‹ Contes de La FontaineChapitre 30 sur 93 · LES T HO QUE LJ R S · texte numérisé non relu

LES T HO QUE LJ R S

Chacun sait bien qu’il n’est pas nécessaire Qu’ Amour les traite ainsi que des Prélats.

Avint pourtant que, tous deux étant las De leurs moitiés, leur voisin le Notaire Un jour de fête avec eux chopinoit.

Un des Manants lui dit : Sire Oudinet,

J’ai dans l’esprit une plaisante affaire.

Vous avez fait sans doute en votre temps Plusieurs contrats de diverse nature ;

Ne peut-on point en faire un où les gens Troquent de femme ainsi que de monture ? Notre Pasteur a bien changé de Cure :

La femme est-elle un cas si différent ?

Et pargué non, car Messire Grégoire Disoit toujours, si j’ai bonne mémoire : cc Mes brebis sont ma femme » ; cependant 11 a ch angé ; changeons aussi, compere.

— Ti 'ès volontiers, reprit l’autre Manant ;

Mais tu sais bien que notre ménagère Est la plus belle. Or ça, sire Oudinet,

Sera-ce trop s’il donne son mulet

Pour le retour ? — Mon mulet ? eh î parguenne !

Dit le premier des villageois susdits,

Chacune vaut en ce monde son prix ;

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