‹ Contes de La FontaineChapitre 31 sur 93 · LES TROQUE U1LS · texte numérisé non relu

LES TROQUE U1LS

La mienne ira but à but pour la tienne :

On ne regarde aux femmes de si près :

Point de retour,, vois-tu, compere Etienne.

Mon mulet, c’est... c’est le roi des mulets.

Tu ne devrois me demander mon âne Tant seulement : troc pour troc, touche là.

Sire Oudinet, raisonnant sur cela,

Dit : Il est vrai que Tiennette a sur Jeanne De l’avantage, à ce qu’il semble aux gens;

Mais le meilleur de la bète, à mon sens,

N’est ce qu’on voit : femmes ont maintes choses Que je préféré, et qui sont lettres closes; Femmes aussi trompent assez souvent ;

Jà ne les faut éplucher trop avant.

Or sus, voisins, faisons les choses nettes.

Vous ne voulez chat en poche donner Ni l’un ni l’autre ; allons donc confronter Vos deux moitiés comme Dieu les a faites. L’expédient fut approuvé de tous.

Trop bien voilà Messieurs les deux époux Qui sur ce point triomphent de s’étendre. Tiennette n’a ni suros ni malandre,

Dit le second. — Jeanne, dit le premier,

A le corps net comme un petit denier;

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