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CHAPITRE VIII

I^a IViiif du crime.

Eloignons-nous un peu de Nathalius pour jeler un regard dans la maison du conseiller d'Élat. atin de voir ce qui s'y passe et de donner aux leiteurs des explications et des éclaircissements sur plusieurs faits qui ont été jusqu'à présent un peu obscurs.

Dans la chambre à coucher occupée en même temps par Marie-Clolilde et Joséphine, tout était silencieux et tranquille; l'horloge de l'église du Saint-Esprit venait de sonner l'heure, et les gardiens de nuit annonçaient de leurs voix monotones qu'il était une heure après minuit.

Dans la grande maison du conseiller d'État, on n'entendait pas le moindre bruit; mais le murmure égal des respirations indiquaient que ses habitants ne reposaient pas dans les bras de la mort mais bien dans les bras du sommeil.

Pourtant détail une personne qui ne dormait pas encore , bien qu'elle se fut couchée depuis plusieurs heures , c'était

Marie. En entendant sonnor une heure, elle se leva avec la plus grande précaution , se revêtit d'un léger costume de nuit et s'éloigna sur la pointe du pied en laissant derrière elle la porte entr'ouverte. Elle traversa le corridor, gagna la cuisine, prit avec attention un petit réchaud et alluma une bougie; après avoir bien examiné de tous côtés si on ne la surveillait pas , elle alluma un moiceau de charbon , le plaça dans le réchaud et souffla de toutes ses forces.

Le charbon commença à brûler vivement ; alors Marie prit le réchaud, et montant sur la marche du foyer, elle l'éleva de façon à le placer dans le tuyau qui se trouve audessus de la cheminée, lequel conduit communiquait directement avec la chambre à coucher de ses parents; puis, à l'aide d'un soufflet, ayant activé vivement le feu, elle boucha Torifice du conduit qui contenait le réchaud, avec beaucoup de linges mouillés.

Un sourire diabolique erra ensuite sur la figure de Marie. Avec autant de prudence et de légèreté qu'elle en avait mis k venir, elle descendit du foyer et se disposa à retourner sur SCS pas, lorsque de violents coups de sonnette retentirent à la porte qui donnait sur l'escalier. Comme un lièvre surpris au gîte, Marie, pâlissant, s'enfuit en plaçant ses mains tremblantes autour de la lumière pour l'empêcher de s'éteindre. Elle hésita un instant, comme si elle craignait d'avoir mal enlendu, mais un coup de sonnette plus long et plus prolongé fit cesser ses doutes. Elle reprit ses sens, ôta un petit foulard qui entourait son cou et le conserva à la main, et de l'autre tenant sa lumière, elle s'approcha légèrement de la porte, en frissonnant de tous ses membres.

— Qui sonne à cette heure? dcmanda-t-ellc d'une voix basse, mais distincte.

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Personne ne répondit.

— Répondez-moi, qui est là? deraanda-t-clle d'une voix plus forte, mais plus tremblaute.

Même silence !

— Pour la dernière fois, je t'adjure de me répondre, dit-elle avec le courage que donne le désespoir; — es-tu un esprit errant ou un être humain ?

Mais un silence de mort régnait toujours, et Marie n'entendait que le bruit de ses pas et de sa voix; ses yeux involontairement se jetèrent sur la sonnette, et eu la voyant encore en mouvement elle se convainquit qu'on avait bien réellement sonné et que ce n'était point un rêve de son imagination.

— Je veux savoir qui est là, dit-elle d'une voix pleine de colère; — et avec un courage inouï elle tourna la clef dans la serrure et ouvrit rapidement la porte; mais elle ne vit personne et entendit comme un long gémissement; elle rentra promptement, et se dit à elle-même à voix basse ;

— Ah ! c'est toi, Mort ! Pourquoi viens-tu si brusquement et avec tant de bruit? Je t'ai bien invoquée, mais à la condition d'être silencieuse; te voilà maintenant, sois la bienvenue. Mais pour l'empêcher d'être si bruyante, voici ce que je vais faire. Alors, elle monta sur une chaise, et avec son foulard enveloppa le battant de la sonnette. Et maintenant, ô Mort ! ajouta-t-elle, te voilà forcée de marcher tranquillement et sans bruit dans la chambre de mes parents, en l'y introduisant par le tuyau de la cheminée.

