L.e Coffret
Un moment après que Joséphine eut quitté Nathalius, celui-ci se trouva comme sous l'impression d'un horrible cauchemar. Le sang, qui lui était monté à la tête, circulait de nouveau dans ses veines et lui causait une espèce d'cngourdisscmcnt qui, pendant quelques minutes, ne lui permettait pas de se rendre compte au juste si tout ce q\i'\ venait de se passer était une trisle vérité ou une création fantasliqiifî de son imagination. Mais uu sourire ai^ie^' v^pl errer
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sur sa bnuclic, SCS yeu-s pi irent une expression tonte portieulière, et il soupira profondément. C'étaient des signes non équivoques qu'il sentait trop bien que c'était une afiVeuse vérité.
0 mon Dieu, du sommet du bonheur, au fond de l'abîme des déceptions, combien est courte la distance!
Natiialius, pour la première fois, regardait avec terreur tous les objets de luxe de sa chambre, brillants joujoux qui l'avaient aveuglé! Puis, jetant les yeux sur un miroir, il regardait sa face pâlie en serrant les poings et en prenant tout à fait l'air d'un homme qui se trouve face à face avec un misérable :
— Tout cela est volé! Ce sont des fruits dorés qui ont été récoltés dans la terre des passions oti ils ont été fécondés par le sang du cœur d'un vieillard, et dont la fille de cet homme, un monstre, rii'a nourri et m'a soutenu! — Et pourquoi? — Pour me rendre malheureux! Moi qui étais si heureux et si riche, alors que je ne possédais rien! Et maintenant que j'ai la richesse entre mes mains, je ne suis qu'un mendiant et qu'un homme méprisable! Oui! luxe et richesse aujourd'hui! Maife que demain le véritable maître de toutes ces choses tienne les réclamer, je ne suis plus qu'un mendiant et de plus, un voleur! Ah! c'est plus qu'un homme ne peut en supporter! Oh! que je serais heureux si je jjouvais prendre tout ce qui est ici et le rendre à celui qui en a été dépouillé. Je s.upporterais volontiers le mépris du monde, si je n'étais qu'un prodigue qui a fait faillite; mais s'entendre appeler fripon et trompeur, c'en est trop! Et Joséphine! de ce jour, je suis un objet de son mépris; peut-être me donnet-elle un peu de pilié, mais son amour, hélas! est perdu sans retour! —Elle m'a quitté sans me dire un mol,.. Oh !
je voudrais pouvoir la haïr! Mais pourquoi, pourquoi suis-je ainsi sans forces? N*ai-je donc pas une volonté de fer? Oui! oui, je veux te haïr, Joséphine; dès ce moment, j'abjure l'amour I N'cs-lu donc pas une sœur de ce monstre qu'on nomme Marie? Votre sang n'est-il donc pas le même? Ahl je ne veux pas maintenant séparer votre criminel amour! Je ne puis plus être honnête, il est trop tard! Et, puisque je suis condamné à être voleur, jaime mieux l'être pour une grande somme que pour une petite!
Soudain le sang lui monte à la tète , les veines de son fiont se gonflent, ses yeux brillent comme ceux d'un loup affamé qui se jette sur sa proie, et sa main, en tremblant, cherche la clef du trésor volé. Avec la violence d'un tigre, il ou^re le tiroir et s'empare du coffret! Le voilà dans ses mains! 11 rit convulsivement! — 11 a à peine la force de le porter, car c'est lourd ! lourd d'or 1 lourd de crime ! Enfin il ramasse ses foi'ces, et n'ayant pas le courage de lever les yeux au ciel, il regarde avec triomphe sa proie ! Un jurement horrible qu'il profère lui donne un semblant de hardiesse; il brave le monde entier, comme dans cette nuit de bal n^asqué où il confondit Joséphine; il se moque de la pitié, et appelle la vertu une folie î Comme il craint de perdre son courage, il enveloppe son trésor afin de le cacher à tous les yeux; mais il éloutfe; il lui faut de l'air, il faut qu'il soi le, il faut qu'il s'enfuie loin, très-loin; alors, comme un malade dans une nuit de fièvre , il se précipite hors de sa chambre, avec le trésor volé sous le bras, et se sauve comme si les furies de l'enfer l'avaient chassé en le fouettant!
Dans cet élat Nalhalius sortit de la ville; il regarda, il écouta : personne à celle heure ne passait sur la roule; seulement il lui seujblait que iMarie, devenue folle, les cheveux
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en désordre et agités par le vent, riait et se moquait de lui en le poursuivant de ses malédictions et de ses injures; et puis, à côté de cette lioriih'e vision, il croyait voir Joséphine pleurant et sanglotant à chaque pas, s'agenouiller et le supplier d'avoir pitié. Alors il grinça des dents, une sueur froide coula de son front, ses yeux furent injeclés et l'écuuîe vint cerner ses lèvies.
