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CHAPITRE VI

Un Orag-e.

Avant que la tempête n'éclate avec furie , il y a toujours quelques minutes dun profond et étrange silence. C'est la puissance qui ramasse ses forces afin de pouvoir, dans la minute suivante, montrer d'une façon terrible aux créatures combien est grande leur impuissance!

Dans les destinées humaines, il y a aussi d'affreux orages qui viennent fondre sur la tèle des mortels : pendant quel-? que temps ils semblent s'assoupir, mais c'est pour ramasser leurs forces afin de pouvoir mieux, un instant après, arracher les fieurs de bonheur et de vertu qui croissent dans le cœur h j main.

Nos deux amoureux profitaient sans défiance de cet heureux moment de calme; leurslèvres altérées buvaient le divin poison de cette coupe d'amour que les circonstances et le

destin leur offraient. Ils buvaient ce nectar délicieux, sans se

douter qu'un jour ils auraient aussi à en boire la lie.

Le lendemain, Nalhalius, tout joyeux et la tète remplie des souvenirs de la veille, se promenait dans sa chambre en attendant Joséphine, qui bien qu'avec résistance avait promis de lui faire une visite dans l'après-midi. Soudain , en entendant un pas léger sur l'escalier, sa figure s'illumina de joie, il jeta promptement papier et plume et se précipita vers la porte; mais quel ne fut pas son désappointement quand sur le seuil de sa demeure, au lieu de l'ange qu'il attendait, il aperçut Marie!

Alors il se passa une de ces scènes qui ont souvent lieu dans le ménage des amants. Reproches, torrents de larmes, évanouissements simulés, etc., etc., moyens employés ordinairement par Marie, furent cette fois vainement tentés, Nathalius était cuirassé de son vérilaljle amour, et celte éternelle demande de voyage en Italie, implorée par Maiie, reçut, ce jour-là, un refus formel.

Nathalius attendait après ce refus une nouvelle tempête, et pensait déjà à en profiter pour se séparer tout à fait d'elle; mais son étonnement fut grand lorsquavec une résignation admirable elle lui dit en poussant un soupir :

— Hélas 1 Je ferai comme lu voudras ! Pour deux motifs que tu peux deviner: ma vie et mon bonheur sont à jamais liés à ton bonheur et à ton existence.

Nathalius, qui ne voulait pas troubler ce moment de calme, répondit quelque chose de vague; mais Marie l'interpréta en sa faveur, croyant avoir encore quelque espérance cl que, comme elle disait, il avait Tintenlion d'agir en homme d'honneur.

•^ Je suis forcée de te quitter en ce moment, dit-elle à la

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grande joie de Nalhalius, je reviendrai demain. Rends-moi ie service de me garder ce petit coffret.'

Au moment de remettre le coffret à Nalhalius, elle seravisa :

— Non, prêle-moi la clef de ton tiroir, dit-elle, je le serrerai moi-même.

Nalhalius, qui ne pensait à rien autre chose qu'à la voir partie et qui redoutait l'arrivée trop prompte de Joséphine, obéit machinalement. Enfin elle sortit.

Un poids fut alors enlevé de sa poitrine. — Au détour de la rue, Marie lui fit un dernier signe de tète.

11 attendit encore une longue heure l'arrivinî de sa bienaimée; enfin, Joséphine entra pâle et troublée chez lui, et au lieu du bonheur qu'elle venait chercher et qui devait la rendre si heureuse, son âme n'était agitée que par de douloureux sentiments.

— Mon Dieu, qu'as-tu, Joséphine?

— Une étoile fatale est au-dessus de la maison de mes pauvres parents, répondit-elle tristement, et ce n'est que pour t'empêcher de douter de ma fidélité que je suis venue te voir, bien que ce soit presque un crime de quitter ainsi sou père et sa mère (juand ils sont si désolés. Toute notre maison est dans l'effroi et la consternation, il a été fait un vol affreux dans la caisse de mou père et il ne peut s'expliquer comment il a été fait , car il porte toujours la clef sur lui. Ce qui est le plus terrible, c'est que c'est la caisse de l'Élat.