Après avoir dit ces paroles, Marie descendit légèrement de sa chaise et regagna sa chambre à coucher eu longeant silencieusement le corridor. Là, elle respira librement et regarda autour d'elle avec une mine triomphante. Un coup

d'œil sur le lit do sa sœur la tranquillisa; Joséphine élait couchée cl semblait dormir profondément.

— Tu semblés èlie déjà la proie assurée de la mort, lu es pâle comme une fiancée mouranle, et bientôt tu seras réellement morte. Allons, courage! il le faut !

Alors, avec la plus grande prudence, elle prit dans ua tiroir un papier et un morceau de linge enduit de poix et un peu plus large que la main, et s'approcha du lit de Joséphine.

Klle s'était avancée vers sa sœur d'un pas ferme et assuré; mais, soudain, elle se rejeta en arrière en jetant un cri. d'effroi. — Joséphine, qu'elle croyait endormie, était debout dans son lit, et ses yeux calmes jetaient des regards inexplicables sur sa sœur criminelle qui s'avançait !

La surprise paralysa un moment les facultés de Marie, mais une miimle après elle ramassa ses forces pour se jeter sur sa malheureuse sœur sans défense, et accomplir son criminel projet, lorsque Joséphine prit la parole avec un calme imposant :

— Ma pauvre sœur, quel est donc ton dessein?

— Je veux l'étrangler, afiVeux serpent, car tu es toujours un obstacle à mes désirs.

— Tu es malade, Marie, sans cela tu ne parlerais pas ainsi. J'ai tout fait pour le rendre le bonheur, mais tu las toujours foulé aux pieds.

— Va, si j'ai été folle un moment, c'est bien ta faute; et voilà que lu viens jouer maintenant la générosité!... — Si j'ai quelques torts, loi et le bon Dieu n»e pardonneront. — Je t'ai toujours aimée avec la tendresse d'une sœur, avec l'affection d'une amie, mais jamais tu n'as voulu me croire.

— Pouvais-je le hajr ou le vouloir du mal, ô ma pauvre

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sœur; le sort t'a si cruellement inaltrailée! Mais, crois-moi, bien que je connaisse tes fautes et tes erreurs, bien que je sache toutes tes intentions criminelles, qui ne proviennent que de la maladie et non d'un mauvais cœur, crois-moi^ je t'aime encore et encore plus qu'auparavant. Oh! souvienstoi; nous avons reposé sur le même sein, nous avons partagé la joie et le bonheur, et maintenant, to voilà malheureuse et dans une mauvaise route... Puis-je te haïr? Non, non vraiment, viens à moi, sœur chérie, c'est sur mon cœur qu'est ta place!

Marie regardait sa sœur dans les yeux, et ses regards pénétraient jusqu'au fond de sou âme. La douce voix de Joséphine, ses bras étendus, ses joues pleines de larmes, témoignaient de la vérité de ses paroles. Le cercle de glace qui si longtemps avait entouré le cœur de Marie, se fondit, et l'humanité fit valoir tous ses droits. Les bons sentiments, dégagés de cette étreinte, revinrent habiter son cœur; pleine de honte, de regret et de désespoir, elle se précipita au pied du lit et cacha son visage dans les mains de sa sœur, qui l'attirait doucement dans ses bras pour lui montrer qu'elle lui pardonnait.

— Et qu'à partir de ce moment, Marie, la bnité et la vertu soient le but de ta vie; me le promets-tu, chère sœur?...

