pour conduire ma famille à cette cérémonie dont je f.iisnis ma gloire el ma joie, quand on esl venu m'apprendre qu'ils dispiroissoienl à pleines voiles avec mon argenl sur mi vaisseau de malédiction qui I emporte au

continent J'en m nus, j'imagine, si je n'espérais que le ciel s'est chargé de ma

vengeance, el que les traîtres n'onl pas échappé à l'horrible tempête il'- cette nuit.

— (hic dites-vous de tempête , maître Finewood J ]•■ crois que le ciel n'a jamais élé plus pur.

— \ d'autres, Michel ! Vous ave/ le sommeil dur. mon garçon, • < ne vous a pas réveillé: mais n'auriez-vous point trouvé, par hasard, d'autres réflexions a faire sur le récit «le ma cruelle infortune '.'

— Pardonnez-moi, répondis-je en lui prenant affectueusement la main et en la rapprochant de mon < œur : je vous pi ie de croire a tonte la joie que j'en ressens . el de recevoir mes félicitations

— Dieu tout-puissant , dit maitrc Finewood , il ne me manquoit plus que cette douleur ! Vous ne me le ramenez, Seigneur, que pour me le prendre, et vous percez la main du pécheur avec le dernier roseau sur lequel elle s'est appuyée ! — N'importe, pauvre Michel, je ne t'abandonnerai pas dans la misère de ton esprit foible et malade; et tant qu'il restera un morceau de pain à gagner au chantier, je le romprai avec toi. Va travailler, mon fils, car j'ai remarqué que le travail te distrait des fantaisies qui t'offusquent , et rend le calme à ta raison troublée par de mauvais songes. Va travailler, Michel, et ne te fatigue pas !

— J'y vais, maître, j'y vais, repris-je en riant; mais ne refusez pas d'écouter quelques mots encore. Je comprends que mes paroles ne vous paraissent pas sensées, et je serais fort étonné du contraire. C'est pourtant dans la sincérité de mon âme que je vous félicitois tout à l'heure ; et si c'est là une énigme à vos yeux, comme je n'en doute pas, soyez sûr qu'elle ne tardera guère à se débrouiller. Oui , maître , je vous trouve très-favorisé de la divine Providence d'être débarrassé, au prix de trente mille malheureuses guinées , de six aventuriers titrés qui auraient fait le malheur de vos filles et la honte de votre respectable maison. L'avantage que vous retirez de cet événement est incalculable, et la perte est si peu de chose que je me porterais garant qu'elle sera réparée en vingt-quatre heures. Je m'atlendois bien à vous voir ainsi hocher la tête en signe d'incrédulité ; mais ce que je vous promets ne s'en exécutera pas moins. 11 n'y a pas longtemps que les ptacfcs et les baivbics se convertissoient en guinées sous la main de la charité. Qui sait ce que peuvent devenir les guinées sous celle de la reconnoissance ? Maintenant permettez-moi de vous parler avec une franchise que mon dévouement filial autorise , et qui n'a pas semblé vous déplaire dans d'autres occasions. Vous avez pris souvent un intérêt trop vif, et qui me touche beaucoup plus qu'il ne me mortifie, à ce que vous appeliez les aberrations de mou esprit. Eh bien ! maître, je ne puis me contenir de vous déclarer qu'il est une action, une seule action 'a la vérité, mais une action capitale de votre noble vie, qui enchérit mille fois sur toutes les lubies que l'on me reproche. La colombe des rochers ne s'allie point avec l'épervier des tourelles, et c'est un digue mari qu'un charpentier pour la fille d'un charpentier. Pourquoi n'avoir pas donné vos six filles en mariage au grand John d'Inverness ; à Dick le trapu, qui est si robuste à l'ouvrage; au blondin Péterson , qui entend si bien le toisé des bâtiments; à ce gros joufflu de Jack, qui lit toujours, et dont la seule figure vous réjouit quand il entre au chantier ; à ce pauvre Edvvin, que sa douceur fait aimer de tout le monde, et qui a pris tant de soin de ses vieux parents ? Elles les ahnoient , je le sais , et jamais gendres mieux assortis à leurs excellentes femmes ne pouvoient prendre place à votre banquet de famille, car ce sont des ouvriers aussi honnêtes qu'habiles, et ceux-là n'atiroient fait banqueroute ni à votre fortune ni à votre honneur. N'est-ce pas pour vous un vrai motif de satisfaction, maître, que de pouvoir réparer aujourd'hui votre erreur et votre injus-

tice, et que d'acheter de ces trente mille guinées, qui ne sonl d'ailleurs pas perdues, les bénédictions perpétuelles de vos douze enfants heureux '.'