Maître à peine de lui-mèine, il s'arrêta un instant sur le pont-levis qui traverse le fossé du rempart et se rabat sur le Raveline. Soudain, il se troubla et frémit en entendant les sons d'une voix humaine. H regarda celui qui parlait et ne le vit pas, et Técouta sans le comprendre. Eufîn, au bout d'un moment, ses oreilles et ses yeux reprirent un peu de calme, et il aperçut un vieillaid en cheveux blancs dont les traits étaient sillonnés par la douleur.
C'était un esclave des travaux forcés !
De l'une de ses jambes tombait une chaîne dont les anneaux rendaient un son étrange; à son bras droit, qu'il tendait suppliant vers Nathalius, était rivé un anneau de fer.
— Miséricorde! balbutiait-il, miséricorde au nom de Dieu ! miséricorde pour un homme qui a vu de meilleurs jours !
Les paroles de cet homme étiuenl pour Nalhalius comme si un llcuve de glace pénétrait dans ses membies brûlants.
Une de ces victimes de la misère, déjà llétries par la condamnation, suppliait une autre victime de lui donner n'iiséricorde et aumône !
Quelle différence cependant se trouvait entre ces deux créatures !
L'une avait les jambis et les mains enchaînées, il portait la livrée d'esclave, et son crime était avéré et reconnu aux yeu!^ de tous; l'autre , debout devant ce malheureux, était
velu richement et libre, libre parce que quelques étoffes el quelques linges que l'on pouvait facilemcnl pénétrer cachaient un trésor dangereux, fiuit de son crime !
Nallialius, — si on peut encoie l'appeler ainsi, car il n'était plus lui-même, — chercha à se remettre et fouilla vainement dans ses poches dans lesquelles il ne trouva pas le plus petit skilling. Comme il se trouvait pauvre! Tantôt pâle, tantôt rougissant de honte, il souffrait horriblement, car ses maiiis étaient pleines d'or, et il ne pouvait pas seulement faire l'aumône à un pauvre vieillard.
Irrité de ne pouvoir l'aider, bien qu'il reût voulu, il dit brusquement :
— Je ne puis pas taider, je n'ai rien, je ne veux pas ! Et il s'enfuit, croyant échapper à celte idée poignante;
mais le crime porte toujours son châtiment avec soi. Tous les objets tournaient de\ant ses yeuï; aussi, de peur de perdre son trésor en passant sur le pont-levis jeté sur le fossé, saisit-il d'une main fébrile la rampe de fer et portat-il ses regards d'un autre côté pour mieux respiier la brise rafraîchissante. Alors que vit-il ?
Le soldat qui garde les esclaves , jeune homme qui avait la douleur et la pi'.ié peintes sur son visage, bravant une puiiition sévère, avait mis sa main derrière son dos et donnait ainsi en cachette une pièce d'argent à l'esclave. Le pauvre vieillard jeta à son bienfaiteur un regard reconnaissant, puis i! se précipita avec son aumône vers une pauvre femme courbée de douleur et de misère , sans doute sa femme, laquelle était assise avec plusieurs petits enfants sur le rebord du glacis.
— Ah! la pauvre femme! ah! les pauvres gens ! dit un voisin tout près de Nalhalius, — tl a été conseiller intime et
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Irésoricr de l'État; on a volé dans sa caisse, et maintenant lui et toute sa famille sont déshonorés, pauvres et esclaves 1 Ces paroles retentirent à ses oreilles comme les trompettes du jugement dernier. Il lui semblait entendre encore, au milieu des plaintes, la voix suppliante de l'esclave qui lui disait :
— Miséricorde! Au nom de Dieu ! nous avons vu de meilleurs jours.
Et lui, répétait en lui-même :
— Je ne peux pas! je ne veux pasl
Les cheveux se hérissaient sur sa tête; il voyait Joséphine s'approcher toute radieuse. L'esclave prenait dans son imagination la figure du conseiller dÉtat, et Marie, montrant Içs cheveux blancs de son père, couvert de honte et de déshonneur, éclatait en rires triomphants comme un démon affreux î
— Retournons, balbutiait Nalhalius... retournons; ne pleure pas, Joséphine, je ne veux pas déshonorer ton père, je ne veux pas aggraver la faute de Marie.
En disant ces mots, il se remit en route pour reporter chez lui cet or, qui maintenant brûlait sa conscience; il était saisi d'une mortelle angoisse, et chaque fois qu'il rencontrait quelqu'un :
— S'il voyait , pensait-il, s'il voyait que je suis un voleur; s'il voyait qu'avec cet or que je porte je puis jeter une famille dans le malheur!