— Oui! oui! dit-elle vivement; mais tout à coup, saisie d'un 'véritable effroi, elle se retira vivenjcnt des bras de Joséphine.

— Qu'ai-je promis? dit-elle; il est trop tard, j'ai...

— Calme-loi, chère Marie,

— Laisse- moi, laisse-moi, Joséphine, c'est peut-être trop tard !

— Notre père et noire mère reposent en paix.

— Dans lélernelle paix, sans doute, car le charbon a dû les. asphyxier, et c'est moi qui ai commis ce crime!

— Tu en avais, du moins, l'intention dans ton égarement^ maiSj Dieu merci, ils sont sauvés!

— Sauvés! comment?

Et un rayon de joie illumina sa figure.

— J'ai pris un soufilet et j'ai attiré à moi toute la vapeur du charbon, pendant que tu es allée voir qui sonnait à la porte.

— Dieu soit loué! tes actions sont aussi nobles que les miennes sont affreuses; 6 ma sœur, je te remercie!

Et elle embrassait sa sœur avec tendresse et elTusion, pour la première fois depuis bien longtemps.

— Oh! quelle humiliation! ajoula-t-elle; mais ce sera le moindre des châtiments que je mérite; dis-moi comment lu es devenue le sauveur de ceux à qui je voulais faire tant de mal; ce récit m'apprendra comment il faut faire pour faire le bien.

Joséphine entoura de son bras la taille de sa sœur, prit ses mains dans les siennes et raconta ce qui suit :

— J'avais déjà remarqué depuis longtemps, dit-elle, que les actions étaient égarées, pauNre sœur! Nous tous, ici, TaNons remarqué. Ton entretien avec Nathalius me montra jusqu'à ré\idence que tu étais nialade, et que dans l'absence de Nathalius tu voulais t'empaier de l'argent que tu avais déposé chez lui, et cela malgré lui. J'ai deviné ton intention, et profitant du crépuscule, je t'ai suivie pendant une longue distance, jusqu'à la demeure de Nathalius. Là, j'eus une lutte avec moi-même : si je t'empêchais de monter, c'était te déclarer ouvertement voleuse, et je craignais la honte et le scandale; aussi ai-je cru mieux faire eu épiant

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tes démarches, et c'est sur ta figure triomphante que j'ai deviné que tu t'étais rendue maîtresse de l'argent. Tu l'avais caché dans ton tiroir, et tu ne le doutais pas que je le savais et qu'une demi-heure après, je m'en étais emparée et j'avais versé (ont cet or dans le lit de notre père, oii, comme tu ne l'ignores pas, il l'a trouvé en se couchant. L'interrogatoire qu'il a fait a éloigné les soupçons sur l'une ou sur l'autre. C'est la première fois de ma vie que j'ai fait un mensonge, et c'est pour te sauver. Car notre père disait que ses enfants étaient les seules personnes qui avaient été pendant l'après-midi dans la chambre à coucher. — Ah! Marie, tu peux cioire que ce fut une gjande doulcui' pour moi, moi qui ai entendu mon père , dont les yea\ étaient remplis de larmes, dire en regardant cet or : — Ainsi, un do mes enfants m'a volé! Est-ce le remords, sont-ce les circonstances qui m'ont rendu cet or? — Pour la première fois il s'enferma dans sa chambre sans vouloir nous y laisser entrer. Les larmes me suffoquaient et je n'osais pas pleurer; je voulais te faire croire que je dormais, et cependant veiller, car j'étais sûre que dans ton égarement lu serais capable de faire quelque chose d'affreux. La fatigue m'accablait, — tu sais tout ce que j'ai souffert ces jours passés, et puis le malheur donne aussi une certaine lassitude; mais je n'osais pas dormir, ni faire un seul mouvement, dans la crainte qu'il ne te prit la fantaisie de mettre le feu à la maison. Deux heures affreuses s'écoulèienf dans celte attention pénible. A chaque instant le sommeil tombait sur ma tète de toute sa puissance, et pour m'empêcher d'y succomber, j'étais sans cesse obligée de me faire une douleur quelconque. Vois, ma sœur, ce que j'ai fait pour ne pas touiber de lassitude

El elle montra son côté tout en sang.