— Assez, assez, dit maître Finewood, en passant ses bras autour de mon cou. Nonseulement je ne t'en veux pas , vin ne! , de m'avoir ouvert libremi ni ton cœur, mais je t'en remercie, pue. que tu ne m'as rien dit qui ne fûl souverainement raisonnable, si ce n'est pointant ce qui a rapporl à uns trente mille guinées. Plût à Dieu que je les eusse encore, ei que ton esprit, dégagé de ses étranges < bimères te | ermît d'épouser mon Annah, et de recevoir avec sa main la direction de toutes mes affaires ! J'ai remarqué que tu l'avois oubliée dans ton plan , auquel je sousi ris volontiers . el je tirerais un bon augure de ta retenue , si j'avois , comme hier, une dot pour i l'offrir !

— Ah! maître Finevgood, ne me faites pas l'injure île supposer (pie votre fortune puisse entrer pour quelque chose dans ma détermination! .l'aime Annah comme une sœur, et je crois que c'es( comme un '"'n' aussi qu'elle m'aime. Si Annah n'étoit

pas aussi riche qu'elle le fui jamais, si \nnali étoil plus pauvre encore que \ ne

le pensez aujourd'hui , j'aurais au contraire nue puissante raison de plus puni- lier ma vie à la sienne; mais j'ai cru m'apercevoir qu'elle éprouvoil quelque penchant pour Patrick , le régisseur des chantiers, qui est un beau jeune homme, île bonnes mœurs et de noble caractère, bien versé dans les lettres et dans I, s sciences. Patrick en est, de son côté; passionnément amoureux, ei la sévérité seule de ses principes l'a empêché de vous la demander, car tout ce qu'il possède se réduit au revenu de

son petit emploi. Quant a moi, toutes les prétentions sont interdites, el il faut

que vous sachiez pourquoi. Je suis marié.

— Tu es marié, Michel! et avec qui donc, mon enfant '.'

— Avec la Fée aux .Miettes.

Pendant que mes paupières s'abaissoienl sous le poids de je ne sais quelle lâche pudeur qui me fait redouter le ridicule, quoiqu'il n'\ ail rien de plus méprisable que la dérision des ignorants, le bon maître Finewood laissoii tomber ses bras a l'abandon, en exhalant par bouffées d'énormes et lamentables soupirs, suivis d'un long el triste silence.

— \ver la l-'ée aux Miellés! reprit-il enfin. Que la rei les Fées en soit louée,

et le roi des génies aussi, il imite la brigade chimérique des arabian nights! C'est un mariage comme un autre, ei je te prie de présenter mes baise-mains à ton épouse, quand tu la retrouveras. — Va travailler, mon cher Michel, conlinua-t-il ; va travailler, car le us avons besoin de travailler pour rétablir nos affaires; et ne travaille pas cependant jusqu'à te faire du mal.

Maître Finewood ne m'avoit rien dit de mes malheurs el de mes dangers .i Mille, que je croyois généralemcnl connus a Greenock, où de pareils événements ne sont pas ordinaires; mais j'allrihuois cet oubli aux préoccupations de sa propre :

aventure. Mes camarades, qui m'accueillirent avec la même bienveillance que de coutume , ne m'en parlèrent pas davantage , ce qui me fit supposer qu'on étoit convenu de cette réserve pour lie pas ramener ma pensée sur des souvenirs humiliants et douloureux , et ce procédé touchant enflamma tellement mon zèle à la besogne , que je fis la journée de dix compagnons.

Comme je nie disposais à quitter le chantier, pensif à mon habitude et peu soucieux des allants et des venants qui se croisoient sur mon chemin , je me sentis tout à coup saisi par maître Finewood, qui m'embrassait encore plus tendrement que le malin, suspendant à peine par courts intervalles ses caresses énergiques pour donner l'essor à ses exclamations de joie mêlées confusément de phrases sans liaison , dans lesquelles il étoit impossible de trouver le moindre sens, à moins d'avoir le secret d'OEdipe ou de Tirésias.

