‹ Contes de La FontaineChapitre 38 sur 93 · FÉRONDE · texte numérisé non relu

FÉRONDE

OU LE PURGATOIRE

Vers le Levant le Vieil de la Montagne Se rendit craint par un moyen nouveau.

Craint n’étoit-il pour l’immense campagne Qu’il possédât, ni pour aucun monceau D’or ou d’argent, mais parcequ’au cerveau De ses sujets il imprimoit des choses Qui de maint fait courageux étoient causes. 11 choisissoit entre eux les plus hardis,

Et leur faisoit donner du Paradis Un avant-goût à leur sens perceptible,

Du Paradis de son Législateur;

Rien n’en a dit ce Prophète menteur Oui ne devint très croyable et sensible A ces gens-là. Comment s’v prenoit-on ?

On I es faisoit boire tous de façon

Qu’ils s’enivroient, perdoient sens et raison

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