Avec une aiguille je me piquais , et à chaque piqûre je me disais : C'est pour mon père! c'est pour ma mère! c'est pour Marie ! c'est pour Nathalius !

Marie sanglotait, et sa lête se courbait sous cette immense humiliation. Joséphine poursuivit :

— Tu peux deviner le reste maintenant; je t'ai suivie pendant que tu faisais tes préparatifs dans la cuisine; c'est moi qui ai tiré le cordon de la sonnette pour l'effrayer, et pendant que tu as été à la porte, j'ai enlevé le réchaud et les chiffons qui se trouvaient dans le tuyau. Promets-moi maintenant, chère sœur, d'abandonner la vengeance et d'être, comme auparavant, ma bonne et tendre sœur.

Marie, oppressée par le remords, lui promit tout ce qu'elle voulut et lui dit :

— Je ne mérite pas ton pardon , car je suis plus mauvaise que tu ne penses ; tu as sauvé toute notre maison d'un désastre causé par moi, lu es un angel Et maintenant, chère sœur, je t'en prie, sauve-moi, sauve-moi pour moimême ; je veux dès ce moment faire tout ce que tu voudras et abjurer toutes les choses affreuses que mon esprit concevait; tiens, pour le donner une preuve de ma franchise, je veux le confesser tous mes crimes.

D'abord, continua-t-elle, vous vous trompez grandement, si vous croyez que je suis attaquée d'une espèce de folie : ma raison et mon esprit n'ont point changé; mon cœur seulement, je ne sais pourquoi, est devenu méchant, et c'est à l'aide d'une folie simulée que je cachais mes mauvais desseins. Mon intention était de me faire épouser par Rosbcrg pour avoir le fidéi-comniis; la honte que j'épiouvai en voyant qu'il me repoussait et que c'était loi qu'il aimai!, lit

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naître en moi l'idée de me venger à la fois de lui et de loi. J'ai épié les rendez-vous quo tu avais avec Nuthalius, et à tout prix je voulais m'interposer entre vous deux d'une façon hostile. Je voulais éveiller sa jalousie^ je voulais éteindre son amour pour toi, enfin, je voulais thuniilicr, comme Rosberg m'avait humiliée; mais, hélas! j'ai été la première victime 'de mes efforts funestes , et bien que je sache qu'il l'aime, je conserve toujours au fond de mon cœur l'espérance qu'un jour il voudra bien m'épouser et l'abandonner. J'avais formé le plan de faire un voyage en Italie avec lui, pour gagner sa confiance , el pour pouvoir faire ce voyage, il m'a fallu commettre un crime; oui, pendant que toi et notre père étiez à celte promenade des étudiants, à la forêt, que notre mère était allée chez sa tante, je remplis mon coffre avec de l'or, et maintenant tu sais le reste. — Celte nuit, je voulais mettre le feu à la maison, mais maintenant je regrette tous ces crimes affreux , et serai trèsmalheureuse si tu ne me pardonnes pas.

A mesure qu'elle faisait ces aveux, sa figure changeait, ses larmes se séchaient, on eût dit que ses remords s'amoindrissaient. Elle prononça même la fin de celte confession d'une façon tout à fait indifférente, comme si tout cela était des choses insignifiantes et sans importance. Après avoir écouté le récit de sa sœur, Joséphine avait complètement modifié sa manière de voir. La tendresse qu'elle avait montrée à sa sœur égarée était complètement disparue ; elle voyait dans tout cela un plan qui n'aurait [)u jamais avoir été conçu par un malade d'esprit. La seule excuse que Marie pouvait avoir venait de s'anéantir, et elle plongeait ses regards au fond de cet abîme de méchanceté, sans fond el sans voile ! Elle frémissait de lerrein- à la pensée que Marie avec toute

sa raison, et à l'aide de son plan, froidemonl calculé^ avait voulu non-seulement voler, mais encore assassiner ses parents et sa sœur, après les avoir rendus si malheureux. Marie remarqua ce changement, et dit :