Le coffre dans lequel on a volé est en fer et d'une solidité à toute épreuve, et en outre, on n'a pu y découvrir aucune trace d'effraction ; on ne peut donc supposer autre chose, si ce n'est que le vol a dû être commis à l'aide de fausses clefs.

Noire père est au désespoir el fait visiler la maison de fond en comble. Vne cliose bien plus affreuse encore, c'est que mon père ignore de combien on l'a \olé; or, pouf le satoir, il va falloir faire un immense relevé de comptes, travail qui demande beaucoup plus de tranquillité qu'il n'en a maintenant; cette ignorance de la valeur de sa perte redouble son effroi. Songe donc aux conséquences de ce désastre , si l'on apprend dans la Tille que mon père à tin déficit dans sa caisse.

Nathalius essaya de la consoler aussi bien que possible, bien qu'il sentît son sang refluer au cœur.

— Ah! tu ne sais donc pas, conlinua-t-elle désolée, ce que veut dire cet affreux mot : Un déficit à la caisse? Cela veut dire que mon père, dont les cheveux ont blanchi dans son emploi honorable, à à redouter d'être puni comme un infidèle employé et d'être à jamais déshonoré I Ah! nous sommes tous bien malheureux ! Aucun de nous ne pourra survivre à ce malheur !

Et des larmes abondantes inondaient le visage de Joséphine.

Nalhalius voulait lui parler, la consoler, mais les paroles ne pouvaient sortir de sa bouche , et le cœur ulcéré, il se promenait dans la chambre avec agitation. L'effroi el la doukur avaient paralysé toutes ses facultés. Quant à Joséphine, elle était plus calme^ mais non moins douloureusement affectée.

— Je vais être forcée de te quitter, pour longtemps peutêlre , car dans leur affreuse position , je ne puis pas abandonner mes parents un seul instant. Renouvelons, Nathalius, rehouvelons la promesse que nous nous sommes fait, de ne jamais nous abandonner! Prouvons que nous ne nous

aimons pas seulement pour partager les jouissances du bonhetir, mais que noire amour^ au lieu de s'amoindrir, prendra plutôt des forces avec rinfortune I

— Je veux l'aimer toujours, même si tu m'abandonnes, répondit Nathalius; je t'ai si cruellement offensée, que je n'ai plus que le seul droit de t'aimer et de t'étre fidèle; et loi, lu ne me dois rien !

— Non, mon Nalhalius, non | nos septirnenls doivent être réciproques s'ils sont vrais. Je ne te demanderai jamais d'être aimée ainsi, car si je Texigeais, je ne t'aimerais pas! Après Dieu, la femme doit à l'homme et sa vie et sa douleur, et avant la joie : le dévouement et l'abnégation. Croismoi, mon Nathalius, cet homme que je ne puis pas regarder comme élevé au-dessus de toi, cet homme dont tu es jaloux, je ne puis pas Taimer; mais toi, en vérité, je t'aime, «ui je t'aime !

Et elle entoura son cou de ses deux bras, et après avoir regardé longtemps ses yeux tristes et sombres avec ses yeux pleins d'une tendresse infinie, elle posa silencieusement et d'une façon toute charmante sa belle tête sur l'épaule de Nathalius.

Au mênie moment, la porte s'ouvrit, et Marie parut sur le seuil.

Tous les trois pâlirent.

Pendant quelques secondes il y eut un silence glacial ; enfin Nathalius prit la parole :

— Que voulez-vous? dit-il; voulez-vous troubler les plus doux moments de deux personnes qui s'aiment ? C'est ma fiancée!

— Nathalius! crièrent les deux femmes à la fois, mais avec une expression difforeute : Joséphine lui jetait un re-

gard suppliant, tandis que la figure de Marie ressemblait à celle d'un tigre ou d'une hyène.

