L’ENFANT
Pour faire avec toute assurance La besogne de la maison.
Ainsi prenant les affaires à l’aise,
Dessus le lit un enfant de cinq ans,
Qui regard oit le passe-temps,
11 appaisoit son amoureuse bi 'aise.
Avint un jour (il ne me souvient pas Si e’étoit ou dimanche ou fête),
Que notre Châtelain à son logis s’arrête, Sans doute pour quelque embarras, Ou par un effet de paresse,
Si bien, qu’il vient tard à la messe ;
Et, tout le peuple étant à deux genoux,
11 fallut, pour prendre sa place,
Qu’il passât au milieu de cette populace,
Et qu’il fût vu, par ce moyen, de tous.
La femme du Manant, dedans la même Église, Tenoit par la main son enfant,
Et, sans témoigner de surprise, S’apperçut bien de son galant,
Et cl e rien ne fit pas semblant.
Mais pour l’Enfant, regardant le compere, Crut bonnement que son parrain Feroit ce qu’au logis il le vit souvent faire.