— Maintenant, chère sœur, pour le donner une preuve que ma volonlé sincère est de devenir meilleure, et afin de garder le silence, demande-moi ce que tu voudras, dis-moi ce qu'il faut que je fasse pour devenir bonne, car c'est ma véritable et mon inébranlable intention.

— Avant tout, répondit Joséphine, avec un peu de méfiance, avant tout, lu me promels devant Dieu que tu ne voleras jamais plus rien à nos parents?

— Non, rien ! je te le jure !

Et elle posa ses doigts sur le petit crucifix d'or que Joséphine portait constamment suspendu sur son sein.

— Tu renonceras à Nathalius et à. son amour; car ce n'est pas pour te dérober à lui, mais il ne veut pas et peutêtre...

— Il est trop bon pour moi^ interrompit Marie; c'est bien dur, mais c'est juste! je mérite ce châtiment. Eh bien , je suis prête, je le jure!

— Et enfin, pour troisième condition, lu épouseras Rosberg.

Marie se leva et s'écria : Jamais! jamais!

— C'est pourtant nécessaire , chère Marie , c'est la dernière pierre de l'édifice de paix et de bonheur de noire famille.

— Je ne veux pas, dil Marie; c'est un péché de nie demander cela.

— Tant pis, répondit Jo.-éphine, pendant que quelques larmes tombaient sur son sein; Rosberg a un noble caraclèrc.

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et toi tu ne saurais choisir un meilleur époux ; il est digne de rendre heureuse celle qui est devenue meilleure, Rosberg m'est cher comme un frère. — Hélas! pour le bonheur de mes parents, je suis obligée de lui sacrifier toi et Nathalius. Nous oublierons tous ta faute de jeunesse; aussi, Marie, je te le demande, sois bonne avec lui, il le mérite.

Marie hésita encore quelques minutes, puis dit enfin :

— Tu as raison , je veux épouser Rosberg , mais à cette condition : à toi Nathalius; mais en revanche tu me promets la discrétion et le silence de la tombe? ïu écris bien , fais donc pour moi un projet de lettre à Nathalius , pour que d'un mot je brise notre liaison et qu'il me rende tout ce qui lui sera possible, afin que cela revienne à notre père.

— Mais écris toi-même, répondit Joséphine.

— S'il reconnaît mon écriture, il ne lira pas la lettre, ou ne voudra pas écouter cette demande, qui est très-importante pour notre père; je la signerai, et demain je donnerai ma main à Rosberg.

En disant ces mots elle apporta à Joséphine du papier, une plume et de l'encre, et dicta la lettre suivante :

« Cher Nathalius,

» Il nous faut biiser une liaison qui vient de jeter nos pauvres parents dans le malheur. Je regrette tout ce que j'ai fait, et. Dieu merci, l'or que j'avais soustrait est rentré dans la caisse de mon père. Que ne puis-je en dire autant de tout cet argent que je lui ai si légèrement dérobé pour te rendre la vie heureuse et pour captiver ton cœur! mais maintenant que lu sais tout, j'espère que tu me rendras le bien pour le mal et que tout ce que je t'ai docné, tu voudras bien que je

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le reprenne, pour que la valeur de toutes ces choses rentre

dans la caisse de mon père. — Oublie-moi , je t'oublierai !

» Ta désolée et repentante » Marie. »

Joséphine n'eut pas le moindre pressentiment de l'arme dangereuse qu'elle donnait à sa cruelle sœur.

Les premiers rayons du jour vinrent éclairer la tête des deux jeunes filles , qui de fatigue et de douleur d'âme succombèrent sous le poids du sommeil.

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