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chit de belles villes et de jolis villages, de montagnes couvertes de grappes d'or et de forêts échevcléeS; — tout en suivant le cours du grand fleuve depuis sa sQurce jusqu'à son embouchure, et en interrogeant Fécho des innombrables ruines qui laissent tomber dans ses ondes les derniers fleurons de leurs créneaux.
Ils rencontrèrent successivement l'ombre de €ésar, de Charlemagne, de Roland, d'Othon, des quatre électeurs, de Charles-Quint, de Frédéric, de Napoléon. Ils entendirent gazouiller, comme des oiseaux dans leurs nids, ces fabliaux merveilleux qui peuplent les vieux châteaux gothiques de belles filles et de chevaliers, d'ondins et de gnomes, de tous les esprits des rochers, des bois et des fontaines.
Il ne tint qu'à eux de causer la nuit avec le chasseur noir monté sur son grand cerf à sept andouillers; avec les six pucelles du marais Rouge; avec Wodon, le Dieu qui avait dix bras et dix mains; avec la pie qui racontait l'histoire de sa grand' mère ; avec les joyeux marmousets de Zeitelmoos ; avec Éverard le Barbu, qui re-
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mettait en chemin les chasseurs égarés ; avec cet ange et ce démon de Gernsback, qui avaient placé leurs chaires sur les deux rives en face Tune de l'autre ; avec les fées de la Wisper, petites et fourmillantes comme des sauterelles ; avec ce diable Urian, qui laissa bêtement tomber aux portes d-Aix la montagne qu'il apportait deLeyde pour écraser la ville impériale ; avec cette légion d'aventuriers dont parle le poète cité tout à l'heure, « personnages à demi enfoncés dans* l'impossible, et tenant à peine par le talon à la vie réelle, qui vont et viennent dans tous les contes de bonnes femmes, perdus au milieu des bois sur leur lourd cheval, suivis de leur lévrier efflanqué, regardés entre deux branches par des larves, et accostant dans Fombre tantôt quelque noir charbonnier assis près d'un feu, qui n'est autre que Satan entassant dans un chaudron les âmes des trépassés ; tantôt des nymphes à demi nues qui leur offrent des cassettes pUines de pierreries; tantôt de petits hommes vieux qui leur font retrouver leur fiancée sur une montagne, endormie dans un lit de mousse, au fond
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d'un beau pavillon tapissé de coraux et de coquilles ; tantôt quelque puissant nain qui, disent les vieux poèmes, tient parole de géant. »
A Velmick, dans la nuit du 18 janvier, ils entendirent sonner sous terre la cloche que le seigneur de Falkenstein avait jetée dans son puits avec le prieur chapelain.
Du haut de la terrible tour de la Souris {die Maus)^ ils virent les fantômes de Gela, fiancée de Barberousse, et d'Hildegarde, épouse de Charlemagne, herboriser dans les vallons pour les pauvres et les malades; et ils apprirent comment le géant Kuno avait fait manger le chat par la souris y en élevant ses tourelles au-dessus du burg de die Katz (le chat).
Ils n'oublièrent point le village des barbiers, peuplé jadis par les Figaro§ que le diable laissa tomber de son sac en allant raser l'empereur Barberousse ; ni les ravins de Saint-Goar et de Lurley, où d'un coup de pistolet l'écho fait sept coups de canon ; ni Lorch, où la fée Ave imagina l'art de la draperie pour vêtir son amant le frileux Heppius ; ni le Falkenburg, tout plein des
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souvenirs de Contran et deLiba^ ces deux
séparés par la jalouse pucelle du château de la
forêt, qui, après s'être peignée près d'une tombe
ouverte, y fit tomber Finfidèle en le touchant de
sa main glacée ; ni la Mausethurn^ où l'évèque
Hatto fut mangé par les rats pour avoir laissé
mourir de faim le peuple de Mayence; ni le Rœ-
mer de Francfort, où Cliarlemagne passe chaque
nuit la revue des empereurs autour de la table
de cuir; ni le Schwalbennest (nid d'hirondelles),
où Bligger, le féroce burgrave, tomba raide mort
sous l'excommunication du pape; ni le gros
tonneau de Heidelberg qui contient cinq cent
soixante-six mille quatre cents bouteilles de vin;
ni tous les manoirs de ce pays fabuleux, où les
statues dorment le jour immobiles, et s'éveillent
la nuit pour errer dans les décombres.
Quels contrastes observés par nos voyageurs dans cette longue course, depuis les ballades gracieuses du Rhin jusqu'aux effroyables histoires des montagnes où Gœthe a placé le sabbat de ses sorcières; depuis les bois inexplorés de la Bohême jusqu'aux célèbres ombrages de la Forêt-