— Infidèle! traître! s'écria-t-elîe au grand étonuenient de Joséphine. Homme sans honneur, veux-tu donc abandonner une malheureuse femme que tu as séduite? veux-tu donc m'abandonner pour épouser ma sœur?

— Ta sœur? s'écria Nalhalius.

— Séduite! ma sœur! exclama Joséphine.

Un effroi terrible se peignit sur tous les visages.

— Oui, ma sœur! dit Marie; et son intention était de te séduire aussi! — Mais, infâme, cela ne te réussira pas!

Et elle s'élança comme une furie entre eux et les sépara avec violence.

Nathalius, à qui précisément l'emportement de Marie avait rendu tout sou sang-froid, prit tranquillement Marie par le bras et lui dit avec fermeté :

— Marie, soyez plus calme et moins cruelle; c'est vous qui êtes la première coupable, moi aussi j'ai mal agi; il n'y a qu'une seule âme innocente ici, c'est celle de Joséphine.

Josépiiiiie, accablée d'émotions, s'était laissée tomber sur une chaise; mais ce malheur inattendu, ce fardeau inaccoutumé pour son cœur, lui donna de nouvelles forces.

Elle se leva et dit:

— Pour l'amour de Dieu et pour ma propre tranquillilé, soyez plus calmes; je me retire; j'avais comme un pressentiment de tout ce qui vient d'arriver, c'esl pourquoi je ne voulais pas venir ici. Je n'ai pas de reproches à vous faire; mais maintenant je n'ai plus qu'à tâcher de supporter mes souffrances avec le plus de résignation qu'il me sera possible. Si les relations que vous avez eues avec ma sœur, Na-

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Ihalius, sont plus inlimes que celles que vous avez eues avec moi, Thouneur el le devoir exigent que vous gardiez voire parole envers elle, avant de la remplir envers moi.

— Cher ange! dit Marie, el elle serra la main de sa sœur en sanglotant.

— Je tiendrai ce que j'ai promis!,., dit Nalhalius, et il tremblait à la fois de honte devant Joséphine et de colère eu voyant Marie. Il pâlissait à vue d'œil ; mais enfin, se faisant violence, il dit à Marie :

— Je ne t'ai jamais promis de t'épouser; an contraire, je t'ai toujours dit franchement que j'aimais et voulais en épouser une autre. Cette autre, c'était la sœur Joséphine ! Or, tu le savais, toi! mais moi je l'ignorais! Oui, oui! c'est Joséphine que j'aime et que j'épouserai, si elle et Dieu me pardonnent.

Marie-Clotilde, — car c'est ainsi qu'on l'appelait chez elle, — voulait interrompre Nathalius, mais un regard sévère et menaçant de celui-ci la réduisit au silence.

— Tu es venue chez moi sous uu nom qui m'était inconnu, et tu t'es, pour ainsi dire, emparée de ma personne. Tu parles de séductions! Mais tu sais bien qui de nous deux a séduit l'autre. Maintenant, Marie, il y a une chose affreuse et qui doit être éclaircie immédiatement. Tu as trompé, (u as volé, tu as menti! Où as-tu pris toutes ces choses que tu me forçais d'accepter, sous prétexte que tu étais plus riche qu'une princesse? Où as-tu pris tous ces dons infâmes? Ah! je frémis d'y penser! Mon esprit se refuse à le croire! Tuas volé, Marie, tu as volé ton père ! Toi, oui, toi! Je le sais aujourd'hui, c'est toi qui a commis ce vol affreux qui désole ta famille, et moi, pauvre sot, ignorant stupide, que suis-je? Moi qui ai horreur de la malhonnêteté eldu vol, moi à qui tu as

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dit mille et mille fois que tu m'aimais, je ue suis rien autre chose qu'un homme imprévoyant dont lu as fait ton eoniphce! Femme! je te demande compte de mon honneur! Femme ! pourquoi as-tu agi ainsi ?