Et si ceux qui l'avaient rencontré poursuivaient tranquillement leur chemin, il se disait à lui-même:
— Bon! tant mieux! Ces créatuics sont aveugles! Et il mordait ses lèvres pour empêcher qu'une parole imprudente ne sortit de sa bouche. Cette seule idée que le paquet qu'il
portait était volé, suffisait pour imprimer pour toujours dans sa conscience une marque infamante. Mille fois sa conscience lui reprochait ce crime, et sa volonté n'était pas suffisante pour rempécher de se dire sans cesse :
— Tu es un voleur! cet or que tu portes est volé ! Couvert de sueur, il regagna enfin son domicile. Sur Tescalier, il rencontra Bertrand, qui sortait pour aller passer gaiement la soirée quelque part.
vS'étonnant de trouver son ami si exalté, Bertrand lui dit:
— Allons, viens avec moi, je vais te distraire, pauvre oiseau amoureux !
Nathalius, qui n'osait pas lui ouvrir son cœur, lui dit :
— Oui, attends un moment, va toujours en avant, je te rejoins de suite. ,
Et, satisfait de cette léponse, Bertrand descendit en fredonnant la chanson :
« La foret, au bord de la mer,
» Est un endroit rempli de charmes!
Cet air et ces paroles rappelèrent à Nathalius les moments de celte première et dernière soirée qu'il passa avec Joséphine sur les pelouses de Klamprnborg, cl l'amour domina son ùinc d'une façon plus impérieuse encore.
Il se précipita dans sa chambre , jeta à ses pieds le coffret criminel, et, versant des larmes amères, il tomba à genoux accablé de honte et de remords.
— 0 mon Dieu! me pardonneras-tu jamais cette mauvaise pensée! Et loi, Joséphine, toi qui es sainte et pure connue un ange , pourras-tu encore aimer un homme qui a failli si profondément! Une circonstance vient de m'empè-
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cher de faire une action honteuse; mais c'était une fièvre I c'était un plan insensé! Que voulais-je? — Ah! j'étais dans les ténèbres, une mauvnise puissance m'entraînait, et si mon sang bouillant n'eut été refroidi, si cet orage de ma pensée ne se fût calmé, ah! je lésais! j'aurais été rejoindre le malheureux esclave !
Mais, conlinua-t-il , d'où me vient cette mauvaise pensée? Quel était donc l'état de mes sentiments, lorsque j'ai donné naissance à une idée qui a toujours été pour moi un objet d'horreur?
Nathalius, en disant ces paroles, était étendu sur le coffret fatal, son coude appuyé sur une chaise. Pendant quc!ques minutes il se mit à réfléchir , un léger murmure sortait de ses lèvres, ses yeux étaient fixés sur une des Heurs de la tapisserie et il étendait machinalement une de ses mains tremblantes, comme s'il voulait empêcher d'approcher un objet qu'il semblait redouter.
Tout à coup il se leva , un soupir profond s'exhala de sa poitrine , il voulut parler, mais aucun son ne sortit de sa bouche; alors il se renversa par terre, et après quelques minutes, cachant sa tète entre ses mains , il s'écria :
— Fou! fou ! démence, affreuse maladie! embrasement des saints ateliers de la pensée! Est-ce bien possible, ôDieu créateur , que celle erreur no détruise pas mon avenir? Oh! aie pitié de moi, mon Dieu, conserve-moi la raison! On parle de maladies contagieuses, et Marie est folle, dit-on. Oh! je tremble! Si réellement elle est folle et si elle m'a communiqué cet affreux mal avec la salive de ses lèvres; si, jour par jour, elle a versé le poison dans mes veines, si son haleine m'a empoisonné, si non-seulement *lle m'a com-
mimique sa folie, mais encore ses vices! — Oh! mon Dieu, sauve-moi s'il eu est temps encore!
Et il priait ainsi avec ferveur. Quelques îastants après, il se leva plus calme et le cœur plein d'espoir, et sortit pour goûler un peu la friiîcheur de cette belle soirée.
Bertrand, qui s'était impatienté un peu en ne le voyant pas arriver, se hâta de le conduire à un petit théâtre particulier, exploité par des étudiants, et où l'on jouait une comédie très-aimée du public. Nalhalius eut préféré se promener, mais Bertrand avait promis au secrétaire de le conduire, et par condescendance, il se laissa mener où il voulut.