— Remettez-vous un peu, maître, lui dis-je, et faites-moi part des nouveaux événements qui vous ont rendu tant de gaieté, de manière à me procurer le plaisir d'y prendre part avec connoissance de cause.

■ — Eh! qui auroit le droit, s'écria maître Finewood, d'en jouir à meilleur titre que toi, qui es, ainsi que je le disois tantôt, la providence visible de ma maison! Apprends donc, mon fils, que tout ce que tu m'avois annoncé dans une de ces illuminations soudaines où tu débiles souvent, passe-moi l'expression, d'assez singulières rêveries, s'est réalisé à la lettre comme par enchantement. D'abord, lu n'avois pas fait vingt pas, que ce jeune Patrick dont il a été question entre nous, instruit de la fugue de mes gens et de la catastrophe de mes guinôes, est venu nie demander la main d'Annah , en m'assurant du consentement de ma fille. Je ne lui ai pas fait attendre le mien, et tu seras demain de six noces à la fois, car je me montrefois ingrat en me dirigeant à l'avenir autrement que par tes conseils. Les préparatifs sont tout faits d'ailleurs, et il n'y a que six noms à changer aux contrats. Je voudrais bien inviter ton épouse aussi, et sa présence nous feroit certainement grand honneur; mais elle est d'une espèce par trop fugitive, et j'ai entendu dire que les fées ne se rencontraient pas facilement à domicile.

— Mes vœux pour votre famille sont comblés, répondis-jc sans prendre trop garde à cette ironie que le bon homme n'avoit aucune intention de rendre offensante. Le reste est de peu de conséquence , et il me suffit de vous voir rentré dans la voie du parfait bonheur.

— Le reste est de peu de conséquence , dis-tu ? On voit bien , mon ami , que tu n'as jamais eu trente mille guinées, et surtout que tu ne les as jamais perdues, car c'est dans ces occasions-là qu'on en connoît tout le prix ; mais si tu veux me prêter encore un moment d'attention, tu vas entendre merveille. Aussitôt après que Patrick m'eut quitté , j'allai me promener sur le port pour rasséréner mes sens agités h la fraîche brise du malin. La jetée étoit comblée de spectateurs attirés par une triste

curiosité, qui contemploienl les débris amoncelés sufle rivage par cette effroyable tempête dont les hurjements , capables de réveiller les' morts, n'onl pas troublé ton repos. J'appris alors que le souhail qu'il m'étoil arrivé de proférer sans réflexion un quart d'beure auparavant n'avoii été que trop exaucé, el j'en si ntis quelque r< Le vaisseau de mes insignes voleurs, battu toute la uuil par l'orage, venoil de couler à fond à la vue de la rade, et depuis ce temps là naS agiles mariniers et nos hardis plongeurs s'éloienl épuisés en efforts inutiles pour porter du secours à l'équip; loin avoil péri. Comme je méditois», les pieds presque baignés par la lame, sut cruelles calamités de la nature, ji gc de mon étonnemcnl quand je \ is un barbe) noir de la plus jolie espèce aborder à nies pieds, y déposer, en secouant au fenl ses oreilles humides, un de mes sais de marocco, et se remettre a la nage avec tant de rapidité que tu aurais pris son sillage pour celui d'une murène. Je n'étois pas encore revenu de ma surprise qu'il étoil revenu, lui, de son second voyage .née un autre sac, el je te jure qu'il n'a pas repris haleine avant de me les avoir rapportés i"iis six du fond de la mer. Comme je me meiiois en frais de gestes el de démonstrations pour lui faire comprendre qu'il ne me manquoit plus rien et lui épargner de nouvelles fatigues, il m'a montré les talons en gagnant pays à la course , car je pense en vérité qu'il le connoissoit aussi bien que moi; et regarde plutôt , le voila qui galope , ocore vers l{(iifi<ii''s-Monnti/, ni plus ni moins que s'il avoit entrepris de forcer un chevreuil de Grampians !

— Je m'en doutois, dis-le en le suivant des yeux, (.'est le digne Master l'.latt , la perle des pages bien appris.