A ces mots, Marie -Ciotilde, comme frappée de la foudre, tomba évanouie par terre.

Quelle cruelle épreuve pour la pauvre Joséphine I Comme femme, comme sœur et comme amante elle était à la fois également touchée par le malheur.

Mais généreuse jusque dans l'infortune :

— Ayez pitié d'elle, supplia-t-elle; pardonnez-lui son crime ; ce qu'elle a fait, elle l'a fait par amour pour vous. Nathalius, soyez généreux, consolez-la; on doit toujours faire tout le bien qui est en son pouvoir. Venez. Nathalius, aidezmoi à rendre la malheureuse à la vie.

— Laissez-la encore en repos quelques instants, dit froidement Nathalius, et voyous d'abord ce coffret qu'elle a plaçai dans ce tiroir il y a une heure; je suppose que ce sont des valeurs ou de l'argent. S'il en est ainsi, la perte est bien moins grande pour votre père , car il faut lui rendre cela tout de suite.

Joséphine ne l'entendait pas; elle était déjà auprès de sa sœur évanouie, posant avec sollicitude sa lèle sur ses genoux, la caressant et lui prodiguant les noms les plus affectueux.

— Réveille-toi, Ciotilde, lui disait-elle, ma pauvre sœur, mais tu étais donc insensée? Tu n'es pas mauvaise cependant; non, tu es bonne; mais c'est ton amour qui nous a ainsi plongés dans le malheur 1 Ahl je ue savais pas que toi aussi tu aimais Nathalius!

— De l'or! des pièces d'or neuves et de plusieurs espères l

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s'écria Nalhalius, qui, pendant ce Icmps-là, avail ouvept le tiroir et le coffret. — Il y a bien là plus de cinq iniUe pièces ! Une immense fortune, si ce n'était pas le produit d'un vol! — Mais ne craignez rien, Joséphine, ne craignez rien, cet argent appartient à votre père, à la caisse qui lui a été confiée; prenez-le, Joséphine, prenez-le, et rendez-le-lui.

— Moi! que je le lui rende! Mais que demandes-tu^ Nathalius ? Veux-tu que j'accuse ma sœur et mon bien-aimé à la fois ?

— Oh! je voudrais bien l'empêcher, si cela était possible ; mais il y a aussi une chose plus sacrée et qui parle à haute voix, c'est l'honneur de ton père, c'est le salut de toute ta famille!

• — Pauvre père! malheureux parents!

Eu ce moment Marie fit un mouvement et sembla reprendre ses sens; Joséphine reporta alors tous ses soins et toute son attention sur sa sœur qui souffrait.

— Elle vient de faire un mouvement, Nathalius, aide-moi donc. ïu l'as donc aimée bien peu! Oh! je ne veux pas te blesser, je te pardonne tout; mais écoute-moi, exauce mou unique prière : aie pitié d'elle, sois doux envers la pauvre malheureuse. Vois-tu, daus ces derniers temps, elle était comme une folle, elle ne savait ce qu'elle faisait; aie pitié d'elle!... Silence! elle se réveille!

Nathalius remit promptement le coffret plein d'or dans le tiroir et le ferma à clef, mais cela n'échappa pas à l'attention de Marie.

Elle passa un moment sa main sur ses yeux pour se convaincre qu'elle ne rêvait pas, se leva avec l'aide de Joséphine, la regarda ainsi que Nalhalius, et enfin dit d'une voix ferme quoique faible encore :

— Rendez-moi mon coffict !

Une réponse négative élait déjà siu- les lèvres de Nathalius, mais un regard suppliant de Joséphine l'irrita et il réj)ondit seulement :

— Vous le savez. Marie, je ne puis pas vous le rendre, mais j'espère que votre sœur voudra bien le remettre à votre père.

