‹ Contes de Godard d'AucourChapitre 11 sur 16 · LUCINDE · texte numérisé non relu

LUCINDE

« Hélas ! Souveraine, j'ai fait un faux pas, il m''a renversée moi-même. Il est plus fort que moi. Je n'en suis cependant pas fâchée. Ce n'est pas une statue, assurément. Il a trop d''esprit. Je ne le croirai jamais. Est-ce vous qui lui avez appris tout ce qu'il fait? Il a les plus jolies façons du monde. Je ne veux plus de mon Singe ni de mon Perroquet. Charmant en fait mille fois plus qu'eux pour m'amuser. Si vous le voyez; mais non, j'en serois désespérée : vous voudriez aussi jouer avec lui. Je l'ai caché dans un endroit que je ne dirai à personne, et où j'irai le trouver souvent. »

Voilà, divine Atalide, le petit changement que je ferois à cette charmante Comédie, que je rendrois par là plus conforme à nos mœurs, et en état d'être réprésentée dans nos serrails. Nous la jouerons ensemble à mon arrivée, belle Esclave, avec cette addition. Tu peux toujours apprendre ton rôle. Adieu, la plus aimable de toutes les femmes, et celle qui m'est la plus chère.

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