— Le connoîtrois-tu en effet? .le regrette davantage que tu n'aies pas été près de moi pour le retenir, car je lui Revois au moins la politesse d'une tranche de roast- Ùeefou d'un bon relief de pâté.

— \e vous y trompez pas, maître Finewood ! Master Blatt a les sentiments placés trop liant pour se laisser aller aux mièvreries des chiens du commun, et il Un dans sa satisfaction intérieure le prix d'une action honnête.

— Merci de moi, mon homme est reparti, reprit le maître. Où diable va-t-il chercher les sentiments el la satisfaction intérieure d'un chien barbet ?

Là-dessus nous nous séparâmes, le vieux charpentier pins c invaincu que jamais de ma folie, ci moi réfléchissant à t'aveugle suffisance du vulgaire, qui se croit le droit de mépriser tout ce que sa foible intelligence n'explique pas.

Comment Bichel fui introduit dtlns un ! il .n>or.

J'arrivai ainsi au\ murs ,|,. |a niaisonnelle, qui me parut un peu plus accessible que la Teille, car il en est de nos habitudes comme de nos éludes. ,i un esprit plient

et résolu se forme à tout par accoutumance. Je m'arrêtai cependant avant d'entrer au bruit extraordinaire qui partait de l'intérieur. Ce n'étoit rien moins qu'un concert vocal, dans lequel il falloit une oreille exercée pour distinguer une multitude de voix, tant leur unisson étoit parfait et leur accord harmonieux. J'avois déjà reconnu cette chanson si familière à mes souvenirs, dont le refrain se présentait souvent à mon esprit :

C'est moi, c'est moi, c'est moi,

le suis la Mandragore, La fille des beaux jours qui s'éveille ù l'aurore ,

Et qui chante pour toi 1

Mais j'étois doublement empêché à concevoir que ce thème fantasque des écoliers de Granville fût parvenu si loin , et que la Fée aux' Miettes reçût une si nombreuse société, quand je me rappelai qu'elle attendoit ce jour-là quatre-vingt-dix-neuf visites.

— Ce sont mes sœurs, cria-t-elle du plus loin qu'elle m'aperçut, qui n'ont pas voulu partir sans te remercier de tes munificences.

Et je vis en effet au même instant les quatre-vingt-dix-neuf petites vieilles s'humilier jusqu'à terre en révérences cérémonieuses et méthodiques, avec tant de régularité qu'on auroit cru qu'elles obéissoienl au jeu d'un ressort commun 5 toute l'assemblée. J'ai assisté en ma vie à des spectacles bien extraordinaires, mais je ne m'en rappelle aucun qui m'ait jamais frappé autant que celui-là.

11 n'y avoit pas une de ces aimables petites femmes qui ne ressemblât trait pour trait à la mienne de physionomie et d'ajustements, de manière qu'il auroit été mal aisé d'en faire la différence ; à cela près qu'elle les surpassoit toutes par la noblesse de sa prestance et par l'élévation de sa taille, ce qui lui donnoit un. air surprenant de bonne grâce et de majesté. Quand elles furent relevées sur leurs petits pieds du milieu de leurs robes bouffantes, où j'avois craint un moment de les voir disparoître, je m'aperçus, à parcourir des yeux la longue ligne sur laquelle elles étaient rangées, comme les tuyaux d'un orgue ou les pipeaux de la flûte de l'an, que cet avantage relatif les distinguoit également les unes des autres, depuis la première jusqu'à la dernière, dans un ordre de décroissetnent insensible, mais je ne saurois vous en donner une idée qu'en supposant une machine d'optique où l'on ferait passer devant vous la même personne vue à travers cent lentilles artistement graduées depuis la proportion naturelle jusqu'au dernier point perceptible de réduction. La quatre-vingtdix-neuvième de mes belles-sœurs auroit certainement pu être offerte comme un jouet charmant à la fille cadette du roi de Lilliput, si la dignité de sa condition l'avoit permis.

Après les politesses d'usage et la conversation animée sans confusion d'un cercle de femmes bien nées, on reprit la musique , où je remarquai que leurs voix parcouroient , selon leurs tailles et dans les mêmes rapports, l'échelle la plus étendue des

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