— Je ne le puis pas, dit Joséphine.

— Tu n'oses pas le lui rendre, s'écria Marie-Clolilde brusquement, dont les forces étaient un peu revenues.

— C'est à Nalhalius à le faire, en envoyant un messager sûr et discret.

— Que dis-tu? s'écria Marie, tu veux lui donner le coffret, tu veux que mon père me chasse et me maudisse ! Ah ! rends-moi ce coffret, il le connaît, il sait que c'est le mien ! Rends-le-moi! rends-le-moi à l'instant même, et vous no me reverrez jamais.

— Clotilde, ma chère sœur, sois raisonnable...

— La seule raison que je connaisse est qu'il m'épouse. Je vous hais, je vous hais vous tous, père, mère, frère, sœur; je li^is le monde entier et je le brave, si j'arrive seulement au but de mes vœux. Quant au coffre rempli d'or, j'en rendrai compte une autre fois. Et toi, Nathalius, si tu veux m'épouser, garvie-le, car c'est ma dot ! Sinon, rendsmoi ce coffret et sois maudit !

Nathalius croyait quil y avait réellement un peu de folie dans ses paroles, il éprouvait pour elle une pitié profonde, et déjà ses crimes lui paraissaient moins grands.

— Tu entres dans une mauvaise voie, Marie, dit Nathalius, d'une voix moins sévère, nous n'avons aucun droit de garder ceci, qui appartient à ton père. Je le renverrai.

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— Ahl c'est beau de voire part, monsieur Nathalius, s'écria Marie, d'une voix farouche^ c'est beau de nie faire ainsi un sermon! Tout ce que vous pouvez me dire est déjà depuis longtemps pesé et calculé. Aveugle que tu es ! Au lieu de me plaindre, réponds -moi plutôl. Dis : veux-lu m'épouser?

— Non!

— Alors, rends-moi de suite ce coffret.

— Je t'ai déjà dit que je le rendrai à ton pèrel

— Encore une fois, Nathalius, ne cours pas ainsi avec Joséphine au-devant du malheur. Veux-tu me le donner? Oui ou non?

— Et toi, auras-tu bientôt cessé de me menacer pour un crime que tu as commis?

— Que j'ai commis? Mais prouve donc que j'ai commis un crime? — Tandis que moi, au contraire, je puis prouver que lu es coupable d'un amour criminel. Vous vous êtes donné rendez-vous sur les promenades publiques, ici, dans plusieurs autres endroits et même jusque dans la maison de noire père. Mais c'est toi qui as volé mon père et non moi, c'est toi qui as dépensé cette somme énorme qui a été soustraite I Attends, attends, beau Nathalius, mon père viendra dans celle maison, chez loi! Ah! monsieur le professeur, le compte que tu auras à rendre sera terrible! Car c'est loi qui as volé mon père; lu lui as volé à la fois ses filles, sa caisse et son honneur!

Joséphine, nmetle de terreur et comme pétrifiée, n'eût jamais cru qu'on eut pu tourner une chose d'une telle façon.

Nathalius fut bien vite remis de son trouble, et il dit d'une voix basse, mais ferme.

— Va, indigne femme, la folie ne saurait même l'excuser.

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Tu es indigne! lu es infâme! Quoi que lu fasses, tout cè que lu feras te rclombcras sur la tète! — Va, continua- t-ii, dun ton do mépris; va, le dis-jo, emporte avec loi ma malédiction et mon niépris; va, et que le ciel m'entende! Puissé-je ne jamais te revoir!

Alarie-Clotilde se tordit les mains en silence, une écume blanchâtre se montra sur ses lèvres, elle voulut parler, mais sa langue se refusa à lui prêter son office; enfin, elle se leva en jetant un éclat de rire effrayant, et se précipita hors de la chambre.

Joséphine, qui pressentait un malheur qu'elle \oulait prévenir, s'élança rapidement après sa sœur.

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