Nathalius flt certainement de son mieux pour se distraire au spectacle; mais pendant toute la soirée, sou esprit était ailleurs. H voyait bien les personnages, il les entendait bien parler, mais il lui était impossible de comprendre un seul mot de ce qu'ils disaient , tant il s'était enfermé dans ses pensées. Joséphine, Marie, le sévère et tout à la fois malheureux conseiller d'État. Le vol dans la caisse, les suites de cette affaire, tout, enfin, venait à la fois dans son esprit se mêler dans un chaos affreux, et ses craintes pour le lendemain augmentaient de minute eu minute. Il pensait surtout au compte qu'il aurait à régler avec le conseiller d'Elat, au sujet de son argent et de ses enfants. Il songeait qu'il serait fout à fait aguerri contre les reproches amers , mais qu'il serait tout à fait sans courage devant les plaintes d'un homme malheureux , et qui appelle la conscience le plus cruel juge.
Le lendemain était pour lui plus cruel que la mort. — Ah! demain! demain! disait-il en tordant ses mains dans le plus profond désespoir.
Tout à coup dans la pièce que l'on jouait , un acteur dit
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celle phrase : « Demain doit venir le conseiller d'Etat ! » Ce mot dit plaisamment et répété plusieurs fois au grand contentement des spectateurs , éclata comme un coup de tonnerre dans Toreille de Nathalius, le sang lui monta à la lète, ses idées devinrent confuses, il crut que tout le monde savait son histoire et se moquait de lui. S'imaginant qu'on raillait cruellement son malheur, il se leva de son siège , jeta un regard sauvage autour de lui, et ses lèvres, dans leurs plis, semblèrent indiquer le profond mépris pour les spectateurs. Une fois encore, on répéta la fâcheuse phrase : « Demain doit venir le conseiller d'État! » qui fut accueillie par d'immenses acclamations qui chassèrent Nalhalius , comme un taureau plein de rage et de colère, poursuivi par le toréador. Enfin il se précipita dehors.
Assez tard dans la soirée, Bertrand revint du spectacle, il était très gai, aussi voulut-il demander à Nathalius pourquoi il s'était absenté pendant la représentation. Il frappa à sa porte :
— Dors-tu? cria-t-il ; — iNathalius! mauvais plaisant, dors-tu ?
— Qui est là, dit Nalhalius, d'une voix étouffée.
— Ah! drôle ! je te connais! répondit Bertrand, et rempli d'une gaieté folle , il mit sa bouche à la porte et cria en changeant sa voix.
— Demain doit venir le conseiller d'Etat!
Un éclat de rire affreux, qui ressemblait plus aux hurlements d'un chien qu'à une voix d'homme, fut toute la réponse de Nalhalius. Bertrand, étonné, se mit à écouter quelques instants à la porte et entendit briser, et jeter les chaises, les tables et mille autres objets, puis après, un long râlement suivi d'un cri plaintif et de la chute d'un corps
lourd sur la Ici re. Un profond silence succéda à ce luniulte étrange , sculeniciit de temps en temps on entendait des soupirs entrecoupés comjiie ceux d'un mourant.
Bertrand semblait être cloué à sa place. L'angoisse faisait dresser ses cheveux sur sa tête , il se doutait qu'il y avait quelque chose d'extraordinaire. Il frappa donc encore une fois et cria : — Ouvre la porte, NaîhalinS; c'est moi, c'est ton ami Bertrand. — Mais ce fut en vain , le silence de la chambre n'était troublé que par les soupirs de l'infortuné
Alors, voulant à loule force pénétrer dans cette chambre, Bertrand appela quelques voisins, enfonça la porte et entra chez Nathalius, une lumière à la main et Pâme remplie de terreur.
Un spectacle affreux se présenta à sa vue : Nathalius était couché, à demi nu, sur le sol , au milieu d'une foule de meubles brisés; une écume blanchâtre sortait de ses lèvres, sa main brûlante touchait fébrilement un coffre de maroquin vert, complètement vide, et ses regards égarés étaient fixés sur cet objet.
A toutes les demandes amicales de Bertrand, le pauvre Nathalius ne donnait pour réponse que ces paroles inexplicables : — L'esclave!... le conseiller d'État!... enfer!... Déshonoré!... Joséphine!.,, Marie... la voleuse... qui pendant mon absence a pris tout l'or qui était dans ce coffret.,. Folie... contagion... et mille autres mots incohérents de ce genre. — Avec une grande peine , on porta le malheureux Nathalius sur son lit, et en ami fidèle, Bertrand veilla à son chevet toute la nuit.
Une fièvre brûlante et un espèce de délire s'étaient em-
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pnrés de Nathalius, qui ne cossa toute la nuit de répéter mille fois les paroles étranges citées plus haut.
Hélas ! il était évident pour Bertrand que son pauvre ami avait perdu la raison!